Poutine nous confisque le gaz turkmène !
La lutte géostratégique pour le pétrole et le gaz se poursuit tout autour du globe. J'avais eu l'occasion de vous faire part de la "victoire" des Etats Unis et des occidentaux en général pour amener le pétrole de la Caspienne en Méditerranée par la construction d'un oléoduc dit BTC( Bakou,Tbilissi, Ceyhan) qui évite soigneusement de passer en territoire russe, au grand dam de Vladimir Poutine.
Celui çi,comme vous le savez continue à faire le ménage dans les actifs et les réserves russes de pétrole et de gaz en les replaçant, par des méthodes que l'on peut qualifier de douteuses, sous la coupe de Gazprom et Rosneft, ses deux bras armés respectivement dans le gaz et le brut.
La situation est plus particulièrement critique pour l'approvisionnement de l'Europe en Gaz pour lequel elle depend à 70 pct du gaz Russe avec les aléas que cela comporte comme l'ont montré les deux hivers précédents et les épreuves de force entre Russie, Ukraine et Biélorussie. Les différents commerciaux dans le monde occidental se réglent parfois durement mais sans jamais utiliser l'argument de la coupure d'approvisionnement pour la bonne raison que tout le monde y perd. La rupture d'approvisonnement est par contre une arme que Vladimir Poutine ne s'interdit pas d'utiliser comme il l'a fait en Ukraine et Bielorussie, et ce, même si cela interrompt l'approvisionnement de pays éloignés sans différents avec la Russie comme cela a été le cas avec l'Allemagne et l'ltalie!
C'est dire, s'il est urgent pour l'Europe de diversifier ses sources d'approvionnement en Gaz. Malheureusement, on n'en prend pas le chemin. Poutine a su faire ami ami avec l'Algérie,autre gros fournisseur de l'Europe et de la France en particulier, et ne désespère pas de mettre sur pied l'Opep du gaz qui lui tient tant à coeur pour maîtriser ainsi volumes et prix. Tentative repoussée pour l'instant grace aux pays du golfe persique et sans doute à leurs bons contacts avec la diplomatie américaine, mais ce n'est que partie remise.
Autre source de gaz intéressante pour l'Europe, le Kazakstan et le Turkménistan, deux pays peu connus au nord de l'Iran et de l'Afghanistan, limitrophes également entre eux et bordant la Mer Caspienne et très riches en pétrole et gaz( Kazakstan) ou gaz(Turkménistan). Ce dernier approvisionne d'ailleurs en gaz l'Iran.vers le sud avec lequel il partage des populations perses ou persanophone.
Les Etats Unis et l'Europe avaient pensé refaire pour le gaz, le coup du BTC en proposant aux Kazaks et aux Turkmènes de construire un gazoduc dit Transcaspien, entre leurs gisements de gaz et l'Europe via le gazoduc existant de la Turquie à l'Autriche appellé Nabucco et en évitant le territoire Russe.L'Europe avait même proposé de prendre en charges les études de ce gazoduc.
Peine perdu, lors de sa visite de 6 jours récentes dans ces deux pays, Poutine a bouclé le dossier et a obtenu l'accord des Présidents Kazaks et Turkmène pour construire un nouveau Gazoduc qui longe les cotes de la Caspienne et permette de remonter vers le Nord( cf la Russie) la production Turkmène et Kazak et d'accroitre la capacité du gazoduc actuel. Il a obtenu également qu'ils accroissent largement leurs livraisons au grand frère Russe de 12 milliarsd de m3 en 2012 jusqu'à 90 en 2028!!! Autant dire que Poutine a confisqué sans coup férir la totalité des capacités de production présentes et à venir de ces deux pays .La Russie deviendra de ce fait le seul fournisseur possible des pays de l'Est Européen, la facade atlantique de l'Europe, dont la France étant plus favorisée de part la possibilté d'importer du GNL(Gaz naturel Liquéfié).Quand on sait comment Poutine utilise son monopole vis à vis des anciennes républiques sociétiques on ne peut qu'être très inquiet sur cette dépendance.
Cerise sur le gateau,le président du Kazakstan s'est également engagé à exporter la totalité de son pétrole cetet fois via la Russie. Le pipeline BTC courcircuité en quelque sorte...
Une grande victoire pour Poutine mais une sévère défaite pour l'Europe dont curieusement nos médias ne vous ont pas ou peu parlé alors que c'est d'un impact à terme sur la vie de tous les jours des européens sans commune mesure avec le vote ou l'absence de vote de Cecilia Sarkozy!
Monsieur Poutine ne doit pas nous aimer...