L'Allemagne offre la particularité sur le plan social de ne pas avoir de Salaire Minimum Garanti imposé par la loi et géré par les pouvoirs publics. Ca ne semble pas les avoir génés jusqu'à maintenant. Je dirais même que dans certains pays on attribuerait la bonne santé de l'économie à ce degré de liberté.

C'était jusqu'à ce que l'ouverture des marchés liée à l'Europe et les difficultés financières des Etats les amènenent les uns après les autres à privatiser et à accepter la concurrence privée. Ainsi en fut il en Allemagne avec l'ouverture des marché des services postaux et l'entrée de deux concurrents à Deutsche Post, le groupe PIN, filiale du groupe de presse Axel Springer et le groupe hollandais TNT.

La Deutsche Post et son personnel n'allaient pas se laisser brouter la laine sur le dos aussi facilement.Elle réussi à susciter l'adoption après de longues discussions au sein de l'alliance SPD/CDU/CSU, d'un "Smic Poste" fixé à 9.8 euros de l'Heure à l'ouest et 8 à l'Est ce qui fit émerger immédiatement les différences salariales entre concurents.

Le groupe PIN( reconnaissable à ses couleurs vert cru) fut obligé de déclarer ses filiales en faillite et de commencer à licencier ses employés car à ce tarif horaire là, dit il, ils ne pouvaient équilibrer leurs comptes. Suivant que vous auriez été du coté des salariés licenciés ou de ceux qui tuaient ainsi la concurrence, nul doute que votre vision de ce Smic poste aurait été radicalement différente. Et si vous étiez, malheureusement, du coté des licenciés, il vous aurait été difficile de trouver un soutien du coté du syndicat officiel Ver.di.Les salariés de PIN défilèrent bien dans les rues, mais sans succès ni soutien.

La solution trouvée pour les défendre? La création d'un syndicat nouveau ex nihilo, le GNBZ, pour défendre les salariés des concurrents de la Deutsche Post, mais au dela les intérêts aussi des sociétés concurrentes.Carton rouge par contre pour son financement puisque c'est la Groupe PIN dans les derniers jours avant de faire faillite, qui a financé l'acquisition de matériel et le salaire du président fondateur. Depuis PIN est en faillite et le syndicat officiel Ver.di a porté plainte.

L'autre concurrent, le Hollandais TNT, a lui attaqué l'instauration du "Smic Poste" en justice et , surprise, a gagné.Le tribunal administratif qui vient d'en être saisi, a jugé que ce Smic Poste était illégal. Bien sur le gouvernement a fait appel. A suivre donc. En attendant PIN et ses salariés ont, eux, définitivement perdu.

Les même problèmes créant les mêmes solutions, la même chose est en train de se passer en France, non pas à la Poste mais dans le ferroviaire. Et non pas sur le Smic, qui est un fait acquis chez nous, mais sur la convention collective des métiers du rail qui est en cours de discussion avec les nouveaux concurrents de la SNCF et qui sera bati à l'identique ou au moins autour du statut des cheminots. Il restera pour les concurrents de la SNCF à jouer sur le levier d'un meilleure productivité et surtout d'un meilleur service clientèle.

Où que ce soit, et contrairement à ce que nous racontent nos politiques, nous préférons la stabilité et le connu au changement et à l'inconnu.Un autre exemple? Le loueur de ski Low Cost de la Tarentaise, Ski Republic, vient d'en faire l'amère expérience; Il a en effet essayé de faire dans la location de ski ce que Leclerc avait fait dans l'épicerie il y a trente ans, louer à prix cassé et se rattraper sur le nombre de locations. On a menacé les responsables de ses boutiques,cassé les magasins, crévé les pneus de ses camions et même tenté de mettre le feu à son magasin phare.

Les homme seront toujours les hommes, quand vos interêts vitaux sont attaqués, vous réagissez...