S'il y a une chose qui ennuie considérablement la Commission de Bruxelles, c'est bien de devoir en passer par l'accord des 27 pays membres de l'Union Européenne pour son budget de fonctionnement. Pensez donc, comment voulez vous être pris au sérieux dans ce monde, si vous ne disposer même pas de revenus réguliers et du pouvoir de les établir à votre guise!

Un royaume sans droit de battre monnaie et de fixer la dîme et la gabelle à son gré, ce n'est pas sérieux.

Il y a déjà bien eu quelques escamouches pour tenter de créer un impot "européen" mais sans résultat. Il y a eu la directive de 2003 qui fixait des détails importants mais collatéraux, les taux d'accises minimaux en Europe.Mais les pays membres, qui ne sont pas tombés de la dernière pluie, ne ce sont pas laisser déposséder de ce droit régalien. Il va donc falloir ruser.

Voilà une occasion qui se présente, l'institution d'une fiscalité nouvelle sur... les émissions de CO2. Bruxelles va proposer une double fiscalité minimale sur les émissions de gaz carbonique en euros par tonne de CO2 émise et une sur l'efficacité énérgétique des combustibles en Euros par Gigajoule. Cette taxation devait permettre d'aligner le prix du gazole sur celui de l'essence, de pénaliser le charbon gros émetteur de CO2 ou au contraire de favoriser les biocarburants. C'est un outil  de taxation très importants que celui des taxes sur les carburants (300 milliards d'euros par an)  sur lequel Bruxelles vient de marquer son territoire à cette occasion. La Commission a prudemment prévu des durées d'harmonisation inter pays très longues et des exemptions sectorielles mais le ver est dans le fruit. Une fois marqué son territoire, nul doute que la Commission posera la question de la gestion de ses revenus et son propre budget.

Décidément, nous autres, pauvres contribuables, sommes attaqués par tous les bouts. Le temps où nous aurons à payer en plus des taxes nationales, des taxes régionales et des taxes départementales et locales, une taxe Européenne,- peut être même directement à Bruxelles- ce serait plus simple et efficace-, n'est plus très loin.

A force de charger la mule, elle va crèver...  

NB Le Ministre allemand de l'économie, Rainer Brüderle, a déjà rejeté la proposition bruxelloise en disant : "Elle n'est dans l'intérêt ni des citoyens,ni de l'industrie automobile, ni des sous-traitants, ni de l'environnement". Chaude ambiance!