Dans un message du 22 décembre sur les leçons à tirer de la Présidence Sarkozy, je mentionnais que la crise devrait susciter des vocations à rejoindre la zone Euro et je citais, à titre d'exemple, l'Islande,la Norvège et la Suisse.

Vous savez sans doute qu'au premier janvier nous allons avoir un 16ème pays qui va rejoindre la zone Euro, la Slovaquie en l'occurrence. Une confirmation que l'Euro qui fète justement ses dix ans a été une grande réussite et est devenu la seocnde monnaie de réserve et d'échange du monde après le dollar.Un avantage dans les moments de crise comme actuellement mais qui n'avait pas suffi jusqu'à présent à convaincre les pays non Euros de nous rejoindre. Il est vrai que la statistique de la croissance annuelle en zone euro sur la période 99/07 est inférieure de plus de 50pct à celle observée dans les pays de L'Union Européenne qui ont conservés leur monnaie(2.19pct en zone euro contre 4.67pct). Un sacré repoussoir!

Le pays traditionnellement le plus attaché à sa monnaie est bien sur l'Angleterre dont la livre constituait, avant l'avènement de l'Euro, la seconde monnaie de reserve du monde. Un fort euroscepticisme chez nos amis britanniques plus un modèle de société basé sur les Services financiers et beaucoup plus proche de celui des Etats Unis que de l'Europe continentale et industrielle, l'avait tenu à l'écart de la zone euro. Or les mêmes causes ayant les mêmes conséquences, la livre est dans la tourmente et approche, fait extraordinaire, la parité avec l'Euro. Une parité qu'elle ne devrait pas tarder à atteindre, une occasion extraordinaire de possibilité d'adhésion à l'Euro pour la Grande Bretagne

L''Euro monte en effet en même temps que le dollar baisse du fait que les différentiels de taux existants entre celui de la Banque Centrale Européenne de Monsieur Trichet, 2.5pct, et celui de la Fed proche de 0pct, fait mécaniquement revenir vers la Zone Euro les capitaux baladeurs.Décision cruciale à prendre donc pour Monsieur Brown entre fixer sa politique monétaire sur celle de l'Euro et de la BCE ou au contraire suivre la politique de leur concurrent commercial dans les services financiers, Wall Street, et se rapprocher du taux de la FED.

Claude Trichet a déjà déclaré publiquement que la "Grande Bretagne était la bienvenue" en Zone Euro et Manuel Barroso à également souligné que le rapprochement de la parité Euro/Livre était une bonne occasion de franchir le pas pour la Grande Bretagne. Même les journaux britanniques eurosceptiques comme le Daily Télégraph,reportent que "les gens qui comptent en Grande Bretagne pensent que le pays devrait rejoindre la Zone Euro".

C'est dire que le problème est bien sur la table et qu'effectivement la Grande Bretagne est bien à une tournée du chemin et de son histoire. Cela suffira t il à faire basculer l'opinion publique vers l'Euro? Je n'en suis pas convaincu car il n'y a eu aucune préparation psychologique des populations de la part de leur personnel politique à un tel virement de bord qui serait effectivement d'un impact considérable.Imaginez si vous appreniez demain que la Grande Bretagne passe à l'euro. Quel tsunami médiatique!

A suivre de près.