CaDerange

Réactions à l'actualité politique et sociétale de manière dérangeante.Une forme de pensèe alternative.Des suggestions au grand public , au monde politique et médiatique....

17 mai 2008

Péages ferroviaires: Une curieuse conception de la gestion dune société commerciale....

Vous savez que je m'intéresse particulièrement à la manière dont nos hommes politiques essayent depuis des années d'équilibrer les comptes du système ferroviaire français sans y être parvenu et surtout en ayant dans les faits choisis de favoriser la paix sociale à la SNCF et le maintien de tarifs de transport très bas au détriment du contribuable qui paye sans qu'on ose le lui dire. Pour preuve le traitement médiatique triomphant donné aux résultats de la SNCF et l'ignorance accordée par ces mêmes médias à ceux,désastreux, de RFF !!

Les meilleures choses ayant une fin et les caisses de l'Etat étant toujours désespérement vides, la question de faire participer un peu plus la SNCF aux paiements des dettes considérables qu'elle avait accumulée avant 1997 commence à faire surface. Premier signe géré de manière tout à fait catastrophique par le gouvernement, la question de la carte Famille Nombreuse dont le cout sera finalement prelevé sur les dividendes versé par la SNCF qui en diminueront d'autant.Deuxième signe, les rumeurs dans les couloirs gouvernementaux de la question de l'augmentation des péages payés par la SNCF à RFF pour pouvoir circuler sur le réseau ferré.Péages de l'ordre de 2.6 milliards d'euros par an qui sont simplement compensé par une facture en retour du même montant de la SNCF à RFF pour....faire fonctionner le réseau! Comme j'ai eu l'occasion de vous le dire, c'est un peu comme si vous facturiez à votre propriétaire un montant équivalent à votre loyer pour occuper son logement en bon père de famille !!!

Il est évident que si la SNCF payait à RFF le vrai cout de l'entretien et du développement du réseau ferré,elle devrait payer des péages infiniment plus élévés qui aurait un impact sur ses propres résultats qui repasseraient brutalement dans le rouge.

Dans un message du 22 avril 2008, je vous signalais les suggestions de la Cour des Comptes qui a mis son nez dans ce dossier et qui suggérait, pas moins, que l'Etat, donc vous contribuables, remboursiez à RFF 13 milliards d'euros et que le SNCF transfère à RFF le personnel qui assure à la SNCF ce que l'on appelle affreusement les "horairistes", ceux qui assure l'exploitation journalière des passages de train sur du réseau.

Ces jours ci, c'est au tour du rapporteur du budget des transports à l'Assemblée Nationale, le député UMP Hervé Mariton, de s'exprimer sur la manière de réviser les péages entre RFF et la SNCF. Et ses idées me paraissent monter une curieuse conception de l'exploitation des sociétés commerciales et confirmer le biais constant de nos hommes politiques en faveur de la paix sociale et au détriment de l'équilibre des budgets et de la dette de l'Etat.Trente ans d'habitude, sans doute, des déficits budgétaires...

Monsieur Mariton dans un rapport intitulé " Péages ferrovaires: pour la vérité des couts"  plaide pour  que les péages ferroviaires ,dont il admet qu'ils doivent augmenter pour financer la remise à neuf du réseau, ne subissent qu'une hausse modérée et que, par contre, la SNCF augmente les dividendes qu'elle verse à l'Etat. Il trouve, dit il, " une logique économique solide" à un telle solution " dans la mesure où elle confie à la SNCF la responsabilité de maximiser son bénéfice d'exploitation, en n'alourdissant pas ses charges d'exploitation". Il est question, en effet, dans les cercles ministériels d'augmenter les péages de ....60 millions par an tous les ans de 2010 à 2014 et déja la SNCF prétend que cela se traduira par la hausse des prix des bllets de 5 à 10 pct et une chute du trafic( 1pct de hausse du prix du billet se traduirait par 0.7 pct de fréquentation en moins). La SNCF milite donc pour une hausse limitée  à 40 millions d'euros en 2010 puis qui diminuerait ensuite année par année pour devenir nulle en 2014. Par contre, elle adopterait une politique de distibution de dividendes plus active...

Au total parait il, cette hausse permettrait de générer pour RFF 1. 8 milliards d'euros de disponibilités supplémentaires pour investir dans le renouvellement du réseau. Je ne vois pas comment en augmentant les péages de 60 millions par an pendant 4 ans on arriverait à générer 1.8 milliards( 60+120+180+240=600).. Quand à la contre proposition de la SNCF cela doit faire une augmentation de péages sur 4 ans de seulement, 40+30+20+10=100 millions . Pas de quoi faire faillite par rapport à un total de péages payés par SNCF à RFF de 2.6 milliards d'euros.

Ce qui me choque, c'est que ce marchandage montre bien que personne au sein de nos pouvoirs publics  n'a de notion de ce que devrait être un "vrai péage" ni de ce qu'ils devraient être par rapport à la valeur de ces infrastructures, même à un taux de retour sur investissement minimal de 3 pct par exemple. Enfin il semble montrer que, pour nos politiques, nous sommes toujours en économie administrée, comme au plus beau temps de l'Union Soviétique, et pas en économie de marché. Il serait pourtant facile de connaitre la vrai valeur d'un péage; mettre en adjudication une ligne de TGV comme on aurait pu le faire pour la nouvelle ligne Paris Strasbourg; ou encore comparer par rapport à ceux payés en Allemagne, Italie ou ailleurs en Europe.

Quant à l'augmentation de 5 à 10 pct des tarifs que provoquerait la hausse de 60 millions sur 2.6 milliards (2.3 pct seulement) ainsi que l'impact d'une hausse sur le trafic( ce qu'on appelle l'élasticité de la demande) je suis étonné que Monsieur le rapporteur puisse gober de telle assertions sans sourciller.

Enfin Monsieur Mariton semble considérer comme acquis que la SNCF pourra augmenter année après année ses dividendes coimme s'il les bénéfices d'une société étaient automatiques  et comme si la SNCF n'eprouverait aucune difficulté à maitriser les charges d'exploitaion( salariales en particulier) dans  des conditions de hausse des bénéfices d'exploitation. Cette année dejà, les syndicats avaient demandé à bénéficier sous forme d'augmentation à l'équivalent des 130 millions de dividendes distribués à l'Etat. Alors s'ils montaient à 300 ou 400 millions. De qui se moque Monsieur Mariton? Et quelle ignorance de sa part des fonctionnements économique et financiers!

Enfin, tout le monde semble considérer que hausse des péages se traduit par hausses des tarifs. Que fait on de la hausse de la productivité de la SNCF et que sait on de cette productivité par rapport à ses concurrents. On sait seulement que la Deutsche Bahn est deux fois plus rentable que la SNCF. Voila un gisement d'économies qui permettrait de payer un "vrai péage " à RFF et de soulager la charge du réseau ferroviaire pour le contribuable.

En résumé les jeux sont déja fait et ce rapport le confirme. On va augmenter très légèrement les péages pour "dire de", la SNCF va continuer à faire les mêmes bénéfices qui seront confisqués par le personnel et vous, contribuable, continuez à  payer pour les 27.5 milliards de dettes qui s'accroitront régulièrement des emprunts à faire pour construire les 2000 kilomètres de TGV supplementaires promis au titre du Grenelle de l'environnement...

NB Monsieur Mariton propose que pour le Fret qui, comme on le sait est en situation très difficile, on n'applique la hausse des péages qu'à postériori ! Autrement dit, l'Etat fixerait le péage pour équilibrer les comptes du fret! Q'en penseraient les autorités de la concurrence en France et à Bruxelles??? 

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15 mai 2008

Seniors:Et on leur trouve des jobs comment?

On va supprimer l'exemption de recherche d'emploi que l'on accordait aux séniors à partir de 57 ans et demi. Sur le principe je n'ai aucun problème acec cette décision et ne voit d'ailleurs pas bien pourquoi il faut attendre jusqu'en 2013 pour arriver à la supprimer complètement.A t on peur de notre ombre à ce point pour diluer dans le temps la mise en oeuvre d'une décision aussi simple? Craignons nous des manifs importantes dans nos rues des séniors de 57 ans et demi à 60?

Ceci dit, le problème n'est pas de supprimer cette exemption, c'est de leur trouver des jobs! A moins que l'ambition ne soit de créer de nouveaux postes à l'ANPE ou aux Assedics pour assurer le suivi des recherches d'emploi des 400 000 séniors que cela concerne.Si c'était le cas, espérons qu'ils seront réservés à des séniors...

Peut être nos médias et nos hommes politiques devraient il s'intéresser au seul critère de suivi de la lutte contre le chomage qui importe et qui est le nombre de création d'emplois. Un chiffre  qui ne doit pas être trop difficile à établir puisqu'il est publié tous les mois aux Etats Unis. Curieusement, ce n'est pas un élément qui fait partie du débat public en France. Un trou dans le dispositif Insee peut être?

Controler que les séniors continuent à chercher des jobs c'est bien, leur en trouver c'est mieux! Mon expérience personnelle de l'ANPE et de l'APEC , c'est que ces organismes sont là pour remplir le formulaire qui prouve(?) que vous ètes actifs dans la recherche d'emploi mais pas de vous trouver un job. La seule aide que l'on vous apporte c'est l'accès libre à la presse et à Internet dans la salle à coté. Mais pas, comme en Angleterre, le conseiller qui vous suit qui prend son téléphone et organise pour vous un rendez vous. Et je ne pense pas que la fusion ANPE/Assedic améliore cette recherche. Au mieux elle diminuera les couts des implantations de ces organismes et en réduira peut être le personnel (si l'on ose bien sur).

Alors la suppression de l'exemption de recherche d'emploi pour les séniors? Un coup d'épée dans l'eau qui ne changera rien et qui ne mériterait pas plus qu'un mention très brèves aux infos au lieu des heures de commentaires inutiles que l'on nous inflige....

Posté par CaDerange à 07:43 - Etat - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Pas brillant l'efficacité de nos aides à l'exportation !

Nous nous plaignons très souvent de l'insuffisance de nos performances à l'exportation et en particulier du manque de présence de notre tissu de PME dans ce domaine clé du développement économique, là où nos amis allemands semblent au contraire bénéficier d'une présence active et efficace des leurs. Or, en cette période où notre balance commerciale a tendance à se dégrader, il est important de leur fournir tous les outils susceptibles de les aider si nous voulons renverser la tendance.

Il existe pourtant des organismes et des dispositifs multiples pour venir en aide à ces PME potentiellement exportatrices et dont on constate souvent qu'elles ne sont pas passées à l'acte alors qu'elles en ont les moyens. A tout seigneur tout honneur, l'Etat oeuvre pour aider nos entreprises à exporter par l'intermédiaire de son bras armé Ubifrance,traditionnellement organisateur d'expositions pour promouvoir l'industrie française aux quatre coins du monde et qui s'est renforcé de l'ancien Centre Français du Commerce Extérieur, CFCE, puis plus récemment de la supervision des missions économiques  à l'étranger implantées dans nos ambassades. Autres intervenants, les Chambres de Commerce et d'Industrie implantées partout en France. Enfin, les Régions nouvellement crées ont parfois cru indispensables de monter leurs propres structures ad hoc, dans leur région mais aussi dans divers pays du monde ce qui permet à leurs Présidents de joindre l'utile à l'agréable en promouvant les industries de leur région tout en faisant un peu de tourisme.

Les aides et dispositifs proposés sont de différentes natures.Des outils financiers comme l'assurance crédit ou l'assurance prospection de la Coface. Des participations( payantes) à des expositions ou à des stands présentant les produits français, de la documentation  par pays, par secteur d'activité et par domaine d'intéret enfin des études à la demande effectuées par les missions économiques dans le pays concerné.J'oubliais un dispositif  que j'ai eu l'occasion de brocarder dans ce blog pour cause de publicité à mon sens inadaptée à la fonction, celui des Volontaires Internationaux en Entreprise, les VIE, des jeunes diplomés frais émoulus de leur école ou université et dont Ubifrance pense qu'il sont bien adapté à aller "chercher le client", pour le compte des PME, tous seuls aux antipodes(!).

Autre dispositif d'aide aux exportateurs, celui offert par les Conseillers au Commerce Extérieur, des bénévoles exercant ou ayant exercé en entreprise et qui souhaitent faire profiter de leur savoir et de leur carnet d'addresses les PME exportatrices. Ces Conseillers au Commerce Extérieur sont regroupés au sein d'un Conseil des Conseillers au Commerce Extérieur dont le Président est l'ancien ministre Bruno Dutreuil. Ils sont au nombre de 2000 environ dont 1200 implantés à l'étranger et 800 sur le territoire national.De par leur connaissance du terrain et des besoins des entreprises qu'ils conseillent, ils sont  particulièrement bien placés pour juger de l'efficacité de ces différents dispositifs.Canalblog048

Or il se trouvent qu'ils viennent d'effectuer une enquète auprès des sociétés qu'ils aident à exporter pour savoir si elles ont utilisés, et dans ce cas ce qu'elle en pensent, les outils mis à leur disposition par ces différents organismes. Les résultats en sont détaillés ci contre et sont plutôt préoccupants.

En ce qui concerne les outils financiers fournis par la Coface, ils sont peu utilisés(35pct pour l'assurance crédit et 30pct pour l'assurance prospection) et sur le nombre d'utilisateurs,80 et 60 pct seulement  respectivement ont été satisfait de la prestation proposée.

Pour les services d'Ubifrance ( documentation, participation à des foires ou expositions et VIE) seulement 58 pct des entreprises y ont eu recours et 40 pct d'entre eux n'en ont pas été satisfait. Finalement le service le plus prisé est celui offert par les Missions Econonomiques à l'Etranger, pourtant souvent décriés, avec 86 pct d'utilisateurs et 75 pct de satisfaits du dispositif.Quant aux dispositifs des collectivités locales, seulement 10pct des entreprises y ont recours.

Les souhaits des entreprises pour améliorer ces services sont d'abord de mettre en place une coordination entre ces organismes, une sorte de "guichet unique" de l'aide à l'export. Ensuite, le plus important, et de loin, est la connaissance des réseaux locaux pour trouver clients eventuels distributeurs ou fournisseurs potentiels.Un vrai lobbying qui au lieu de répondre seulement à la demande de leurs bureaux, aille sur le terrrain pour prospecter, détecter les zones ou les secteurs à potentiel ou chercher des fournisseurs. Bref fasse un boulot de vrai commercial que ne semblent pas faire les fonctionnaires des missions économiques ou les VIE inexpérimentés.65 pct des entreprises expriment leur peu de satisfaction dans ce domaine

Unifrance en est conscient d'ailleurs car il a mis en place, dans certains pays ou certaines zones, des contrats de services avec des consultants locaux pour faire en quelque sorte...ce qui devrait être leur métier premier tel qu'il est ressenti par les entreprises.

Autre domaine ou les services d'Ubifrance pèchent, celui de l'aide à la recherche de personnels locaux à embaucher qui est l'un des premiers problèmes que rencontre une entreprise qui veut s'implanter et qui demande la connaisance des métiers pour lesquels les entreprises veulent embaucher mais également celle du marché de l'emploi local et des pratiques locales de Ressources Humaines.Il semble donc que c'est plus une question de compétences de base en commercial et ressources humaines des fonctionnaires des Missions économiques quie de leur bonne volonté qui est reconnue.

Le dispositif français d'aide à l'exportation est d'ailleurs en cours de réforme par ses nouveaux directeurs,Alain Cousin et Christophe Lecourtier,pour passer "d'une attitude passive à une politique d'offre". Anne Marie Idrac, ex SNCF, ex RATP, qui est la nouvelle secrétaire au Commerce Extérieur, veut faire changer Ubifrance dans ce sens. Souhaitons lui bonne chance dans cet effort de modernisation et signalons cette enquète à son attention.

Mais quel dommage qu'on n'ait pas saisi l'occasion du changement de direction à la tête d'Ubifrance pour y mettre en place des vrais spécialistes du Commerce. Comment peut on avoir la moindre idée de ce qu'est réellement un client , ses attentes et ses comportements en ayant passé sa vie dans des cabinets ministèriels ou à l'Assemblée Nationale?

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29 avril 2008

LME:la grande distribution plutôt que les producteurs.

Un mot d'abord sur le titre de cette loi qui doit venir en discussion devant l'Assemblée Nationale ces jours ci et qui règlemente les rapports entre producteurs et distributeurs: LME, loi de moderrnisation de l'Economie ce qui sous entend que notre économie n'est pas moderne d'abord et surtout que le gouvernement a le pouvoir de la rendre moderne! Canalblog046Comme si la croissance se décrétait et comme si nous n'assistions pas tous les jours au déni justement de la puissance politique sur l'économique! Un peu de modestie, messieurs, ce que vous allez mettre en place n'est qu'un énième déplacement de curseur dans les rapports difficiles entre les producteurs et la Grande Distribution.

Suivant les époques, les descentes dans la rue des producteurs(petits de préférence) ou l'intéret des gouvernements pour maitriser la hausse des prix, on a favorisé historiquement la Grande Distribution, puis le producteur( toujours petit) contre la Grande Distribution devenue prédateur, et aujourd'hui à nouveau la Grande Distribution qui devrait pouvoir intégrer désormais les marges arrières dans le calcul de ses prix. Entre temps nos politiques ont crée la limitation des possiblités de création de nouvelles grandes surfaces et son corollaire la disparition des centres villes et l'enlaidissement des entrées de villes, et entériné les fameuses marges arrières qui ne sont qu'un moyen abusif de "tirer les prix" accordés aux producteurs.

Une erreur dans le débat médiatique qui reprend l'affirmation de Monsieur Leclerc selon laquelle la Grande Distribution ne pourrait pas discuter des prix avec ses fournisseurs et qu'elle exige donc de pouvoir le faire. Ce ne sont pas les prix qu'elle ne peut pas discuter mais les tarifs officiels(une obligation légale, me semble t il?).  Elle discute par contre parfaitement le montant des remises sur ces prix tarifs ou encore les prix nets si la discussion commerciale se passe sur des prix nets. C'est donc un abus de langage d'affirmer que la Grande Distribution ne peut arriver à négocier les prix que lui font les producteurs et tous ceux qui ont eu affaire à ses acheteurs ne dementiront pas.

La loi LME est donc prévu permettre à la Grande Distribution de rediscuter aprement les tarifs de base avec les producteurs ce qui effectivement devrait permettre d'abaisser les prix d'achat et donc de vente. Par contre, l'intégration des marges arrières se traduira, via une bataille de prix plus active, par une diminution des marges et par contrecoup par une diminution des frais et des effectifs. Heureusement le départ des baby boomers va permettre d'absorber ces diminutions d'effectifs tout en poursuivant la diminution du taux de chomage.

Les producteurs par contre espéraient qu'ils pourraient obtenir une contrepartie en ce que la nouvelle loi reconnaisse que la Grande Distribution devait ,elle, pouvoir justifier les prestations qu'elle fournissait face aux primes diverses, de gondole, de coopération commerciale, de fin d'année, d'objecifs  etc qui en général ne recouvrent pas de vrai contrepartie. Pas de chance pour eux, il semble que l'on s'oriente plutot vers une loi unilateralement favorable à tout ce qui peut faire baisser les prix et donc donner du pouvoir d'achat.

Le gouvernement a choisi le camp de la Grande Distribution, celui qui peut faire baisser les prix, au détriment de celui des producteurs, petits ou grands. Le camp d'Edouard Leclerc plutôt que celui du producteur de fraises ou de tomates.Seul inconvénient, nous risquons d'avoir un été très chaud avec cette fois les producteurs dans les rues pour se plaindre, comme tous les ans des conditions léoninnes de la Grande Distribution.

Tout ceci va t il se traduire,in fine, par de la baisse des prix et surtout de la croissance? De la baisse des prix sans doute un peu et à condition que pétrole et matières premières ne continuent pas de flamber. De la croissance par contre c'est plus douteux car la plus grande activité de la Grande Distribution sera compensée par le serrage des couts pour accroitre la productivité qu'y s'en suivra chez les producteurs, petits et grands. Enfin il n'y a rien de fondamentalement changé dans la compétitivité de notre industrie dont la plus lourde charge est constituée par le cout de l'Etat et des charges sociales.Et comme augmenter le pouvoir d'achat se traduit par plus d'importations...

Et là, force est de constater qu'il n'y a toujours pas eu, un an après l'élection de notre nouveau Président, de début de commencement de restriction des dépenses du monstrueux Molloch qu'est devenu notre Etat

Posté par CaDerange à 07:38 - Etat - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2008

Fond de Reserve des Retraites: la tentation de la cannibalisation.

Le FRR, Fond de Réserve des Retraites, vous connaissez. C'est le fond de pension public crée en 1999 par Lionel Jospin dans l'espoir de combler le déficit du système de répartition des retraites du secteur privé à partir des années 2020 et jusqu'en 2040

L'idée en soi était généreuse, il s'agissait de mettre tous les ans de coté et de le placer pour atteindre une réserve de 150 milliards d'euros en 2020. De quoi effectivement pouvoir lisser la demande de financement des retraites que les études avaient montrées comme devant devenir critique à partir de cette date. Créer un fond ce n'est pas difficile, l'alimenter tous les ans est une autre paire de manches surtout dans un pays qui a l'habitude de dépenser 20pct de plus que ses recettes tous les ans depuis 25 ans!Canalblog038

Il était prévu être alimenté par diverses taxes dont une de 2 pct sur les revenus de placement et par certains revenus de privatisation. Force est de constater qu'au fil des ans les recettes ont souvent été partiellement cannibalisées pour boucher d'autres trous du budget de l'Etat comme le montre le graphique ci contre.Il est quand même arrivé entre les entrées et les résultats de la gestion sur le marché financier de ces sommes à atteindre au plus haut de sa forme les 35 milliards d'euros.

Pas de chance pour lui, la bourse s'est retournée et le montant du fonds ne représente plus aujourd'hui que 31.4 milliards. Il n'y a pourtant rien d'étonnant ni d'inquiétant à cela puisque le fond est prevu de devoir decaisser des sommes que dans 12 ans au plus tôt et que les placements financiers sont ceux qui, sur le long terme, rapportent toujours le plus. Il est donc naturel d'attendre que l'orage se tasse et de poursuivre sur la même stratégie.

Là par contre où ça se gate c'est qu'une telle somme, dans la periode de vaches maigres que nous connaissons, suscite des convoitises. C'etait déjà le cas de Dominique de Villepin qui a essayé de récupérer au profit de l'Etat la taxe de 2pct sur les placements. C'est aussi le cas de Nicolas Sarkozy qui verrait bien le fonds lui même en totalité venir boucher le trou actuel de la Caisse d'Assurance Vieillesse. Sans doute un accès du NIH complex( Not invented Here, Pas Inventé par Moi) chez nos dirigeants! La baisse de la rentabilité du FRR cette année sert donc de pretexte à des attaques contre lui dans ce sens.

Or le rendement de ces placements cette année est tombée à 4.8 pct alors que son objectif est de rapporter 6.3pct en moyenne par an.Heureusement pour lui sa performance depuis sa création, il y a 5 ans, reste à 8.8 pct. Ouf, mais soyez vigilants c'est l'argent de vos retraites et de celles de vos enfants!!

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22 avril 2008

Ferroviaire: La cour des Comptes vous demande payer 13 milliards( de plus )!!

Si vous suivez régulièrement ce blog, vous savez que j'essaye modestement de rétablir la "vérité des chiffres" du ferroviaire français entre la SNCF qui exprime régulièrement son autosatisfaction de gagner un peu d'argent, RFF qui fait dans l'extrème modestie pour déclarer ses pertes régulières et son endettement abyssal et vous même contribuable qui financez sans le savoir ce gachis monumental.Canalblog036

Un  bref rappel ci contre de manière visuellement frappante de ce qui s'est passé en 95/96 au moment où la SNCF frisait le dépot de bilan. Les pouvoirs publics décidèreent à cette époque de reprendre à leur charge, c'est à dire à celle du contribuable,la totalité des dettes de la SNCF qui devint à partir de là le pur exploitant d'un réseau qui ne lui coutait plus rien. Ils créerent pour cela la SAAD, Service Annexe de l'Amortissement de la Dette, une ligne du budget de la république que  vous remboursez tous les ans et RFF, Réseaux Ferrés de France, qui herita de l'autre partie de la dette, et des missions de la gestion du réseau, de son entretien et de son developpement(!). Un peu comme si on demandait à un scaphandrier de courir le 100m.Il n'hérita pas par contre du personnel qui effectuait des travaux précédemment à la SNCF.

Autre spécificité: les redevances percues pour services rendus entre le deux partenaires sont curieusement quasi identiques. La SNCF paye 2856 milliards par an de péages à RFF mais RFF paye 2826 milliards par an à la SNCF pour la gestion des circulations et l'entretien du réseau.Elles sont fixées par l'Etat.Canalblog037

Résultat des courses. RFF perd tous les ans de l'argent et continue à s'endetter alors que l'Etat lui paye tous les ans deux subventions pour le remboursement de la dette et pour l'entretien du réseau.Son endettement est désormais de l'ordre de 42 milliards, - une seule année de déficit budgétaire me direz vous-, mais surtout, elle n'a pas les moyens de développer le reseau au moment même où nos gouvernants ont pris la décision, suite au Grenelle de l'Environnement, de construire 200km de ligne de TGV supplémentaires.La SNCF va bien, merci pour elle, elle a réussi à refiler le mistigri de la charge de ses retraites au secteur privé moyennant une modeste contribution, à fait cette année des bénéfices, modestes également mais dont les syndicats réclament l'équivalent en salaires.

Tout ceci est completement absurde vient de dire la Cour des Comptes. Il faut assumer les responsabilités que l'Etat n'avait pas assumées en 97 et rembourser à RFF 13 milliards de ses dettes! En rappellant que l'Allemagne en 94 avait pris en charge 35 milliards de dettes de la Deutsche Bahn.

Il faut aussi dit elle clarifier les responsabilités entre la SNCF et RFF et donner à RFF les moyens de ses missions en lui transfèrant le personnel SNCF qui effectue finalement ses missions. Elle  a fait le compte ce sont 55 000 cheminots qui devraient ainsi devenir employés de RFF(Avec le même statut, je les rassure) ou au sein d'une filiale indépendante.Voila qui plaira à Bruxelles qui n'arrete pas de militer pour la séparation patrimoniale des réseaux des activités d'exploitations mais qui va heurter les syndicats qui ont déjà appellé à la grève alors que je ne vois pas très bien quelle différence cela ferait pour les salariés.

Autre suggestion créer une Haute Autorité de régulation des activités férroviaires dont je ne vois pas très bien pourquoi RFF ne pourrait pas tenir ce rôle.

Enfin donner la priorité aux choses indispensables comme le renouvellement du réseaux, l'automatisation des aiguillages et l'industrialisation des opérations de maintenance sur les projets " bling bling" comme les lignes TGV nouvelles dont la rentabilité économique est loin d'être prouvée.

Dernier point réexaminer  les fermetures potentielles des lignes les moins fréquentées.

Un programme très provocateur mais parfaitement cohérent sur le plan industriel.Je vous en reparlerais

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16 avril 2008

Loi OGM:Le chainon manquant qui tue !

Le gouvernement essaye péniblement de convertir enfin la directive européenne sur les OGM en droit français. Une obligation que la France aurait du satisfaire depuis longtemps et qui la met sous la menace de pénalités financières importantes de la part de la Commission de Bruxelles.Celle çi a déjà saisi la Cour de Justice européenne pour non transcription et fixé l'amende à 38 millions d'euros plus pénalité d'astreinte journalière eventuelle .C'est dire qu'il y a urgence à ce que la loi sur les OGM sorte enfin

Il faut reconnaitre cependant que le Grenelle de l'environnement, même si ses conclusions ont sans doute été édictés sur des bases plus dogmatiques que scientifiques, a permis de confronter les opinions des uns et des autres et d'en arriver néanmoins à un certain consensus sur l'opinion des populations sur le sujet. La réalité scientifique en a sans doute un peu souffert mais ce sont les aléas de la gestion démocratique des pays.

Le même débat difficile entre pro et anti OGM se reproduit à l'identique à l'Assemblée Nationale et au Senat, à ceci prêt que les implications économiques y sont plus présentes qu'au Grenelle de l'environnement. Le débat va et vient donc,un débat dont que je vous laisse libre d'apprécier les arguments et leur pertinence dans vos journaux ou sur vos ondes préféres. Attendons de voir de quoi la montagne va accoucher finalement.

Il est néanmoins un aspect de la loi qui me parait rendre assez vains tous ces débats, puisque sans ce chainon manquant, il transforme la loi en une interdiction pure et simple des OGM sur le territoire français. Je veux parler de la notion de responsabilité des pollutions éventuelles de plantations non OGM par des cultures OGM et de la nécessité pour l'agriculteur de devoir assurer ce risque potentiel s'il voulait pouvoir cultiver des OGM.

Le texte prévoit pour l'instant que tout cultivateur d'OGM est responsable de plein droit du préjudice économique provoqué chez son voisin par la contamination éventuelle dont chacun sait qu'elle est imprévisible et non maitrisable.Or la loi ne dit pas comment évaluer cette pollution éventuelle et surtout pouvoir définir avec certitude la provenance exacte de la pollution.Car pour pénaliser quelqu'un pour une faute éventuelle, encore faut il d'abord pouvoir la demontrer scientifiquement. Je vous laisse imaginer les débats homériques à venir dans des cas où la pollution sera en limite de la portée maximale connue de transport de graines par le vent. Ou encore pour définir le pollueur effectif quand la parcelle polluée, bio on non OGM, se retrouvera entourée de plusieurs champs OGM de propriétaires différents situés à des distances différentes!!Quant au calcul du préjudice économique...

Par ailleurs pour pouvoir assumer la responsabilité de l'agriculteur OGM,l'idée de nos brillants législateurs, c'est que ce sera l'industrie de l'assurance qui en fera son affaire. Ce qui traduit la meconnaissance habituelle de nos hommes politiques des mécaniques économiques, en l'occurence ceux de l'assurance.Car, comme la Fédération Française des Sociétés d'Assurance l'a expliqué officiellement au gouvernement, le processus d'établissement d'un système d'assurance pour couvrir un risque passe par l'évaluation de ce risque, de sa probabilité  et de sa fréquence ainsi que du cout éventuel des conséquences financières à assumer.Toutes choses impossibles à évaluer avant dix ans de jurisprudence! La FFSA a été claire, elle ne dispose pas d'un modèle économique qui lui permette de prendre en charge un tel risque.

La seule proximité d'un agriculteur bio on non OGM vous rend susceptible d'être attaqué en justice pour une contamination supposée ou réelle pour le risque duquel vous ne trouverez pas d'assurance pour vous couvrir, sans compter le cout des avocats et des procédures.L'autorisation éventuelle des cultures OGM passe donc d'abord par la définition de méthodes de mesures acceptées de cette contamination, de la définition précise de ces contaminations et de l'établissement de barèmes d'indemnisation.Nous ne sommes pas sortis de l'auberge et dans ces conditions je ne vois pas d'agriculteurs prendre un tel risque.

C'est peut être d'ailleurs par ce biais, bien plus efficace que les fauchages, que les anti OGM veulent tuer les cultures OGM dans l'oeuf....

A suivre

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14 avril 2008

Seniors au travail, Jeunes au chomage!

La bataille entre syndicats et Pouvoirs Publics sur l'allongement de la durée de cotisation des salariés jusqu'a 41 ans pour pouvoir bénéficier de leur retraite à taux plein est repartie de plus belle.

Il était pourtant inscrit dans la loi Fillon qu'en 2008, on devait faire le bilan d'éxécution de cette loi en fonction de l'évolution démographique, de l'inflation et surtout de l'emploi et ajuster la durée de cotisation ou l'age de la retraite sur la base de ces résultats pour rééquilibrer les comptes. Il ne fallait pas être grand clerc pour imaginer ce qui allait se passer à savoir l'augmentation de la durée de cotisation. Certains des facteurs qui jouent sur cet équilibre ont évolué favorablement( le taux de chomage), d'autres défavorablement( l'espérance de vie)  et d'autres sont restés inchangés comme la situation économique ou le taux d'emplois des séniors. Comme l'équilibre prévu dans la loi Fillon avait été calculé à partir d'hypothèses optimistes pour pouvoir obtenir la signature des syndicats, il était évident pour tous qu'il allait falloir " en remettre une couche", c'est à dire allonger à 41 ans la durée de cotisation pour pouvoir obtenir un retraite à taux plein.

Or les syndicats ont une base majoritairement constituée des salariés les plus agés face à des salariés jeunes peu syndicalisés et peu intéressés par les problèmes de retraites.En plus ils sont quand même de gauche... Ils se devaient donc de trouver toutes les failles possibles pour revenir sur l'acceptation de la logique de la loi Fillon. Et comme la loi prévoyait effectivement un effort de l'industrie et des pouvoirs publics pour rallonger le taux d'utilisation des séniors, c'était l'axe d'attaque idéal.

Pourquoi avons nous en France un taux d'emploi des séniors inférieur à celui que l'on trouve dans les autres pays européens? Pour plusieurs raisons. Tout d'abord, comme le prouve encore un sondage récent, il y a toujours un désir fort chez les salariés français de partir en retraite anticipée, en tous cas avant 60 ans et quoiqu'en disent les pouvoirs publics ou l'équilibre des caisses de retraite. C'est la philosophie du " je l'ai bien mérité" qui ignore superbement que nous sommes dans un régime de repartition dans lequel ce sont les jeunes salariés qui payent les retraites de leurs ainés et qu'il n'existe pas, comme dans les régimes par capitalisation, une masse d'argent constituée par le salarié au long de sa carrière et qui lui serait reversée tout au long de sa retraite.

Autre raison un salarié agé coute cher, plus cher qu'un jeune, du fait d'un salaire qui a régulièrement monté tout au long de cette carrière pour cause d'augmentation liée à l'ancienneté( certaines conventions collectives prevoient automatiquement 1pct de salaire de plus par année d'ancienneté) et du fait des mérites et promotions acquis grace à l'augmentation de son savoir tout au long de sa carrière.Or, à tort ou à raison, on a tendance à considérer qu'un salarié jeune est plus au fait des techniques modernes( c'est partiellement vrai), plus dynamique mais par contre il n'a pas l'expérience ni le savoir pratique du salarié ancien.Les départs massifs des salariés du baby boom montrent en tous cas que ce savoir faire n'est pas facilement remplaçable.

Autre raison enfin, le code du travail français prevoit qu'en cas de restructuration, ce doivent etre les salariés les plus jeunes et ceux qui ont le moins de charges de famille qui doivent quitter la société en priorité. En d'autres termes les plus "employables". Or ce principe de choix des partants s'est avéré peu acceptable socialement, et les sociétés,coinçées entre le désir des plus agés de partir en retraite anticipé et le souhait du corps social de favoriser l'emploi des jeunes,ont massivement préféré les retraites anticipés des séniors aux licenciements de jeunes.

Que va t il se passer si on essaye d'accroitre réellement l'emploi des séniors? On va de facto diminuer le nombre de postes disponibles pour les jeunes car le problème de la France c'est son taux, faible, de créations globales d'emplois pour cause d'un manque général de compétitivité. Nous revoiçi donc face à notre contradiction franco française une fois de plus, qui est que nous ne nous sommes jamais attaqués au problème de competitivité de l'industrie (voir à ce sujet mon message du 23 mars 2008).

Et cette bataille des partisans du maintien à 40 ans de la durée de cotisation est un combat des séniors par syndicats interposés pour conserver leurs avantages aux détriments de leurs enfants.

Il y a un ou deux ans,lors d'une manifestation pour "défendre les retraites", un homme d'une quarantaine d'année qui défilait avec son fils sur les épaules avait répondu à l'intervieweur de service qu'il défilait pour défendre la retraite de son fils! Il en était  d'ailleurs sincèrement convaincu. Nous en sommes toujours au même degré d'incompréhension des mécanismes de retraite et d'emploi....

NB L'Association Nationale des DRH, ANDRH, vient de suggérer, pour faciliter le maintien des séniors au travail,de réduire les charges sociales pesant sur ces emplois à partir de 55 ans et de supprimer les cotisations Assedic à Partir de 60 ans.Voilà une idée qu'elle est bonne !

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13 avril 2008

Prise de pieds dans le tapis: la carte familles nombreuses!

On se demande franchement parfois s'il y a des ministres ou des hauts fonctionnaires qui ont un minimum d'esprit critique et de responsabilité dans notre gouvernement.Je pense bien sur à celui ou ceux qui ont pris la décision de supprimer la Carte Familles Nombreuses qui permettait aux familles nombreuses de pouvoir voyager par le train à prix réduits.

La nouvelle a été annonçé par le Président ( !!!) dans le cadre de l'annonce des 7 milliards d'économies budgétaire résultant de la RGPP, la révision générale des politiques publiques.C'est à priori le CMPP, Conseil de Modernisation des Politiques Publiques, présidée, si mes souvenirs sont bons, par le Secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant qui aurait entériné la décision. Ensuite ce sont le Secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau et la Secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Modiano, fraichement nommée, qui en ont annoncé conjointement la suppression.

Laquelle de ces personnes, y compris le Président, a pris cette décision, je ne sais. Il ne fallait pas être grand clerc, pourtant, pour deviner qu'un telle suppression allait susciter une tempète médiatique. Que quelles que soient les explications sur son remplacement potentiel par une carte "commerciale" de la SNCF, personne ne serait vraiment convaincu qu'un engagement de la SNCF valait celui de l'Etat. Et qu'une politique commerciale avait la même valeur que la politique familiale de la nation, une prérogative régalienne de l'Etat.

Sur le fond, on comprend bien que la SNCF, pour la première année, commence à faire des bénéfices importants et que par contre l'Etat est en semi faillite. Mais si la SNCF gagne enfin de l'argent c'est bien parce que l'Etat a pris en charge en temps voulu son considérable endettement. Entre la SNCF et son actionnaire à 100pct, il n'était pas difficile de trouver un "jeu d'écriture" pour que d'un coté l'Etat continue d'assumer son rôle régalien et que la SNCF reprenne en charge une partie(infime) des intérêts de sa dette.

Le mal est fait. Il est désagréable de constater que parmi tous les énarques, hauts fonctionnaires, élus et hommes ou femmes politiques qui nous dirigent, il n'y en ait pas eu un seul qui n'ait tiré à temps le signal d'alarme. Que serait ce si le pays avait vraiment à faire face à des situations critiques...

Depuis il a bien fallu trouver le jeu d'écriture dont je parlais.

Posté par CaDerange à 07:09 - Etat - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 avril 2008

Desendettement: RGPP et Méthode Canadienne aux antipodes!

Nicolas Sarkozy a éprouvé le besoin de nous présenter publiquement la derniere création de son gouvernement la RGPP, ou Révision Générale des Politiques Publiques, et les effets que nous pouvons en attendre sur la réduction des dépenses de l'Etat.

La réforme n'est pas vaiment nouvelle puisqu'elle avait été initiée, me semble t il, par Thierry Bretton et Jean François Copé alors aux Finances. Elle consiste à revoir en détail le fonctionnement d'un grand nombre de processus de notre administration pour en detecter les dysfonctionnements, petits ou gros, et les corriger. C'est ce qu'on appellerait dans l'industrie l'optimisation des méthodes. La différence, c'est qu'alors que dans l'industrie, c'est une activité à part entière et un soucis permanent d'amélioration de la productivité, dans l'administration il semblait que l'on n'ait rien fait de tel depuis des décennies. C'est beau de vivre dans un monde sans concurrence!

Ceci dit c'était une très bonne idée de lancer une telle étude qui a mobilisé des ressources importantes en interne( 200 auditeurs) et en externe (attention c'est vous qui payez les participants de tous ces prestigieux cabinets d'audit) et qui s'est traduit pendant 8 mois par des comités hebdomadaires sous la direction de Claude Guéant pour en entériner les résultats.

Nicolas Sarkozy vient donc de présenter les 150 décisions qu'il a prise à la suite de cet effort important et qui devait se traduire par des économies de....seulement 8 milliards d'économies de fonctionnement par an d'içi ...2011.J'avoue être un peu déçu de la modicité des économies annonçées.La montagne semble avoir accouchée d'une souris.Comme notre déficit budégtaire annuel est de 45 milliards d'euros depuis 25 ans, ce n'est pas cette RGPP qui permettra de tenir notre promesse d'équilibrer dépenses et recettes pour ...2012.

On fait pourtant allusion en parlant de la RGPP à la fameuse méthode utilisée par le gouvernement Canadien en 1996 quand il fut confronté à exactement le même problème, 20 ans de déficits récurrent de leur budget et un endettement comparable au notre à 67pct du Produit Intérieur Brut du pays qui absorbait comme en France les recettes de l'Impot sur le revenu pour en payer les intérets. Je vous invite à relire mes articles du 18 décembre 2005 et du 27 mars 2006 sur ce sujet et vous comprendrez très vite que les deux programmes n'ont abolument rien de comparable.

Il s'est agi en effet de revoir de manière critique les missions de chaque ministère,sur la base de 6 critères communs:l'intéret public du progamme considéré, l'efficacité de ce programme ou service,le fait qu'il entrait ou non dans les fonctions régaliennes de l'Etat, la capacité des contribuables à le payer, et l'existence de services privés alternatifs.L'objectif n'était pas de diminuer les dépenses d'un ou deux pour cent mais carrément de 20pct soit le montant de notre déficit annuel constant.Le résultat fut une diminution du budget canadien de 17 à 11 pct du produit intérieur brut, une diminution du nombre de fonctionnaires de 23pct et un budget excédentaire depuis 1997. Comme dans les pays nordiques....

A titre personnel les ministres canadiens durent faire un effort significatif sur leur niveau de vie officiel et le premier Ministre fut même surnommé le Premier Ministre Chevrolet du nom de la marque de sa voiture officielle. Chez nous, Nicolas Sarkozy vient de se faire construire une Renault Vel Satis spéciale équipée de tous les moyens audovisuels modernes et Madame Rachida Dati porte, ma foi, de très joli robes de couturier.

Les Français viennent de le confirmer dans un sondage récent. Ils veulent des diminutions importantes de dépenses publiques. Seront ils entendu?

Je suis persuadé que, vu l'ampleur du problème, nous n'échapperons pas à une revue critique des missions que s'arroge l'Etat. Monsieur Sarkozy a cru qu'il suffirait de décréter une croissance en hausse de 1pct supplémentaire pour que la gigantesque machine des élus et de leurs administrations puisse continuer à vivre sur le même pied qu'auparavant. Quelle faute de jugement!  C'est au contraire en rendant l'Etat compétitif et peu couteux que l'on améliorera la compétitivité de nos entreprises et de nos produits et que le machine économique repartira. Mais ne nous leurrons pas, il y en a bien pour 5 ans d'efforts et pas au rythme d'un RGPP étalé sur 3/4 ans!

Posté par CaDerange à 06:50 - Etat - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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