Dans un message du 28 juillet comparant les politiques économiques française et allemande, j'avais noté que la politique française était une politique traditionnelle de relance par la consommation, dite Keynésienne, alors que la politique allemande s'évertuait à accroitre la compétitivité des entreprises allemandes(TVA sociale, retour aux 39hrs sans changement de salaire) pour que ,étant plus compétitives, elles prennent davantage de marchés,vendent plus et en fin de compte embauchent pour satisfaire la demande. J'exprimais quelques doutes sur une méthode keynésienne qui ne me semble plus correspondre à une époque où les produits importés sont devenus majoritaires dans notre consommation.

Les faits n'ont pas tardé à justifier ces craintes.Canalblog184Les chiffres du déficit commercial français à mi année, annonçés mi Aôut dans la torpeur des congés sont plutôt catastrophiques avec un déficit record de 15.3 milliards d'euros contre 13 seulement en 2006, malgré des livraisons exceptionnelles d'Airbus.L'Allemagne dans le même temps annonce des excédents records à 97 milliards d'euros alors qu'elle bénéficie(subit?) du même euro fort.

En même temps, on nous annonce que l'industrie française a vu sa production diminuer(!) de 0.5 pct en juin et sur le second trimestre globalement de 0.3pct. Le problème, nous dit on, tient aux entreprises, pas assez compétitives.Du coup, le déficit du budget de l'Etat augmente d'un milliard de plus par rapport aux chiffres 2006 à -déjà- 29.7 milliards d'euros.

Vous comprenez maintenant pourquoi la première réunion ministérielle retour de vacances a trait au " vent de force 5" d'après le ministre du commerce extérieur Hervé Novelli que le gouvernement s'apprèterait à faire souffler sur l'économie française.

Il est vrai que 6 mois de campagne électorale sans action et 4 mois pour que les premières mesures soient enfin entérinées ne sont pas de nature à changer brutalement la face des choses. Encore faudrait il que ces mesures soient à même d'accroitre la compétitivité des entreprises alors qu'elle consistent surtout à accroitre les dépenses de l'Etat qu'inévitablement ce même Etat viendra prélever plus tard dans nos poches ou sur les prix de revient des entreprises.

Le Premier Ministre doit nous annoncer vendredi un nouveau train de mesures. Je doute qu'il s'inspire de l'exemple allemand qui est pourtant parlant puisque la Bundesbank vient d'annoncer qu'elle jugeait possible le retour à l'équilibre budgétaire dès 2007 au lieu de 2012. Faisons confiance à Nicolas Sarkozy pour mettre sur pied rapidement un plan volontariste de retour à la compétitivité pour les entreprises. Mais quand l'idée fondamentale des mesures déjà annoncée consiste à charger un peu plus la mule de cette entreprise plutôt que d'en faire maigrir le jockey, comment voulez vous que cela marche?

A suivre. Peut être allons nous voir la Tva sociale ressortir du chapeau?