Il se trouve que j'étais aux Etats Unis lors de l'élection présidentielle, lors de la soirée des résultats et depuis, lors des premièrs contacts entre ancien et nouveau président et lors de premières déclarations de Donald Trump. Cela s'est traduit par la surprise d'un tel résultat alors que comme tout le monde j'attendais une victoire d'Hillary Clinton, puis d'un début d'effort de compréhension des raisons de ce résultat et la surprise quand même d'entendre Hillary puis Barack Obama dire qu'il fallait donner sa chance à Donald Trump et que, tant qu'ils étaient en campagne, les politiques étaient Démocrates ou Républicains mais qu'à partir de l'élection, ils redevenaient avant tout américains.

Depuis l'eau semble avoir coulé sous les ponts et l'on semble commencer à tirer des conclusions fondées sur la situation politico-économique au Etats Unis, mais extrapolables à beaucoup d'autres pays dans le monde et en Europe. Curieusement d'ailleurs, quelques jours avant cette élection, j'avais vu à la télévision française une émission sur la situation aux Etats Unis dans laquelle on voyait des membres de la classe moyenne américaine vivre sous la tente avec des jeunes enfants en exerçant deux boulots pour boucler les fins de mois ou bien se plaignant de la disparition de leurs précédents postes dans leur région au bénéfice de travailleurs moins chers dans un pays du tiers monde.

Depuis on a baptisé les régions qui ont basculé dans le monde républicain, le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie,le Wisconsin etc, la Rust Belt, la ceinture de rouille, qui traduit bien la dégringolade de ces zones autrefois industrialisées et prospères à cause des transferts de leurs usines ou productions vers les pays du tiers monde. J' ai vu aussi dans cette campagne l'émergence des grandes villes riches et en développement, au détriment des campagnes et des villes moyennes.

J'y ai vu enfin une certaine arrogance de la classe politique qui semblait ignorer ces retournements qu'elle avait de la peine à voir et qui acceptait facilement les théories économiques à la mode, celles de l'Organisation Mondiale du Commerce, ou encore l'acceptation par le pays d'un certaine invasion de leurs marchés par les productions chinoise voire d'un certain pillage par la Chine des économies occidentales.

Je n'aime pas Monsieur Trump, mais peut être faudra t il un jour lui reconnaitre le mérite d'avoir mieux compris que d'autres l'impactdz la peur du déclassement qui s'est abbatu sur nos  pays et leurs populations et l'absence de réaction de la classe politico-médiatique qui vit dans les beaux quartiers des grandes villes ci dessus en oubliant celles où ils sont nés. Honte à vous, messieurs les politiciens et les journalistes qui n'avaient rien vu venir de ce déclassement et du désespoir des populations que vous êtiez censés représenter.

Ce que je dis ci dessus à l'attention de cette classe américaine, soit disant d'élite, s'applique à mon sens parfaitement à la même classe européenne qui n'a rien vu venir non plus et qui pontifie encore sur les raisons d'un Brexit britannique prémonitoire mais qui découle des mêmes raisons.

Va  t on enfin se reveiller et revisiter nos situations  européennes respectives avec les yeux des déclassés ou futur déclassés et trouver les moyens de redevenir ce que nous étions il y a quelques decennies? Je souhaite en tous cas que cette leçon américaine nous y aide ! 

NB Supposez un court instant que nous transférions l'Assemblée nationale, le Sénat et nos chaines de télévision dans le 93, le 95 ou la Creuse chère à notre président. Ne croyez vous pas que leur vision de la France et de sa situation économique en changerait radicalement?