ScDesindustrialisationEurope372

J'avais eu l'occasion, dans un article du 4 mars, de vous faire part de la vague de désindustialisation qui avait frappé la France depuis de nombreuses années et qui continuait à le faire pour cause de manque permanent de compétitivité. Un défaut grave auquel nos politiques ne se sont jamais attaqués quand l'Allemagne, elle, sous le gouvernement socialiste de Gehrard Schröder, avait su prendre le problème à bras le corps dans les années 2003/2005. 

Ci joint un autre graphique, issu d'un rapport récent de l'Insee, qui retrace ce phénomène de désindustialisation pour les grand pays industriels de l'Union Européenne sous la forme de l'évolution de la valeur ajoutée crée par l'industrie manufacturière depuis 1970.

L'insee a constaté une division par deux de la part de l'industrie dans la valeur ajoutée totale degagée par l'économie française de 22,3 pct en 1970 à 11,2 pct en 2014 avec un recul particulièrement marqué de 2000 à 2007.C'est le cas également pour les autres grands pays industriels avec deux exceptions notables. L'Allemagne qui a su conserver son industrie aux alentours des 22 pct de la valeur ajouté totale du pays, grace aux reformes Shröders/Hartz et à l'habileté de l'industrie allemande à se positionner comme producteur de matériels "haut de gamme".L'autre est la Grande Bretagne qui a délibérement abandonné l'industrie au profit des services financiers qui sont sa grande force.

Autre raison de ce recul de l'industrie, le recentrage des organisations vers leur coeur d'activité en externalisant la plupart des services et la délocalisation ou le développement d'activités de production en dehors de leur pays d'origine dans les années 90, en particulier les matériels informatique et de télécom.Un phénomène qui semble ne plus progresser mais qui s'est traduit par une hausse continue des importations de produits manufacturés, une hausse modérée de nos exportations et un solde des deux devenu négatif.

Globalement c'est quand même la France qui s'est le plus désindustrialisée. Or les services liés à la personne étant peu rémunérateurs et ceux à haute valeur ajoutée ( Audit, Conseil, Marketing) très liés aux entreprises industrielles, nous subissons une double peine du fait de la perte d'un tissu industriel fort. Certes le crédit d'impôt recherche ou les pôles de compétitivité sont des éléments positifs mais l'effort d'amélioration de notre compétitivité reste à faire et ce n'est pas le débat sur la loi El Khomry et l'absence de lutte contre les déficits budgétaires qui peuvent rassurer sur la résolution de notre probleme clé.