Vous avez sans doute comme moi entendu parler de "titrisation" à une certain époque comme d'un nouveau moyen financier pratique pour faciliter la gestion des banques et des organismes financiers. Je me souviens même d'un article dans lequel c'était le Pdg d'Axa qui s'en félicitait.

Le procédé consiste à regrouper des prêts ou des dettes collectés auprès d'une multitude de petits emprunteurs pour en faire un grand fond que l'on peut ensuite revendre à d'autres investisseurs. Les organismes financiers qui ont des ressources importantes mais qui n'ont pas les moyens de "faire de l'épicerie" peuvent ainsi en un seul placement et sans effort placer de fortes sommes d'argent sur un secteur d'activité bien déterminé.

Vous voyez bien? Ca ne commence pas à vous rappeller quelque chose? Reflechissez. Mais oui, bien sur le subprime! C'est en effet le mécanisme par lequel les banques et organismes financiers américains ont pu disséminer partout dans le monde les prêts pourris accordés au ménages américain pour acheter leurs maisons quand il n'en avaient pas les moyens! On mettait ensembles dans un fonds de prêts immobiliers,- en principe donc du solide-, toutes sortes de prêts  de toutes tailles, plus ou moins bons, plus ou moins garantis et on revendait des participations à ce fond de prêt à des banques et organismes financiers du monde entier, en ayant pris la précaution avant, de les faire noter par une agence de notation comme des placements sans risques! Specificité américaine en plus, les prêts la bas sont garantis par deux organismes d'état, les fameux Freddie Mac et Fannie Mae, ce qui faisait rajouter la garantie d'état sur les dits fonds de pret . Et ca a bien marché comme vous savez jusqu'à la catastrophe de Lehmann Brother de 2008. Depuis on rame partout dans le monde pour remonter la pente avec les difficultés et les conséquences que vous connaissez.

Or, nous disent nos gouvernants, le salut viendra des PME/PMI  qui embauchent plus facilement que les grands groupes et qui restent sur le territoire national. Il faut donc dynamiser ce secteur et lui donner les moyens de se développer, de prouver leur créativité et de créer des emplois. Mais pour ce faire il faut..."faire de l'épicerie" comme dans le cas du subprime sans trop savoir si ce que l'on finance est un projet sérieux qui a un avenir et si la PME qui le porte à les reins assez solide pour pouvoir rembourser un jour.

On va donc titriser et faire évaluer la qualité du fond d'investissement par les sempiternelles agences de notations que nous vouions aux gémonies il y a encore peu de temps. Et le grand  défenseur de l'Idée est ...la Banque Centrale Européenne. Elle suggère que les banques apportent en garantie à leur refinancements, des "paquets" de prêts aux PME! 

C'est une banque italienne, la Banca Popolare di Vicenza,qui vient de donner le coup d'envoie de ce successeur des subprimes en levant sur le marché 980 millions d'euros adossés à 1,587 milliards de prêts aux PME italiennes.Emprunt sur 1,7 année, notée Aa2, et rapportant le taux Euribor + 240 points. Toutes les grandes banques européennes ont participé à l'opération.

Voila résolu le problème du financement des PME/PMI.A suivre dans 15 ans.

Etonnant non?