Comme dans tous les métiers, la bataille est intense également entre les producteurs et distributeurs de gaz industriels pour en être ou rester le Premier mondial. Car cette industrie, de taille moyenne au niveau d'un pays, installée au plus proche des implantations industrielles qu'elle alimente en continu en gaz plus ou moins rares qu'elle produit sur place, s'est très vite internationalisée et mondialisée.Les deux leaders mondiaux, le français Air Liquide et l'allemand LInde viennent de se livrer une bataille farouche pour la suprématie mondiale du secteur qui vient de se terminer par la victoire...du Français

                   Le lieu de la bataille fut le
continent nord américain où Air Liquide, le premier, entama les hostilités en tentant  de s'emparer de troisième gazier sur ce marché, l'américain Airgas.Il offrit aux actionnaires 13,4 milliards de dollars, prix qui fut jugé élevé par les observateurs. Le montage de l'opération dura plus de six mois jusqu'à son bouclage final ces jours derniers. Les avantages pour l'Air Liquide sont d'accroître largement sa présence sur le marché Nord américain, le plus important du monde et celui qui progresse le plus vite, et de se renforcer également dans le marché qui monte avec l'essor de l'hospitalisation à domicile, celui de la santé.

                    Un marché d'un type différent de celui, traditionnel, de l'approvisionnement de grandes usines, puisqu'il s'adresse aux particuliers à domicile et qu'il se passe par des livraisons de bouteilles. Un
marché de détail en quelque sorte pour lequel une forte implantation sur internet est necessaire. C'est exactement ce qu'Airgas apportait au groupe français avec ses 11 millions de bouteilles,- dont la valeur du contenant peut être dix fois plus forte que celle du gaz qi'elle contient-, et un réseau de e-commerce très développé.Une activité dont la gestion va rendre utile le deploiement de l'internet des objets.

                    Quant au montant de cette acquisition qui avait été ressenti comme élevé, il tombe juste au moment où les taux d'accès au crédit sont tellement bas qu'un tel achat aurait pu facilement être financé en totalité par du crédit. Du fait des liens étroits qu'Air Liquide depuis de décennies entretient avec ses actionnaires, il a pu être fait appel pour une partie de la somme, 3,3 Milliards d'euros, à une levée de fonds attractive auprès des actionnaires avec droit préférentiel de souscription.

                     Un Grand Bravo donc à Air Liquide pour cette brillante opération de rachat d'Airgas.


                     .L'allemand Linde, lui, prit le parti de faire un choix similaire, s'emparer du numéro 1 des producteurs de gaz industriels aux Etats Unis, Praxair, avec lequel il avait déjà fait des échanges en Europe pour reprendre sa place de Numéro 1 mondial.Sauf que , dans son cas à lui, l'Affaire ne se passa pas bien et Praxair refusa l'offre de Linde pour une cause, très pratique, du positionnement du siège social du groupe

                      Il était admis que le siège social devait etre implanté en Europe mais pas en Allemagne. Le choix se limitait donc à Londres, les Pays Bas ou l'Irlande. Les discutions tournèrent court pour autant et les deux partenaires furent obigé d'officialiser la rupture de leur négociation. Pour un siège social !

                      Le lendemain de cet  échec, le directeur financier de Linde, Georg Denoke, qui était en principe hostile au projet, démissionnat. Le Président du Directoire, Wolfgang Büchele, qui était en conflit avec le précédent, annonça aussi sa démission pour la fin de son mandat en Avril.Et donc,  le trésorier du groupe,Sven Schneider, fut  nommé pour assurer l'interim du Directeur Financier.

                       Au total, toute la diection de Linde fut décapitée brutalement....