Les incidents liés au port du voile dans les locaux scolaires ont connu un pic d'activité dans les années 1995/2005 et ont amené la France et le Président Jacques Chirac à l'inscrire "en dur" dans nos lois par la loi de Mars 2004. Il est donc dit clairement désormais, à la grande satisfaction des chefs d'établissements que l'on avait laissé géré le problme un peu seul, que le port de signes religieux ostensibles à l'école était interdit.

Cela ne veut pas dire pour autant que les attaques en justice contre nos lois se soient arrétées pour autant ou se sont continuées pour celles qui avaient été initiées avant la loi de 2004. Car la lenteur de notre justice étant ce qu'elle est et les possibilités de recours, déjà importantes en France, s'étant encore étendues avec l'arrivée de l'Europe, tout affaire peut durer des années avant que l'on en arrive au jugement final.

On vient d'en arriver à ce stade là,-le jugement final-,dans le cas du port du voile avec un jugement de la Cour Européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg. Ce sont deux jeunes filles d'origine turque qui, après avoir refusé en 1999 à de nombreuses reprises de retirer leur foulard lors des cours d'éducation physique, avaient été finalement exclues du collège de Flers dans l'Orne. Leurs parents(elles avaient 11 et 12 ans à l'époque) avaient donc attaqué l'Etat Français avec constance jusqu'à la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Curieusement,dans leur pays d'origine, en Turquie, pays laïque,il est également interdit de porter le voile à l'Université mais la question reste une pomme de discorde nationale grave dans ce pays

La Cour Européenne des Droits de l'Homme a donc débouté les deux plaignantes de la contestation qu'elles portaient contre l'Etat Français de leur avoir interdit le port du voile. Et ce à l'unanimité.Avec cet attendu:" En France,la laïcité est un principe constitutionnel fondateur de la République, auquel l'ensemble de la population adhère, dont la défense parait primordiale, notamment à l'école".

Bravo et Ouf ! Car que ce serait il passé si la Cour Européenne en avait jugé autrement?Nous aurions sans doute du abroger la loi de 2004. L'Europe c'est bien mais, en signant Maastricht, nous avons accepté de ne plus être totalement maître chez nous...