Nous n'en sommes plus au temps d'Alain Peyreffite et de son "Quand la Chine s'éveillera". La Chine s'est eveillée à partir de 1978 quand Deng Xiaoping a abandonné, officieusement bien sur, le communisme pour l'économie de marché.Trente ans après, elle vient de dépasser le Japon comme deuxième économie mondiale sur la base de leurs Produits Intérieur Brut du second trimestre 2010 respectif.Une confirmation, s'il en était besoin pour nous français toujours affublés d'un parti communiste(!) et de syndicats partisans de ce type d'économie, que le communisme ça ne marche pas et qu'il faudrait quand même nous habituer à l'économie de marché.A_067

La question qui se pose désormais est de savoir quand la Chine deviendra la première puissance économique mondiale. Les experts ont déjà répondu à cette question, c'est à partir de 2027 pour Goldmann Sachs et de 2020 pour Price WaterhouseCoopers. La Chine a une économie deux fois plus importante que l'économie française, elle est à parité avec le Japon alors que leurs populations sont dans un rapport de 1 à 10(1.3 milliards contre 130 millions) et a devant elle un volant de salariés industriels mais aussi de consommateurs futurs tel qu'elle devrait s'imposer rapidement aux Etats Unis. Peut être d'alleurs faudrait il signaler à nos hommes politiques ou commentateurs qu'il devient indécent de parler de délocalisation en ce qui concerne ce pays. L'avenir de toutes les grandes sociétés multinationales et de leur importance relative est lié à leur réussite dans l'espace économique chinois.GM ou Volkwagen l'ont bien mieux compris et plus tot que Peugeot ou Renault qui n'y est présent que par Nissan interposé.

Reste qu'à titre individuels les Chinois sont encore très loin en niveau de salaire et de niveau de vie de nos niveaux européens, américains ou japonais. "Quand est ce que mon salaire dépassera celui de mon homologue japonais" était une réaction d'un internaute chinois à la nouvelle.Ce niveau de vie et de salaire dix fois inférieur au notre en moyenne est d'alleurs la clé de la compétitivité des entreprise chinoises.C'est aussi leur talon d'Achille car désormais les salariés chinois ruent dans les brancards comme l'ont montré leurs grèves récentes. Sans compter leurs conditions de travail qui ressemble fort à de l'esclavage comme la vague de suicides chez Foxconn vient de le rappeller opportunement.

La machine est en route pour améliorer les conditions de vie du travailleur moyen avec des augmentations de 20pct du SMIC local décrétées dans 27 régions de Chine ou l'autocritique des dirigeants de Foxconn sur le manque d'une politique de Ressources Humaines  dans l'entreprise qui tiennent compte des aspirations de leurs salariés.Foxconn a d'ailleurs décidé de respecter(enfin) le maximum legal d'heures supplémentaires de 36 heures par semaine( à comparer incidemment à nos 35 heures) et de construire ses prochaines usines dans le centre du pays, près des bassins de main d'oeuvre qui était une des revendications de ses salariés.Une hirondelle ne fait pas le printemps me direz vous et l'exemple Foxconn ne change rien aux conditions de vie des travailleurs dans la PME locale. C'est vrai mais c'est un début emblématique qui fera souche ailleurs.

Cette question du rattrapage dans les pays émergents des niveaux de vie des pays développés est au coeur du rééqulibrage économique entre pays developpés et pays émergents comme l'avait montré l'exemple du Japon qui mit une trentaine d'année à atteindre les couts de fabrication des pays développés.C'est à cause de ce déséquilibre compétitif que les européens et les français en particulier perdent des emplois, voient leurs campagnes se désindustrialiser et ont de la peine à créer des emplois.Les mouvements sociaux récents en Chine mais aussi au Bengladesh et les hausses salariales auxquels ils ont donné lieu sont donc une bonne nouvelle pour notre industrie.

C'est simple la meilleure chose qui pourrait nous arriver est que nous puissions délocaliser la CGT ou Messieurs Thibault et Mailly en Chine, en Inde ou au Bengladesh !