La zone Euro, dont les performances économiques étaient censées soutenir la valeur de cette monnaie unique, emblème de l'Union Européenne, a été constituée à partir de pays aux performances économiques très variables. Des pays à économie forte avec l'Allemagne et la France en chef de files( les lapins) et des pays à économie faible(les carpes), fruit parfois des ressources limitées de leurs territoires mais aussi d'années de mauvaise gestion, ou parfois des pays en devenir. Des pays qui ont été acceptés dans la zone euro par la vision libérale que c'est le développement de leurs marchés intérieurs qui allait générer la croissance..chez les pays à économies fortes.

Les allemands ont été longuements réticents à abandonner leur monnaie, le Deutsche Mark, sur l'autel de l'Union Européenne puis ont fini par l'accepter, sans doute dans l'espoir de la croissance des marchés ci dessus dont ils espéraient tirer profit. Pour se protéger des peuples dépensiers ou des mauvais gestionnaires, ils ont demandé l'introduction dans le traité de Maastricht des clauses fortes d'orthodoxie budgétaire avec les fameuses limites du 3pct maximum du PIB de déficit budgétaire annuel et des 60pct de PIB annuel de dette maximale tolérable.

Làs! lLes règles édictées par le traité de Maastricht, tout en étant prise en considération, n'ont jamais été imposées strictement par la Commission de Bruxelles, voire par la communauté des Ministres des Finances, l'Eurogroupe. L'Allemagne, elle même, avant la crise et à la suite de la prise en charge de l'Allemagne de l'Est, s'était laissé aller à dépasser ces maximums. La crise a encore amplifié ces dérapages pour des raisons parfaitement honorables et compréhensibles mais l'Allemagne, seule en Europe, s'est engagé sur la voie du redressement en travaillant sur la compétitivité de son industrie et en érigeant la limite maximale de déficit budgétaire comme dogme constitutionnel.

En dehors de l'Allemagne, personne et surtout pas la France ne s'est engagé dans une politique de respect des grands équilibres du traité de Maastricht. Bon an, mal an, néanmoins l'Euro s'est apprécié,- ou plutôt le dollar s'est affaibli-, et les différents pays de la zone euro ont pu bénéficier de conditions d'emprunt pour le financement de leurs économies et de leur budget particulièrement favorables. Un beau cadeau de l'Allemagne à tous ces pays, y compris le notre, qui sans l'euro et la puissance industrielle de l'Allemagne n'auraient jamais pu bénéficier de conditions de prêt aussi favorables.Nous parlons ici de quelques milliards d'euros économisés tous les ans par les pays carpes de l'Union Européenne.

Tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle se casse! La crise à fait ressortir les difficultés budgétaires des pays carpes, compliquées parfois de malversations diverses dans les comptes nationaux ou dans la manière de les déclarer. A l'occasion d'un changement de majorité, la Grèce est ainsi apparu comme le mauvais élève de la classe, ayant triché dans ses déclarations et proche du dépot de bilan.Il fallait donc d'urgence trouver des solutions pour la soutenir. Malheureusement, le traité de Maastricht ne permet pas aux pays membres de la zone euro de se venir en aide collectivement les uns, les autres.

La solution normale, comme pour tous les pays du monde en difficultés financières, serait le recours au FMI dont l'Europe est d'ailleurs le principal bailleur de fond .Mais ce serait déchoir d'en passer par là, parait il,(une réticence franco francaise peut être?) d'où l'idée de créer un FME, pendant européen du FMI mondial. Infaisable bien sur dans le temps disponible avant que la Grèce ne s'écroule. Idée suivante, la mise en place de prets bilatéraux entre la Grèce et les pays qui voudraient bien la. secourir. Mais la aussi, pas beaucoup de pays candidats à cette aide, essentiellement par manque d'argent, à l'exception du bon elève. l'Allemagne. Vous avez noté d'ailleurs que la France s'en est tenu à des encouragements verbaux à la Grèce mais n'a jamais parlé d'espèces sonnantes et trébuchantes. Dernier obstacle, celui des peuples qui semblent farouchement opposés à de telles aides. Rappelons quelques reflexions enrégistrées en Allemagne qui est le peuple le plus concerné:" Pourquoi devrais je aider des Grecs qui s'arrètent de travailler à 60 ans alors que, moi, je dois travailler jusqu'à 67?" ou encore le " Les Grecs n'ont qu'à vendre quelques unes de leur iles".

Bref pas vraiment d'émergence d'un sentiment fort de solidarité entre les pays de la zone euro voire de l'Union européenne à 27 pays. Finalement, sous l'impulsion d'Angela Merkel, on va en arriver à un cocktail de mesures, le soutien du FMI finalement( qui d'ailleurs coutera moins cher à la Grèce que des prêts de différents pays de l'Union Européenne), des prêts bilatéraux de la part de pays de l'Union, si on en trouve, et surtout un gros effort de serrage de ceinture des grecs.

Pas très brillant vraiment! D'autant plus que cette absence de solidarité préfigure celle que nous mêmes, Français, risquons de rencontrer quand, à force de déficits récurrents et de dépenses excessives, nous serons à notre tour dans la même situation....