Nucléaire à 50 pct: la vision de la distribution
Pendant que les experts commencent à plancher sur les différents scenarii de la partie production de l'électricité pour 2050, comme je vous l'annonçais dans un message du 18 septembre, leurs homologues de la distribution haute tension, RTE, sortaient, eux, leur rapport bisannuel sur l'adaptation nécessaire des réseaux sur la base de leurs propres hypothèses, soit une réduction du nucléaire à 50pct dès 2030 et un équilibre de la demande et de l'offre sur les réseaux garanti seulement jusqu'à l'horizon 2015/2016.
Pourquoi des hypothèses aussi differentes et lesquelles sont vraiment à prendre en compte? Parce que, dans les années à venir jusqu'en 2030, RTE est en effet parti du principe qu'une seule tranche sur deux des centrales qui approchent les quarante ans d'age serait reconduite et prolongée et l'autre arretée.Si vous calculez, ça équivaut à voir la part du nucléaire diminuer déjà aux environs des 50 pct en 2030 avec seulement 40GW de capacité nucléaire de production restantes contre 65 actuellement. L'hypothèse du scenario 50pct étudié par le groupe Energie 2050 mais avancée de 20 ans !!
C'est dire l'enjeu de l'extension à 40 ans de vie des tranches nucléaires dont Madame NKM, dans le cas de Fessenheim, semble considérer qu'elle n'est pas acquise. Dans le cas de figure du rapport RTE, c'est à dire les 50pct de nucléaire dès 2030,ce sont 40 GW de production éolienne et 25GW de capacité photovoltaïque additionnels qu'il faudrait construire d'içi là du fait de la contribution intermittente de ces énergies. Or le grand plan éolien offshore du gouvernement sur la facade atlantique ne porte que sur 6 GW et avec une technique, celles des éoliennes flottantes, qui est loin d'être maîtrisée.Comment allons nous y arriver? Mystère en dehors de l'extension de vie automatique à 40 ans de toutes les tranches nucléaires en fin de vie.
Ce sont également 10GW de capacité supplémentaires qu'il faudra construire pour répondre aux pointes de consommation ou aux périodes d'effacement.Enfin il faudra accentuer l'effort de maîtrise des consommations à grand renfort de subventions à l'habitat ancien pour y arriver.l
Dernier point il va falloir augmenter considérablement les interconnections avec les pays voisins si on veut, collectivement, répondre à l'intermittence des énergies renouvelables. RTE a calculé qu'il lui faudrait doubler les capacités d'interconnection avec nos voisins pour faire "respirer les réseaux", comme ils disent. Passer de 14 000 MW à 28 000MW alors que sur les 20 dernières années nous n'avons pas été capable d'en créer plus de 5000MW, qu'il a fallu 20 ans pour réaliser l'interconnection avec l'Espagne, que nous n'avons pas réussi à doubler la ligne vers le Sud Est et que c'est l'acceptabilité par les populations des lignes haute tension qui en est l'élément critique.
L'abandon progressif du nucléaire en Allemagne va surcharger en plus le réseau allemand de transferts du Nord vers le Sud et le rendre moins disponible pour des transferts Europe du Nord/Europe du Sud qui devront passer l'hiver prochain par les réseaux suisses et français.
Rajoutez encore là dessus que 8GW de capacité de production au charbon ou au fioul devront avoir disparu d'içi 2016 et vous verrez que la capacité résultant du raccordement au réseau de Flamanville sera déjà consommée dès 2016 et qu'il nous manquera près de 3GW de capacité dès 2016.
Quand on lit le rapport de RTE on ne peut qu'être inquiets sur l'ampleur des challenges, les masses d'argent et de ressources physiques et matérielles à mobiliser pour arriver à seulement suivre les besoins. C'est simple il semble impossible de satisfaire tous les besoins sans obtenir l'extension de toutes les tranches nucléaires en fin de vie.Quant à une réduction supplémentaire à 25 pct seulement de nucléaire que les promesses électorales ne manqueront pas de faire apparaitre; c'est définitivement impossible d'après RTE sauf à multiplier par dix encore nos capacités d'interconnections et de trouver en Europe des producteurs additionnel capable de fournir nos 25pct de besoins additionnels
En tous cas, voilà des gens, ceux de RTE, qui me semblent connaître parfaitement et de manière pratique les enjeux de l'avenir de la production électrique et de sa distribution. Les membres de Energie 2050 ou du groupe Socialiste/Verts sur ces sujets seraient bien inspirés d'en discuter avec eux, voire de les faire participer à leurs débats, plutot que de discuter entre "profs de fac" et consultants internationaux idéologues?
Energie 2050: C'est parti!
J'avais été surpris d'apprendre en juillet que le gouvernement et son ministre de l'Energie, Eric Besson, avait l'intention de lancer des études pour étudier l'impact et la faisabilité de la réduction de l'énergie nucléaire dans notre production d'électricité.Nous sommes en effet les champions du monde de la part de nucléaire dans notre production avec 75 pct d'électricité d'origine nucléaire. Etait ce l'accident de Fukushima, la sortie du nucléaire allemande, la hausse de la demande dans les années à venir à adresser ou de l'opportunisme politique qui avait provoqué cette décision surprenante, peu importe. A mon sens c'était une bonne idée de s'en préoccuper.
Voila donc la commission constituée. Elle s'appelera Energie 2050 et sera coprésidée par J Percebois,directeur du Centre de Recherche en Economie et Droit de l'Energie de Montpellier et Claude Mandil ex directeur de l'Agence Internationale de l'Energie. Elle comportera un douzaine d'experts choisis par le Ministre dont JC Jancovici, expert connu et membre de l'équipe de Nicolas Hulot lors de la précédente campagne présidentielle.Elle vient d'être installée par le Ministre la semaine dernière.
Plusieurs scenarii seront étudiés, celui, de base, qui vise à doubler la part actuelle des énergies renouvelables dans notre parc de production et donc mecaniquement de diminuer d'autant celle du nucléaire à 65 pct environ.
Celui de réduction de la part du nucléaire d'içi 2050 à 50pct et celui de la sortie totale toujours au même horizon.
L'équipe prévue travailler sur ces simulations doit en étudier les conséquences du point de vue de leur faisabilité par rapport à l'évolution de la demande, de ses conséquences sur le prix de l'électricité , sur les émissions de CO2 et sur notre indépendance énergétique qui est un des points forts du nucléaire.
Rendu des copies pour fin décembre sans doute juste à temps pour les débats sur le sujet qui ne manqueront pas d'égayer la campagne présidentielle
Coté opposition, même préoccupation et mise en place d'un groupe de travail en commun avec les Verts avec la participation également de différents experts internationaux. Nul doute que les conclusions des deux équipes ne seront pas necessairement les mêmes tellement les idéologies ont tendance à dicter (d'avance?) les conclusions dans ce domaine.
Au moins verront nous émerger des élements d'information bien documentés et chiffrés ppru nous faitre notre propre idée. Bon courage en tous cas à tous les participants et à fin décembre pour les premières conclusions
Arctique: ExxonMobil double BP !
Pour redorer son blason après la catastrophe du golfe du Mexique et du gisement Macondo, BP et son nouveau Président Georges Dudley, bon connaisseur de la Russie comme ex Président de TNK et dont il s'est déjà fait expulsé, a essayé de traiter avec le pétrolier russe Rosneft pour se placer dans l'exploration d'une zone très prometteuse, l'Ocean Arctique.
Pas de chance pour lui,BP avait accordé à sa filiale russe, TNK, constituée avec un quarteron d'oligarques bien en place dans le pays, l'exclusivité de la représentation des intérêts de BP dans l'industrie pétrolière en Russie. L'accord direct entre BP et Rosneft contrevenait de toute évidence à cette clause juridique liant BP, TNK et les autres actionnaires de TNK à 50pct,La justice internationale, saisie, confirmera bien la validité de la clause.
Bp et Robert Dudley essayèrent bien de racheter la clause pour un prix exhorbitant mais en vain. Sur ce Rosneft, dont le PDG et vice premier ministre Igor Setchin fit également les frais de cette sombre querelle, annonca qu'il entamait des discussions avec d'autres pétroliers internationaux pour explorer les mêmes blocs de la Mer de Kara qui sont censés "valoir" 60 millions de barils de réserves.
Résultat des courses le 31 août,à Sotchi sur les bords de la Mer Noire et en présence de Vladimir Poutine, Rosneft annonce la conclusion d'un partenariat stratégique avec ExxonMobil pour explorer l'Arctique dont le climat et les conditions d'exploitation exigent une expertise technique que ne possède pas le pétrolier russe issu des décombres de Ioukos.
Les cables supraconducteurs clé du transport de l'électricité
Dans mon article du 10 septembre sur les projets d'équipement des deserts des pays du sud de la Méditerranée pour y produire d'énormes quantités d'électricité à destination des pays consommateurs du nord de l'Europe, la difficulté reste l'acheminement de cette électricité à des distances considérables( 3500km entre le sud du Maroc et le nord de l'Allemagne) sans perte d'energie rédhibitoire.
Car le courant électrique transporté dans un fil metallique y suscite un fort échauffement par le phénomène dit de l'Effet Joule qui est proportionnel à la résistance du matériau du fil ( le cuivre offre la plus faible résistance) et au carré de l'intensité électrique transportée. Toutes nos lignes électriques, aériennes ou enterrées, à plus ou moins haute ou basse tension, dissipent ainsi de l'énergie dans la nature qui est donc gaspillée, en plus de participer au réchauffemenrt climatique. Des progrès ont déjà été fait dans le cadre des études du projet Desertec pour transporter le courant à très longue distance avec le minimum de pertes. La solution opérationnellement la meilleure pour l'instant consisterait à transporter ce courant non pas sous la forme de courant alternatif Haute tension mais sous forme de courant continu à haute tension, les CCHT ou HVDC.
La solution théorique la plus adaptée néanmoins pour éliminer de telles pertes, consisterait à utiliser un phénomène découvert au début du siècle, la supraconductivité, qui montre que certains alliages ou mélanges de métaux, dans certaines conditions très particulières, peuvent laisser passer le courant en deçà d'une certaine température, très basse, sans aucune perte d'énergie! Malheureusement, la température à partir de laquelle cet état supraconducteur est atteint est extrèmement basse entre - 170 et -273 degré, le zero absolu
Les physiciens et les chimistes, depuis la découverte de ce phénomène en 1911 par le hollandais Onnes qui y a gagné un prix Nobel, ont beaucoup travaillé sur ce phénomène pour en comprendre le mécanisme théorique et développer les alliages les plus performants, c'est à dire supraconducteurs à la plus haute température possible et si possible
la température ambiante. Nous en sommes encore loin mais nous avons quand même pu trouver des alliages supraconducteurs à -140 degrés au lieu des - 270 du début de ces recherches.Une température beaucoup plus accessible avec de l'azote liquide qui est un produit industriel couramment accessible.
Dans un message du 1er Juillet 2008, je vous avais signalé la construction d'une unité de démonstration à Long Island aux Etats Unis dans laquelle deux sociétés françaises avait prise une place prééminente, Nexans et Air liquide. Air liquide pour fournir l'azote liquide en continu et Nexans, fabricant de cables en tout genre et spécialiste des cables supraconducteurs. Ces cables sont très sophistiqués comme vous voyez ci joint car ils doivent permettre le passage du courant dans les deux sens et du liquide cryogène.
L'unité de Long Island financée par le département de l'énergie américain transporte sur 600 m de long 2400 ampères sous une tension de 138 000 volt dans un milieu très urbanisé qui alimente 300 000 foyers.Il aurait fallu une ligne aérienne à 345 000 volt pour transporter la même quantité de courant.
Dernières nouvelles dans les évolutions de cette technique: a/ Nexans a mis au point également un cable supraconducteur pour transporter du courant continu sosu 200Kv , donc moins sujet aux pertes
b/ Un quatrième cable avec un matériau supraconducteur à l'Yttrium, nettement moins couteux à fabriquer devrait venir s'ajouter aux trois déjà utilisés à Long Island
c/ Le Projet de la plateforme Très Amigas(Trois amies) d'interconnection des trois réseaux électriques des Etats Unis,Eastern Interconnection, Western Interconnection et Texas Interconnection, devrait être réalisé à Clovis au nouveau Mexique en utilisant de la supraconductivité en courant continu.Les trois réseaux devraient être connectés entre eux par un échangeur triangulaire de 9.6 km de longueur totale qui assurerait la répartition automatique et la conversion courant continu/courant alternatif de l'électricité disponibles sur les 3 réseaux et des demandes respectives à tout instant dans ces réseaux.
La demande en électricité va devenir de plus en plus importante au fur et à mesure de la conversion de pétrole à l'electricité et de plus en plus difficile à satisfaire du fait de l'urbanisation croissante en permanence. La supraconductivité est sans nul doute une solution mais necessitera encore de franchir une étape technologique.
A suivre donc
Le pourtour de la Méditérranée usine à électricité de l'Union Européenne
Les besoins en énergie électrique des pays riverains de la Méditerranée sont prévus augmenter sensiblement d'içi 2025 en particulier dans les pays du Sud et de l'Est de notre mer commune qui sont prévus croitre au rythme de 7pct l'an. Rajoutez y ceux des pays de l'Union Européenne au nord et ceux des 9 millions de personnes au Sud et à l'Est qui n'y ont pas encore accès et vous verrez qu'il est temps de se péoccuper du problème.
Or il est connu que l'énergie solaire reçue tous les ans par les déserts suffirait largement à alimenter la planète en électricité.Chaque km2 de désert reçoit en effet annuellement une énergie solaire équivalente à 1,5 million de barils de pétrole.Comme nous en avons 40 millions de km2, il suffirait de couvrir 0,3pct de leur surface pour assurer nos besoins
Dans le cadre de l'Union Pour la Méditerrannée, UPM, il a été prévu un Plan Solaire méditerranéen pour mettre en place 20 GW de nouvelles facilités de production dans les pays du Sud et de l'Est dont 15 sont prévues être consommés localement et 5 exportés vers l'Union Européenne.
La carte ci contre montre les lieux d'installation des facilités de production de ce plan Solaire Méditerranéen et les lignes à construire sous la Méditerranée pour rapatrier l'électricité vers le nord dans un réseau totalement interconnecté
Il existe par ailleurs un autre projet indépendant et encore plus monumental pour exploiter l'énergie solaire des déserts qui s'appelle Desertec .La genèse de ce projet remonte au Cub de Rome et à la branche allemande de ce club qui a lancé la "Desertec Industrial Initiative" avec le soutien du Ministère de l'environnement allemand et du Deurtsche zentrum fur luft und Raumfahrt (DLR) qui en a assuré les études techniques.
On parle içi,de 100 MW de capacité de productions installées en 25 ans dont les premiers sont prévus au Maroc et en Tunisie.Différence avec le Plan Solaire méditérranéen, la technique utilisée consistera en des centrales thermiques à concentrateur de lumière et turbine classique au lieu de panneaux photovoltaïques.
Reste à transporter cette électricité vers les pays qui en auront besoin sur des distances maximales(nord de l'Allemagne) de 3500 km. C'est la société Medgrid, allemande mais présidée par un français qui en est chargée et doit construire un réseau interconnecté entre les pays du Sud et du Nord de la Méditerranée qui passera sous la Mer.Il en coutera 5 à 6 milliards d'euros et 22 sociétés partenaires font d'ores et déjà parti de Medgrid.
C'est donc bien parti et chacun s'active dans chacun de ces projets pour les faire progresser. D'içi 25 ans donc ce seront les pays du sud et de l'est de la méditerranée qui assureront la production d'électricité pour notre continent. Nous souhaitons Bonne Chance à tous les participants.
Energies renouvelables: la domestication des forces marines....
Même si nous ne les avons pas encore totalement apprivoisées, nous savons désormais bien profiter du vent et du soleil. Il est par contre une énergie que nous maîtrisons moins bien, celle des vagues, de la houle et des courants marins, plus globalement celle de la mer.J'ai eu l'occasion dans ce blog de faire le point de temps en temps sur l'évolution de ces techniques dont une dernière fois dans un article du 28 juillet 2008 que je vous invite à relire si vous êtes intéressés par ce sujet.
Nous étions un temps en France des précurseurs dans l'exploitation de l'énergie des marées avec l'usine marémotrice de la Rance qui exploitait une des hauteurs de marées les plus fortes du monde, encore renforcée par l'étroitesse de l'embouchure de cette rivière.L'usine est toujours exploitée mais l'expérience n'a pas été renouvelées du fait de différents inconvénients répértoriés sur ce site, l'abrasivité du sable très couteuse pour les aubes de turbines et l'impact écologique sur la faune en amont de l'installation.
De nos jours les grands experts en domestication des forces marines sont les américains et les britanniques du fait d'une mer tout au nord de l'Ecosse particulièrement agitée, de la disponibilité d'une structure d'essais en vrai grandeur, the European Marine Energy Center, EMEC, de nombre de sociétés qui se sont lancées dans le développement de tels systèmes comme Pelamis, Ocean Power ou OpenHydro et de l'intérêt traditionnel des autorités britanniques pour tout ce qui concerne la mer.
En ce qui concerne la domestication de la houle, l'aventure de Pelamis et de ses "serpents" flottants continue.A l'étude pour la ferme à vague d'Aguçadoura au large de la cote portugaise au nord du pays, une expansion jusqu'à 20GW en plusieurs phases en passant aux machines Pelamis 2 en cours d'essai au iles Orkney.
Deux autres projets de fermes nouvelles sont en cours, celui de Bermera et celui de Farr avec des capacités de production de 10 à 20MW en plusieurs phases d'installation.L'important c'est l'intérêt d'acteurs majeurs pour
ces machines Pelamis comme les compagnies allemandes E.ON et Vattenfall et la Scottish Power Renewable.
Deux machines commes celle çi sont en essai à l'Emec l'un pour E.ON et l'autre pour la Scottish Power Renewable. Au terme de ces essais et s'ils sont concluants, ce matériel devrait être celui utilisé pour l'expansion d'Aguçadoura et ceux des deux champs ci dessus.Scottish Power a un plan d'installation de 66 de ces machines
Un autre projet est en cours avec Aegir, une joint venture avec Vattenfall pour une ferme expérimentale aux Iles Shetland pour 10MW de capacité et 14 machines.
Autre technique avec les installations de bouées autonome de production d'énergie de 150 KW de capacité avec la technique d'Ocean Power. Installé dans le cadre d'un programme de la marine américaine baptisé Leap dans un premier temps à la base de Marines de Hawai, une seconde bouée du type PB150 ci contre à été installé en août 2011 au large du New Jersey. Elle a eu l'occasion de subir les assauts de l'ouragan Irene et de résister à ses vagues de 15 m de haut sans interruption de son fonctionnement et de sa production d'électricité
La Marine américaine a un engagement de produire au moins 50pct de son électricité sur ses bases à partir d'energies renouvelables
Un autre projet visant à installer plusieurs bouées de ce type au large de la cote cantabrique en Esqagne est en cours avec Iberdrola, l'énergéticien espagnol le plus impliqué dans les énergies renouvelables.
Autre technique enfin, celle des Hydroliennes, ces unités de génération d'électricité à partir des courants sous marins. Plusieurs concepts de générateurs s'affrontent développés par différentes sociétés dans le monde dont OpenHydro qui est la société irlandaise choisie par EDF pour son premier et important projet de production d'électricité hydrolienne.La photo ci contre vous donne une idée de à quoi ressemble une hydrolienne.
C'est une gigantesque turbine de ce type 16 mètres de diamétre et pesant 700 tonnes qui va être immergée au large de l'Ile Bréhat, le site choisi dans les Côtes d'Armor pour la force de ses courants sous marins, par 35 m de fond.L'héritière en quelque sorte de celles de l'usine marémotrice de la Rance.
Elle a été monté à Brest par la DCNS, les chantiers de construction navale nationaux, qui a pris une participation dans OpenHydro, et est la première de quatre machines de ce type qui seront installées entre Paimpol et Bréhat.
Dans un premier temps il s'agit d'essayer la turbine pour définir ses conditions de fonctionnement en fonction de la vitesse des courants,son rendement et ses 'petits defauts' à améliorer pour les modèles suivants. elle est prévue avoir une puissance de 500W et pouvoir à terme produire de l'electricité à un cout comparable à celui des éoliennes de haute mer.
A plus long terme, et sous réserve que les inconvénients rencontrés à la Rance, corrosion et usure rapide des pales, soient surmontées, l'ambition est de créer éventuellement une filière énergétique sous marine.
Comme traditionnellement en France, où sévit plus particulièrement le complexe NYMBY, Not in my Backyard, Pas dans mon jardin, il a fallu négocier avec les pêcheurs et les associations de défense de l'environnement. C'est parti en tous cas et nous souhaitons en tous cas toute réussite à ce projet unique au monde qui nous rappelle le temps où nos sociétés faisaient feu de tous bois pour demontrer au monde la technicité française, même si, parfois, ce fut avec des fortunes diverses(cf Concorde).
Un grand Bravo à EDF Energie Nouvelles et la DCNS pour cette première mondiale.
A suivre
Le Nordstream arrive...
Le Nordstream, c'est le gazoduc russo-allemand qui est prévu alimenter les pays d'europe du nord et l'Allemagne en particulier, en gaz en provenance de Russie à partir de la ville de Wyborg tout près de St Petersbourg et en arrivant au nord de l'Allemagne à Greifswald.
La spécificité de ce gazoduc c'est qu'il est marin et non pas terrestre, en étant posé au fond de la mer Baltique. Un choix sans doute couteux en frais d'installation par rapport à une implantation terrestre classique mais qui évite la dépendance aux problèmes géopolitiques récurrents qui s'étaient posés à l'époque de ce choix pour les différents pipelines et gazoduc terrestres existants entre Russie, Bielorussie, Ukraine et Pologne. Le passage par la Baltique evitera par contre de payer des droits de passages à chaque pays traversé ce qui a rendu furieux Polonais et Baltes qui ont vu s'échapper ainsi une manne attendue
Le passage par la Baltique complique considérablement la tache d'un point du vue écologique mais aussi sécuritaire du fait des mines et munitions datant de la seconde guerre mondiale qui gisent depuis au fond de la mer.
Le consortium qui procède à ce projet est mené par le producteur russe Gazprom à 51 pct, les compagnies allemandes E.ON et Wintershall à 15.5 pct chacune, le hollandais Gasunie à 9pct et le français GDF Suez pour les 9 pct restant. Autre spécificité de ce projet c'est l'ex chancelier allemand Gerhard Schröder qui est le président du comité des actionnaires ce qui avait suscité quelques vagues lors de sa nomination.
Le projet porte sur l'installation de deux tubes parallèles en acier
recouvert de ciment de 1,2 m de diamétre sur 1224 km qui est prévu acheminer 55 milliards de M3 de gaz naturel en provenance de Sibérie par an soit 30pct de l'augmentation prévué de la consommation de gaz européenne d'içi 2030.Ou encore l'équivalent de la consommation française de gaz.Ca veut dire souder 200 000 tubes standard de 12 mêtres de long et 24 tonnes chacun et les poser au fond de la mer soit jusqu'à une profondeur maximale de 210m.
L'engin qui effectue cette pose, ci contre appartient à la Saipem, le filiale ingénieurie et services du pétrolier italien ENI. C'est une véritable usine flottante équipée de deux énormes grues qui chargent les tubes, pars l'avant, les soudent entre eux et les déposent par l'arrière en continue, à raison d'un tube toutes les 10 minutes.Le tube lui même est posé sur des supports édifiés préalablement sur les fonds marins
Il faut pas moins de 3 bateaux pour approvisionner la barge qui avance au rythme de 2 à 4 km par jour.Et trois cents personnes y sont hébérgées et y travaillent en permanenence.Pour l'instant le premier tube est posée et 250km du second ont déjà été posé. En principe, les premiers M3 de gaz seront mis à disposition des clients fin 2011.
Un Grand Bravo à tous ceux qui participent à cette aventure technique et humaine
L'usine de liquéfaction de gaz flottante arrive!
Je vous avais signalé dans une "Brèves de blog" du 7 janvier 2011 l'approbation par les autorités australiennes d'un projet de construction d'une usine de liquéfaction de gaz de pétrole flottante.Le point faible du gaz comme vecteur énérgétique réside en effet dans le fait que ce soit un gaz c'est à dire d'un produit difficilement transportable.Les gaz occupant infiniment plus d'espace que les liquides, il faut en effet le liquéfier si on veut pouvoir le transporter dans des bateaux dont la taille et le coût ne soient pas trop monstrueux.
La technique utilisée traditionnellement consiste à construire sur la terre ferme de gigantesque usines de liquéfaction à partir desquellles on charge en gaz liquéfié des méthaniers à destination des multiples clients dans le monde. Mais étant donné le coût de telles usines, elles ne peuvent être construites seulement que tout près de mégagisements de gaz, comme au Qatar, premièr producteur de gaz au monde.
L'idée de l'usine de liquéfaction flottante offre l'avantage d'exploiter des gisements offshore jusqu'à 200km des côtes et de taille moyenne à grande, sans avoir à batir tout un réseau de gazoducs sous marins et en pouvant deplacer la dite usine, çi le besoin s'en fait sentir, d'un gisement à un autre lorsque le gisement s'épuise. Reste que construire une telle usine flottante est un travail de titans!! 500 mètres de long,75 de large,
600 000 tonnes de ferraille et une fourchette de prix de 10 à 12 milliards de dollars, usine et bateau compris pour une capacité de liquéfaction de 5.3 millions de tonnes.
C'est Shell qui est à la pointe de cette technique à laquelle est associé la principale société d'ingénieurie pétrolière française, Technip, qui a fournit l'ingénieurie des usines de liquéfaction de gaz du Qatar.
Voiçi ci contre le bébé Shell/Technip. Pour amortir les coûts de recherche de telles usines Shell à prévu de les construire en série( !), une tous les 18 mois à deux ans jusqu'à une dizaine. Shell prétend que cette technique devrait revolutionner la donne dans le secteur de l'énergie au bénéfice du gaz qui devient clairement l'énergie du futur maintenant que la nucléaire est de nouveau en sommeil
Conquête de l'Arctique...pétrolière: ça continue
J'avais eu l'occasion d'attirer votre attention sur la bataille qui se dessine pour s'approprier les richesses sous-marines de l'Océan Glacial Arctique qui vont devenir de plus en plus accessibles avec le réchauffement climatique dans des messages des 23 mars et 18 aout 2007 et des 16 avril et 11 septembre 2008. Je vous invite à aller les relire si ce sujet vous intéresse.
Les pays intéressés sont les pays riverains c'est à dire le Canada et les Etats Unis, le Danemark de par sa possession du Groënland, la Norvège et la Russie.La Russie a tiré la première en allant déposer un drapeau russe au fond de la mer Arctique et en demandant en 2012 auprès de l'ONU une extension de sa ZEE, Zone Economique Exclusive, en principe fixée à 200 miles des cotes, à une vaste zone de 1.2 millions de Km2 entre la côte russe et le pôle Nord sous le prétexte que les fonds sous marins dans cette zone sont une extension du plateau continental russe.
Le pays qui par contre se considère comme le propriétaire du grand nord arctique est le Canada même.Lui aussi souhaite une extension de sa ZEE. La raison en est la même que pour tous les pays limitrophes de la mer Arctique, elle est suspectée de récéler des gisements de pétrole ou de gaz importants,équivalents à unn cinquième des réserves d'hydrocarbures non découvertes de la planète.
Le Canada, pour faire valoir ses droits, a cru bon de faire des manoeuvres militaires dans la zone avec des représentants des forces alliés. Michel Rocard y assistait d'ailleurs comme "Ambassadeur de France chargés des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Encore un qui a de la peine à dételer!
Ce genre d'exercice a néanmoins le mérite de se rendre compte de la difficulté de différentes interventions dans de telle conditions climatiques. Par exemple,en cas de marée noire, on serait obligé d'arréter les nettoyages 1 jour sur 5 en juillet et 4 jours sur 5 en octobre du fait des conditions climatiques difficiles. Le plus gros problème est de savoir combien de temps on peut travailler dans le froid
Appel d'offre éolien en haute mer: Technip et Iberdrola se positionnent.
C'est parti, l'appel d'offre du gouvernement français pour la constitution de parcs éoliens en haute mer sur la cote atlantique portera sur une capacité de production globale, dans cette première phase, de 3000 MW répartis en cinq champs, ceux de Fécamp(Seine Maritime), Courseulles sur mer ( Calvados), Dieppe-Le Tréport( Seine maritime), Saint Nazaire, et Saint Brieuc( Finisterre). Les différents groupements d'intérêt qui regroupent des exploitants, des constructeurs de turbines, des constructeurs d'éoliennes, des ingénieuries et des électriciens se positionnent pour répondre à ces appels d'offres.On y retrouve EDF Energies nouvelles, Alstom, Areva, Vinci, GDFSuez,l'espagnol Iberdrola et le danois Dong Energy sur tout ou partie des sites
Pour donner une idée de l'ampleur des problèmes rencontrés attachons nous au cas du consortium Iberdrola,l'exploitant du champ, Areva le fournisseur des éoliennnes et Technip, la société d'ingenieurie.L'énergéticien espagnol spécialiste de l'éolien, c'est Iberdrola. Mais voilà il dispose d'un parc éolien, et d'une expertise certaine dans leur exploitation, essentiellement terrestre alors que l'appel d'offre que vient d'ouvrir le gouvernement français pour construire des parcs éoliens en haute mer de 10MW de capacité de production d'électricité éolienne globale exige le développement d'une technologie nouvelle, celle des éoliennes de haute mer. Elles sont en général d'une hauteur et d'une puissance supérieure à leurs homologues terrestres, d'un ancrage au sol différent, par réseau de cables au lieu d'un socle bétonné et d'une connexion au réseau électrique infiniment plus complexe.
Technip avait eu la chance de participer à la construction de la première éolienne de haute mer avec le pétrolier norvégien Statoil au large de Stavanger en Norvège qui lui avait donné l'occasion d'identifier les problèmes de la haute mer. Il avait annoncé sur la base de cette expérience, le lancement d'un projet d'éolienne flottante, baptisée Vertiwind,pour ce type d'application. Il avait annoncé la création d'un centre d'ingénieurie d'excellence à Aberdeen en Ecosse qui a été inauguré récemment.Il avait également racheté une société britannique de 300 personnes spécialisée dans l'installation de cables sous marins, Subocean Group.Iberdrola dispose, lui, d'un centre de développement basé aussi en Ecosse à Glasgow.
C'est l'ensemble de ces ressources qui vont devoir travailler ensembles pour pouvoir répondre aux appels d'offres du gouvernemernt français et, si ils sont finalement retenus,développer les matériels, les installer sur site et ensuite les exploiter. Un projet pharaonique comme vous pouvez imaginer.Rendez vous à début 2012 pour l'annonce des gagnants retenus aux appels d'offres et à 2014/2015 pour le démarrage de telles installations industrielles. Une belle aventure pour tous les participants à qui nous souhaitons Bonne Chance
