Le charbon vient de vivre une résurrrection en Europe, avec l'émergence des gaz de schistes aux Etats Unis qui, plus compétitifs en prix et plus faciles d'utilisation, ont réussi à chasser le charbon du paysage énergétique américain. Bien entendu les producteurs de charbon américain ne se sont pas laissé faire et ont soit cassé les prix, soit cherché des débouchés nouveau pour leur charbon...en Europe.

Car en même temps que la situation énergétique américaine évoluait dans le sens du remplacement du charbon par le gaz pour produire de l'électricité, on assistait en Europe à l'annonce de l'abandon du nucléaire en Allemagne et à la montée des préoccupations environnementales impulsées par la COP 21. Le prix du gaz en Europe étant en moyenne double de celui du même gaz aux Etats Unis mais le gaz voyageant mal,que croyez vous qu'il arriva? C'est le charbon qui débarqua!  A un prix qui lui permit de déplacer le gaz pour fournir les besoins d'électricité de complément pour pallier à l'intermittence de la production des énergies alternatives, éoliennes et photovoltaique, et à leur positionnement géographique au nord de l'Allemagne quand la demande industrielle se trouvait au sud!

Comme il n'était pas possible de doubler le réseau de distribution nord sud, on en vint à redémarrer des centrales sous cocon depuis longtemps au charbon américain , voire même à en construire de nouvelles! Et c'est ainsi que le pays le plus écologique de l'Union Européenne se transforma en pays le plus polluant.

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Mais tout le monde sait que dans le domaine énergétique aucune situation n'est jamais figée et que les fondamentaux finissent toujours par s'imposer.Or les fondamentaux c'est la pollution inacceptable de la Chine due à l'énorme proportion de centrales au charbon qui y ceinture les grandes villes, le ralentissement économique de cette locomotive du monde, la poursuite de la conversion au gaz de schiste de la production d'electricité americaine et l'aspect temporaire de la situation allemande. Sans compter le ralentissement économique des pays producteurs de pétrole dans le monde.

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L'age d'or du charbon, nous dit maintenant l'Agence Internationale de l'Energie l'AIE/IEA, pourrait bien être passé et la Chine elle même pourrait bien avoir connu déjà son "peak coal". Il y a d'autres pays dans le monde qui sont riches en charbon et sont en croissance économique pour se substituer à la Chine et aux Etats Unis comme l'Inde dont l'AIE  prévoit la demande croitre de 4,1 pct par an d'içi 2020,et un certain nombre de pays du sud est asiatique.Mais la taille de leur économie n'a rien à voir avec celle de l'économie chinoise.Il reste par ailleurs un débouché incontournable, autre que la production d'énergie, pour le charbon qui est la production d'acier qui tient pour un bon tiers de l'utilisation totale du charbon

Il faut donc s'attendre à une baisse progressive de cette importante activité minière et à des difficultés dans cette industrie. D'ores et dejà le numéro deux du secteur aux Etats Unis, Arch Coal, a demandé à être mis sous le régime  de la loi sur les faillites (chapter 11) en attendant de se restructurer.Trois autres acteurs de l'extraction de charbon, Alpha Natural Ressources,Patriot Coal Corp, et Corp & Walter Energy inc, numero 4, 12 et 14 du secteur respectivement, se sont également placés sous le régime des faillites.

Les zones atteintes par ces diminutions de production sont la zone des Appalaches ( - 40pct), le Wyoming, premier état producteur avec - 15pct, tandis que le bassin de l'Illinois, plus facile à exploiter, voyait sa production croitre de 10 pct.

NB La dernière mine de charbon souterraine britannique, celle de Kellingley dans le Yorkshire, au nord de l'Angleterre, vient de fermer définitivement.Ouverte en 1960 elle était une des plus grosses mines d'Europe.Elle ne comptait plus que 450 personnes et approvisionnait tout ou partie des 12 centrales au charbon encore en service en Angleterre.Le charbon de Kellingley coutait 43 livres la tonne à produire alors que le charbon russe ou colombien, coute 30 livres la tonne.Au pic de sa production l'industrie minière britannique produisait 300 millions de tonnes et employait 1,2 millions de personnes.C'est Margaret Thatcher qui a marqué cette industrie en annonçant la fermeture d'une vingtaine de mines en 1984. Une page, celle de l'industrie qui a généré l'essor du Royaume Uni à partir du XVIIIeme siècle, vient de se toruner