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CaDerange
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16 octobre 2007

Centre d'Analyse Stratégique: Les engagements de Kyoto ne sont pas tenables

Le Centre d'Analyse Stratégique, vous ne connaissez peut être pas. Il s'agit de la nouvelle dénomination de ce qu'on appellait le Commissariat au Plan que Dominique de Villepin, jugeant sans doute cette dénomination trop soviétisante et passéiste, avait rebaptisé en C.A.S en en changeant quelque peu les attributions et surtout le Directeur. Ce C.A.S est donc chargé d'effectuer toute sortes d'études stratégiques pour éclairer le Premier Ministre et le chef de l'Etat en principe avant prise de decision.

En l'occurence il vient de publier un rapport sur la faisabilité de diminuer nos émissions de CO2 d'un facteur 4 d'içi 2050 tel qu'il est préconisé dans la loi "Energie" du 13 juillet 2005. Sachant que le CO2 n'est pas un polluant en soi, mais la production inévitable de toute combustion, que ce soit le feu de bois, le moteur thermique ou le réacteur d'avion,il m'avait personnellement paru tout à fait irréaliste de pouvoir diminuer de 75pct nos émissions dans un tel laps de temps, sauf à accepter que les activités de production industrielle ne soient délocalisées à l'extérieur du territoire, là où les contraintes écologiques ne sont plus prises en compte, et que les français ne diminuent sèvèrement leurs confort de vie.

Pour donner un exemple concret, la consommation d'une voiture moyenne est passée en cinquante ans de 10 l/100km d'essence à 7l/100km de gazole grace  des avancées technlogiques tout à fait considérables. L'objectif de diminuer par quatre nos émissions revient à penser que l'on pourra sur les prochaines quarantes années d'içi 2050, réduire cette consommation de 7l/100km à 1.75l/100km.! De mon passé d'ingénieur, je dis que cela n'est pas sérieux. La technique avance mais pas à un tel rythme et si on veut véritablement baisser aussi dramatiquement nos émssions, il faudra en passer par des limitations tout à fait dramatique de notre liberté de circulation, de nos conditions de chauffage et de conditionnement, à  la diminution considérable voire l'arret de l'utilisation des  transports aériens et à la fermeture des usines.Toutes choses dont je doute, sur la base actuelle de méconnaissance de l'ampleur du probleme par le grand public, qu'elles soient socialement acceptables. Elles sont malheureusement inévitables à terme, peut être pas en 2050 mais sans nul doute en 2100.   

Les 80 experts scientifiques réunis sous la présidence de l'ancien Président de la Commission de Régulation de l'Energie et de l'Ademe, Jean Syrota, viennent de dire à peu près la même chose dans leur rapport récent en affirmant leur incrédulité devant le possibilité de diviser par quatre nos émissions. Pour eux, avec la meilleure volonté du monde, nous pourrons au mieux diviser ces émissions par 2.1 à 2.4 d'içi 2050. Pour reprendre mon exemple concret ci dessus cela veut dire réussir à diminuer la consommation de notre voiture moyenne à 3l/100km. Si la technique moteur ne suit pas jusqu'à ce niveau, il sera toujours possible de manière autoritaire ou par la barrière de l'argent de diminuer notre kilométrage annuel par deux de 15000 à 7500km ou de repasser massivement à la Fiat 500 des années cinquante.

Tout ceci pendant que le parc automobile chinois,indiens ou russe sera dans le même temps multiplié par cinquante....

Parmi les bonnes remarques de ce rapport figure l'assertion que la Fance ne devrait pas être tenue aux même efforts que ses voisins allemands et britannique du fait de notre acquis dans ce domaine liè à notre mix de production électrique issu du Nucléaire. Et que les objectifs d'émission devraient être pris par habitant et non pas globalement par pays. "Pourquoi, dit il, le citoyen français devrait il faire un effort financier et économique double que celui du citoyen allemand ou britannique". Quel dommage que nos têtes pensantes n'y aient pas pensé plus tôt, au moment des négociations de Kyoto ou des discussions européennes...

Enfin dans les techniques mises en avant pour diminuer ces émissions, le C.A.S recommande d'abandonner les biocarburants actuels en concurrence avec de surfaces arables à but alimentaire pour se concentrer sur les biocarburants de seconde génération et sur l'amélioration de l'habitat ancien  et dans le réacteur nucléaire de génération 4,plutôt que sur l'éolien ou le photovoltaique. On sait en effet que les subventions généreusement accordées aux industriels de l'éolien auraient un effet incomparablement plus important à coût égal sur l'amelioration de l'habitat. Mais bien sur c'est moins médiatique.

Tout ceci va aller a contrario des premières orientations du Grenelle de l'environnement dont les participants ont sans doute une teinture scientifiques moins affirmée que ceux de cette étude. Ils n'ont d'ailleurs pas tardé à monter au creneau en qualifiant l'étude de " manque d'ambition". Idéologie quand tu nous tiens !!

Vous aurez noté, curieusement le peu d'impact médiatique fait à ce rapport.

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CaDerange
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