canalblog68Le débat sur le stockage des déchets nucléaires s'est calmé en France, à la suite des travaux effectués par les scientifiques sur le sujet depuis 15 ans, de la soumission au public par la Commission Nationale du Débat Public des résultats de ces travaux et des recommendations qui en découlaient et du vote de la loi entérinant ces conclusions. En bref, il a été reconnu trois moyens de stocker ces déchets, en surface, à grande profondeur ou encore par transmutation,c'est à dire conversion en éléments nucléaires moins actifs et de durée de vie plus brève. Le moyen recommandé dans l'état actuel de la science a été celui du stockage à grande profondeur mais tout en poursuivant les recherches pour confirmer la viabilité de ce stockage et en établir les méthodes et procédures détaillées et tout en continuant d'étudier toute autre méthode alternative.

La transmutation de ces déchets continue donc de faire l'objet de recherches dans le cadre d'un projet international appelé Megapie et qui a lieu en Suisse. Le but est d'en transformer les composés les plus actifs, appelés Actinides, en composés moins actifs et de moindre durée de vie. Pour cela il faut bombarder leur noyau par un flux de neutrons qui casse ce noyau et les convertit en deux ou plusieurs noyaux d'atomes plus petits de faible activité nucléaire, voire même totalement inerte.

Bien entendu ce bombardement ne peut se faire que dans des installations nucléaires, des réacteurs donc,et dans des conditions bien précises à définir dans ces recherches. Le réacteur choisi par les experts est un réacteur dit sub critique, c'est à dire incapable d'entretenir de lui même des réactions de fission en chaine comme dans une centrale nucléaire classique ou encore dans une bombe atomique. En quelque sorte, dans ces réacteurs, la réaction de fission nucléaire s'éteindrait d'elle même, si on ne l'entretenait pas.

Par ailleurs le flux de neutrons nécessaire au bombardement des actinides pour les casser est généré par une source extérieure au réacteur. Il s'agit d'un accélérateur de particules qui produit des protons très énergétiques qui vont d'abord bombarder une cible, dite cible de spalliation, selectionnée pour sa capacité à produire, sous ce bombardement, un fort flux de neutrons. En l'occurence un mélange de Plomb et de Bismuth liquéfié à 400 degré. Les neutrons produits vont ensuite eux même bombarder les noyaux des actinides présent dans les barres du réacteur tout autour et les transmuter en composés beaucoup plus inoffensifs.

Tout ceci reste une théorie prometteuse mais qui demande de long travaux pour pouvoir la transformer en réalité industrielle. Le programme Megapie est en train de tester pour la première fois ce concept d'incinérateur d'actinides dans l'Institut Paul Scherrer à Brugg. L'idée est de préparer un incinérateur de démonstration pour 2008 à la suite de quoi la validation du concept, si tout marche bien, devrait conduire à envisager un système industriel abouti pour les années 2040.

Avantage de ce type d'incinérateur, ne pas laisser à nos enfants ces déchets pour des decennies, bien sur, et disposer d'un outil simple et bien adapté à l'élimination de ce type de déchets. Par contre, le cout en serait certainement sans aucune mesure avec un stockage en grande profondeur.

A suivre.