Le système de l'autoentrepreneuriat a connu un succès foudroyant, alimenté par le chomage et la difficulté à retrouver du travail ainsi que par l'attirance d'être son propre maitre. Le debut d'année 2011 a montré par contre un certain tassement de la vocation des créateurs d'entreprise avec une baisse de 18.7 pct sur le premier trimestre.

Est ce l'approche des limites du concept, le retour à une meilleure évaluation des difficultés d'entreprendre ou une certaine reprise du marché de l'emploi, un peu des trois en même temps,à mon sens.La simplicité administrative apparente du concept et la soif de liberté des français restent très fort; Tout nouveau licencié dont les chances de retrouver un emploi sont limitées et qui pense pouvoir vendre des prestations devient désormais quasi automatiquemnt autoentrepreneur au point que l'autoentrepreneuriat devient concurrent du bénévolat! Pourquoi s'investir dans des activités bénévoles en effet si vous pouvez tirer un revenu de ces activités?

La reprise du marché du travail est bien sur un facteur défavorable à la création d'entreprise qui montre que le succès de l'autoentrepreneuriat correspondait aussi pour certains à un échappatoire face à la montée du désespoir des laissés pour compte de notre société. Dans la mesure où l'on peut maintenant avoir à nouveau sa chance  sur le marché du travail, pourquoi s'embéter à monter sa propre activité?

Enfin il y a sans doute, une meilleure compréhension des agréments et des difficultés d'être un entrepreneur qui commence à pénétrer notre tissu social qui reste hostile à l'entreprise tout en ignorant les contraintes que cela représente. On a parle de simplicité administrative, c'est vrai mais il reste des taches compliquées à effectuer comme faire une facture(!), tenir un minimum de comptabilité, déclarer des revenus,acheter et payer des produits. Il reste également la necessité, si l'on veut vendre ses activités de "trouver des clients". Une tache peu reconnu comme toutes les fonctions commerciales et dont on s'aperçoit à cette occasion qu'elle est essentielle. D'une certaine manière l'émergence de l'autoentrepreneuriat aura réhabilité en quelque sorte dans l'esprit du grand public la fonction commerciale, en particulier chez les techniciens qui ont réalisés que, sans la fonction commerciale qu'ils avaient tendance à regarder de haut dans l'entreprise, la technique n'est rien.

Par contre, cette activité de prospection prend du temps et vient empiéter largement, en particulier dans des entreprises unipersonnelles sur le temps consacré à délivrer les prestations.

Autre difficulté, les réactions adverses du tissu des petites entreprises qui s'estiment lésées par cette concurrence nouvelle sans savoir faire prouvé et celle de clients échaudés par l'absence de responsabilité des autoentrepreneurs  en cas de malfaçons.

Bref les deux années d'essai du concept autoentrepreneurial ont permis à ceux qui veulent s'y lancer de mieux en apprecier les avantages,de mieux en connaitre les contraintes et les limites et donc de s'y lancer eventuellement en meilleure connaissance de cause.

Reste un enseignement pour nos hommes politiques et notre administration dont je ne suis pas sur qu'il ait été entendu à sa juste valeur: La simplicité administrative est un élement essentiel à la vie , voire à la survie de l'entreprise. Puisse notre administration s'en souvenir parfois.