Vous savez que les français ne sont pas particulièrement brillant en langues étrangères par rapport aux autres peuples européens. Le résultat de la croyance, qui se perpétue, que notre langue est, ou reste, une langue internationale et de la totale incapacité de l’éducation nationale à s’intéresser au problème depuis 50 ans. Et pour conséquence un handicap de nos compatriotes à faire connaitre leurs idées et réalisations dans le domaine économique scientifique ou académique.

J’en suis d’autant  plus satisfait d’adresser un Grand Bravo au recteur de l’Académie de Montpellier, Christian Philip, pour son objectif de rendre son académie phare dans le domaine des langues étrangères.

Pour cela il prévoit dans une première étape que, dès l’école primaire les élèves puissent apprendre deux langues étrangères. Il prévoit pour cela de se baser sur l’expérience d’enseignants français opérant dans les écoles françaises à l’étranger qui sont confrontés au problème par l’enseignement miroir dans ces écoles, celui d’élèves d’origine non française qui viennent dans ces établissements pour y apprendre notre langue(Si ! Si !, il y en a).

Dans le cas de l’Académie de Montpellier, ce sont quatre directeurs d’écoles primaires et un de collège de New York qui viendront apporter ce savoir faire à leurs collègues montpelliérains. Cinq établissements languedociens ont été sélectionnés pour bénéficier de ces échanges pédagogiques avec les enseignants de New York dès la rentrée 2010 et si bien sur, l’Education Nationale accepte de donner les moyens financiers et humains à cette expérience révolutionnaire.

Il a de bonnes chances de les obtenir du fait que le Ministre de l’éducation actuel, Luc Châtel, a longtemps exercé dans une multinationale et connaît toute l’importance du parler des langues étrangères dans l’économie. Du fait également que Monsieur Philip lui-même a été le représentant du Président de la République pour la Francophonie. Il est d’ailleurs intéressant, au cas où vous ne seriez pas convaincu de l’intérêt du soutien financier et humain de nos gouvernements successifs à la Francophonie,  de noter l’apport que cette expérience en retour de l’enseignement des langues pourrait nous apporter.

A noter que les quatre enseignants New Yorkais impliqués dans cette aventure ont obtenu de ce fait l’année dernière les palmes académiques, une distinction prisée par les enseignants, une première pour des enseignants en poste à l’étranger. Comme quoi l’Education nationales sait parfois récompenser les initiatives pédagogiques originales ( et utiles…).

Au delà du primaire, il faudra poursuivre cet enseignement linguistique au collège. D’où la présence du Directeur de collège de New York dans l’équipe des enseignants qui vont apporter leur savoir faire à l’expérience de l’Académie de Montpellier. Christian Philip, souhaite qu’au collège, on puisse prendre le relais de cet enseignement du primaire par des enseignements de disciplines non linguistiques comme l’histoire et géographie en anglais ou en espagnol, ce qui devrait nécessiter l’acceptation par l’Education nationale de profils très particulier d’enseignants.

Au niveau lycée, l’Académie De Montpellier dispose déjà d’un établissement avec une session internationale américaine qui distille 9 heures d’enseignement par semaine en anglais à partir de la seconde, le lycée Jules Guesde. Nul doute qu’il appréciera l’arrivée future d’élèves connaissant déjà les langues étrangères.

Sur la base de mon expérience personnelle et de l’expérience de tous les pays nordiques, je suis convaincu que l’apprentissage des langues se joue déjà dans le primaire et que c’est la bonne approche que de s’y attaquer à ce stade là si on veut compenser notre désavantage congénital dans ce domaine aux conséquences économiques significatives.

                    

Un « Tout Grand Bravo », comme on dirait dans un autre pays francophone à Monsieur Philip, à son Académie, et à son initiative. Il nous reste à espérer que les moyens lui en soient bien accordés…