Vous vous demandez parfois à quoi servent les économistes qui officient dans toutes sortes d'organismes de recherches, d'écoles et d'institutions. Ils travaillent, parait il, sur l'optimisation du fonctionnement des marchés et développent des méthodes pour y contribuer. A priori,dans ces périodes de :mondialisation, il n'est pas évident que ce soit très utile mais ce sont les beautés de la recherche fondamentale dont on ne sait jamais si elle ne cache pas une pépite technologique qui sera reconnue par la communauté scientifique et aidera à améliorer le fonctionnement du monde.

Deux de ces chercheurs, Emmanuelle Auriol et Robert Gary-Bobo de respectivement l'Ecole d'Economie de Toulouse et celle de Paris ont eu l'idée d'appliquer ces méthodes à l'étude de nos institutions politiques et à leur optimisation. Vous avez dit Optimisation des institutions politiques? Un gros mot pour ceux qui y participent mais une question fondamentale à se poser effectivement au moment même où nous constatons ( depuis 25ans néanmoins!!!) que le cout de nos institutions est supérieur de 25pct tous les ans à ceux que notre économie nous permet de dépenser dans ce domaine.

Les dits chercheurs ont effectivement étudié dans 111 pays différents de par le monde l'importance de ces institutions, son optimum d'efficacité et les problèmes que posent l'hypertrophie ou le sous développement de ces institiutions.

Ils ont ainsi établi que le nombre optimum de réprésentants du peuple peut se calculer en prenant la population du pays élevé à la Puissance 0.4.Certains pays ont une réprésentation publique en ligne avec ce nombre d'Or comme le Canada, la Suède, l'Allemagne et le Japon. D'autres ont au contraire moins d'élus que cet optimum. C'est le cas des Etats Unis qui n'ont que 535 parlementaires alors que le nombre d'or qui découle de ce modèle est de 807.C'est le cas aussi des Pays Bas de la Nouvelle Zelande et d'Israël.

Les pays latins, sans surprise, ont plutot tendance à être suradministrés. La France entre l'Assemblée Nationale et le Senat(898 sièges toput de même) entretiendrait ainsi 354 élus de trop par rapport à cet optimum. Nul doute que n'importe quel homme politique moyen sera capable de pourfendre un tel calcul scientifque. C'est bien connu la France est toujours un exception ! Car quel est l'inconvenient d'être aussi suradministrée?

C'est que tous ces élus, intelligents et travailleurs au demeurant, se mettent instantanément à générer lois et réglementations diverses, pas toujours cohérentes entre elles ni forcément utiles et qui peuvent être contreproductives pour le développement économique. Autre inconvenient majeur, ils coutent très cher pour une utilité qui décroit très vite avec leur surnombre.Ce surnombre donne également l'occasion aux groupes de pressions représentants telle ou telle profession ou activité de faire prendre en compte de manière inégalitaire les intérets de tel ou tel groupe social. Enfin il ouvre la porte, réelle ou seulement perçue par le peuple, au trafic d'influence, aux pots de vins voire à l'établissement de rentes de situations.

La loi Royer ou la Politique Agricole Commune sont ainsi mentionnées par nos chercheurs comme des exemples de dérives liées à ces surréprésentations. Signalons également dans le même ordre d'idée la surreprésentation de la fonction publique dans nos élus qui est une des causes de l'immobilisme de l'Etat dès qu'il s'agit de diminuer son cout de fonctionnement. Il n'est que d'entendre le silence assourdissants de nos élus dès que vous leur demandez leurs meilleures suggestions pour réduire ce cout de fonctionnement pour en être convaincu.

Réduire le nombre d'élus ne veut pas dire automatiquement "supprimer le Senat" , la réponse bateau, car le Senat est le seul organisme qui répresente certains professions et intérets térritoriaux. Ce serait une réforme plus réflechie et globale qu'il faudrait envisager. J'avais moi même suggéré dans ces colonnes que le Senat se transforme en un organisme de représentation de catégories sociales ou d'intérêts  sous représentés comme les femmes, le secteur privé, les agriculteurs, les immigrés etc.

Je n'ai pas vérifié si cette suggestion faisait partie des 300 propositions de la Commission Attali. Je ne suis pas convaincu non plus que dans un système où les élus tiennent les institutions elle puisse jamais être mise en oeuvre...
Dommage !

Bravo en tous cas à nos deux chercheurs pour cette participation au débat sur l'optimisation des de nos institutions politiques. Encore n'ont ils pas pris en compte l'impact de cette couche émergente et couteuse de notre mille feuilles politico administratif, les régions !