On nous a "vendu" les transports mutimodaux, sur des rails ou en mer en nous assurant que ça allait réduire les transports routiers et donc la pollution qui va avec, les accidents, et la congestion routière. Bref tout allait aller bien mieux et en plus ça devait être rentable. Nous en avons accepté l'augure et vu avec plaisir se mettre en place la ligne ferroviaire  Perpignan- Luxembourg, puis plus tard une autoroute de la mer entre Montoir de Bretagne et Gijon en Espagne à défaut d'une autoroute Grande Bretagne Espagne. Depuis on en a plus entendu parlé, c'est peut être déjà passé de mode ou nous ne saurons jamais ce que ça a bien pu donner.

J'aime bien, quant à moi, vous reparler d'un sujet sur lequel je vous avais alerté. L'autoroute de la mer franco-espagnole a été elle ouverte en 2010 et fonctionne depuis dans le cadre du programme européen Marco Polo dont le but est de transfèrer vers la mer une partie du flux de camions. C'est l'armateur LD LInes ( LD pour Louis Dreyfus) qui assure les rotations Montoir/Gijon et les états français et espagnol pour 30 millions d'euros et l'Europe pour 4 subventionnent le dispositif. Un bémol cépendant les subventions étaient prévues diminuer de manière dégressive avant de disparaitre fin 2014, date à laquelle on estimait  que le dispositif aurait atteint son équilibre financier.Il etait donc temps de faire le bilan de ces deux années d'expérimentation.

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Apparemment, sur le plan du remplissage, c'est plutôt un succès avec un taux moyen de 72 pct de remplissage, un taux difficile à dépasser si l'on veut assurer la disponibilité assurée de places pour les chargeurs. Ces 72 pct correspondent pour 2013 à20 000 camions "évités" sur la route, plus 30 000 vehicules neufs Renault transportés de manière pérenne et 13320 voitures particulières non prévues à l'origine du programme.Le tout avec un prix au taquet compte tenu des subventions.

Maintenant que les subventions ont disparu, on est confronté au vrai prix du marché et là ça coince. Les chargeurs ne sont pas prêt à payer plus cher et préfèrent...revenir sur la route, surtout dans un marché où existent des transporteurs d'Europe de l'est à bas prix, même à l'autre bout de l'Europe. Malgré une performance de remplissage remarquable, la ligne qui perd 6 millions par an, hors subventions, risque fort de fermer à court terme.

Il existe d'autres autoroutes de la mer dans l'Union Européenne, mais elles fonctionnent en général sur des distances plus longues avec reprise à l'arrivée par un autre chauffeur et un autre tracteur.et avec des contrats fermes qui assurent une partie des frais fixes. A suivre donc mais comme je le disais en titre, ce n'est pas gagné, surtout sans subvention.

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Quant à l'autoroute ferroviaire Perpignan-Luxembourg,elle existe toujours  et est gérée maintenant par Géodis, filiale routière de la SNCF, ce qui ne rassure pas sur son subventionnement.

Elle a vécu ses propres vicissitudes avec la faillite de Lorry Rail qui construisait les wagons qui transportaient les remorques et qui a du être repris en fin de compte par Géodis dont ce n'est pas vraiment le métier.

Elle a été rallongée jusqu'à Helsingborg en Suède en passant par le Danemark et son opérateur essaye à l'heure actuelle d'agrandir son réseau à l'axe Madrid Budapest via Lyon.

La aussi ce n'est pas gagné. A suivre toutefois