J'ai eu l'occasion dans ces colonnes de vous alerter sur le fait que la maitrise des réseaux, de gaz, d'electricité, ou ferroviaires,étaient plus important pour garantir l'approvisionnement à prix compétitif des français que celui des activités de  production alors que traditionnellement, l'Etat s'est toujours beaucoup plus intéressé aux activités de production que de distribution.

 L'actualité vient de nous en apporter une preuve supplémentaire. C'est ainsi que pour la distribution d'électricité qui est assuré par une filiale à 100pct d'EDF, ERDF, un rapport parlementaire du député Jean Provost, vient de s'inquiéter des moyens financiers et humains fournis par EDFà sa filiale qui, d'après le rapport, empêche ERDF de remplir correctement sa mission. Et donc, le rapport suggère de mettre en place des moyens pour contraindre EDF à donner à sa filiale les moyens financiers d'assurer sa mission.La constatation de la commission parlementaire est que la qualité du service de ERDF na cessé de se dégrader au fil des ans, avec un temps moyen de coupure doublé en 8 ans et des zones mal desservies.Comme l'argument que la conjonction sous la même direction de la production et de la distribution a fait long feu face à Bruxelles et que EDF a désormais besoin d'argent, EDF oublie maintenant son argumentaire et commence à vendre les reseaux qu'elle possède. C'est dejà fait pour le réseaux anglais et c'est en discussion pour le réseau français 

Dans le cas de la distribution gazière c'est mieux puisque à ma connaissance personne n'a le risque de ne plus être approvisionné en gaz du fait de réseaux insuffisants. Il est vrai que, contrairement à l'électricité, le gaz se stocke et donc qu''il y a toujours du gaz au bout du tuyau alors qu'il peut ne pas y en avoir au bout du fil! Reste quand même la vitesse de remplacement des vieux tuyaux en fonte qui a provoqué en de trop fréquentes occasions des explosions de gaz mortelles. Au point que le gaz est quand même l'énergie la plus dangereuses à utiliser. C'est Gaz de France qui était propriétaire de ces reseaux et c'est donc désormais GDF Suez qui, ayant sans doute également besoin d'argent pour mener à bien sa stratégie d'internationalisation, est prêt à céder une participation dans GRTgaz.

Un réseau de 32 000 kilomètres du gazoducs qui transporte  60 milliards de M3 de gaz par an et dégage un bénéfice de 872 millions d'euros pour un chiffre d'affaire de 1.5 milliards soit quand même 56 pct de bénéfice! Surprise, c'est la Caisse des Dépots, donc l'Etat, en coopération avec la CNP Assurances, encore l'Etat qui se porte acquéreur des 25pct mis en vente. C'est en ligne avec les suggestions que j'ai pu faire sur ce blog d'une meilleure maîtrise des réseaux et donc j'en suis satisfait sauf que ca aurait été mieux s'ils avaient pu en prendre 51pct.

Sans doute est ce à venir pour plus tard comme le prévoit la loi française qui édicte que seuls des acteurs publics puissent controler des infrastructures électriques ou gazières.Pourquoi ne la fait on pas appliquer, mystère? Sans doute le manque d'argent car pour prendre le controle il faut quand même en payer le prix au propriétaire existant.

Ce qui est plus curieux, c'est que la CDC serait également intéressée par les participations que GRTGaz possède dans des réseaux autrichien et allemand qui ne me parait pas devoir être le role de l'Etat Français. A moins que le pourcentage de bénéfice là aussi soit très attractif?

Rien à dire des réseaux pétroliers qui irriguent le territoire et permettent de transporter les produits pétroliers des raffineries vers les dépots et les centres de consommation et qui appartiennent dans la plupart des cas aux comâpagnies pétrolières. Ca marche sans soucis majeurs et ca rapporte bien aux actionnaires. Mais la aussi on peut stocker les produits...

Reste les réseaux ferroviaires dont on nous annonce qu'ils sont en grandes difficultés financières au point que RFF, Réseaux Ferroviaires français, annonce ne pas pouvoir mener de front la rénovation nécessaire du réseau et la construction des lignes de TGV qu'on lui réclame de partout. La faute aux subventions de l'Etat qui baissent annèes après annèes alors que son seul utilisateur la SNCF se plaint tous les jours de la cherté des péages. Lestés dès sa création des lourds déficits dus à la SNCF "globale" du début , RFF a seulement réussi au bout d'une dizaine d'années d'existence à maintenir au niveau de 27 milliards d'euros ces déficits initiaux! Et comme on lui en demande toujours  plus tout en la subventionnant moins, RFF n'est pas sorti de l'auberge.

A suivre sans doute....