Le don auquel je fais allusion est celui qui a été fait à l'Unesco, l'organisation des Nations Unies en charge de son action dans le domaine de l'Educatioin, des Sciences et de la Culture, par le Président de la Guinée Equatoriale, Théodore Obiang Guema Mbasogo, pour un montant de 3 millions de Dollars par an pour 5 ans pour récompenser la recherche dans le domaine des Sciences de la Vie.C'est le Conseil d'Administration de l'Unesco qui doit selectionner les travaux scientifiques retenus et accorder tous les ans ce prix, qui s'appellera le prix Unesco-Obiang, au lauréat choisi.

Vous qui ne connaissez ni la Guinée Equatoriale, ni le Président Obiang Nguema, vous vous dites peut être que c'est là une bonne initiative de ce Président inconnu. Ayant eu quelques activités professionnelles dans ce pays, je vais essayer d'éclairer votre lanterne.

La Guinée Equatoriale est un petit pays composé d'une île dans le golfe de Guinéee au large de Douala, l'ile de Bioko, capitale Malabo,et d'une partie continentale entre le Cameroun au nord et la Gabon au sud dont la ville principale s'appelle Bata .C'est une ancienne colonie espagnole,- on y parle l'espagnol-, et l'ile de Bioko, comme d'autres iles de la coté ouest de l'Afrique, y a servi de "stockage" d'esclaves avant expédition vers le nouveau monde. Elle dispose de très peu de richesses en déhors de l'exploitaion forestière sur la partie continentale et, de ce fait, était un des pays les plus pauvres et les plus arrièrés d'Afrique. Jusqu'à ce que les pétroliers, après avoir beaucuop cherché dans le golfe du Guinée y fasse des découvertes significatives de pétroles dans ses eaux territoriales. De quoi faire passer ce petit pays du stade de la pauvreté absolu à celui de l'opulence.

Ce qui est reproché à son Président depuis trente ans, c'est de ne pas justement avoir fait bénéficié son peuple de cette manne tombée du ciel. A preuve, disent ses détracteurs, le classement du pays dans les classements internationaux sur les élements sociaux. 77pct des habitants du pays vivent en effet en dessous du seuil de pauvreté, l'espérance de vie y est de 62 ans, le taux de mortalité infantile y est très elevé, l'éducation très peu développée. Elle fait partie des 13 pires nations sur le plan de la corruption et est la 9ème nation la plus répressive d'après les classements de telle ou telle ONG.

Alors qu'elle a des revenus par tête de 30 000 dollars! Où est passé l'argent? Théodore Obiang Nguema l'aurait détourné à titre personnel pour s'enrichir lui et sa famille.

Qu'ai je vu personnellement de toutes ces accusations? Un pays évidemment pas riche mais avec une capitale bien équipée et une ville continentale qui commence à l'être.On ne la distingue pas vraiment en pire de ses voisines Cameroun ou Gabon.De demandes de corruption, j'en ai eu et les ai même décliné. Un sentiment de forces de police ultraprésente? Pas vraiment, un sentiment de sécurité par contre plus grand dans la rue que chez sa voisine Douala au Cameroun.La réputation qu'il ne fait pas bon séjourner dans les géoles du pays.

Le pétrole est il la vache à lait du pays? Sans doute, mais il est impossible de le savoir dans la mesure où le pays n'a pas  de comptes à rendre au FMI comme justement son voisin camerounais qui s'est fait prié plusieurs fois par le FMI de rentrer l'argent du pétrole dans son budget si il voulait qu'on lui maintienne ses aides. Alors oui, vraisemblablement, mais pas très différemment du Cameroun et du Gabon.

Qu'en conclure?Que les comportements et les systèmes politiques sont "pourris" dans la plupart des pays d'Afrique et que l' on ne voit pas très bien pour quelle raison refuser le don de Monsieur Obiang Nguema si on accepte celui d'autres chefs d'état soit disant démocratiquement élus.

Peut être l'Unesco ferait elle mieux d'assurer un financement normal des prix qu'elle entend attribuer à partir de son budget global et des contributions des Etats Membres plutôt que d'accepter de tel ou tel état ou dictateur la création d'un prix portant son nom . Qu'en pensez vous?   

NB L'Unesco a annoncé repousser la nomination du lauréat du prix. Elle doit en discuter encore à sa prochaine réunion d'octobre