L’impact des modifications de règlementation dans l’industrie est généralement étalé dans le temps et n’affecte pas fondamentalement les gammes de produits et donc l’activité des industriels, même si leur effet peut être important. Voiçi pourtant une industrie dont l’activité va être bouleversée par la mise en oeuvre de nouvelles normes. Je veux parler de l’industrie de la moto  et des deux roues en général.

A partir du 1er janvier 2017, les modèles à la vente de plus de 125 cm3  vont devoir en effet respecter la norme d’émission Euro 4  alors que, précédemment, ils ne devaient respecter que les normes Euro 1 et 2. Au 1er janvier 2018 ce sera au tour des plus petites cylindrées, les 50 cm3. En même temps ils devront être pourvus de l‘ABS et d’une prise diagnostic pour en faciliter la maintenance. Ca fait beaucoup d’un seul coup me direz vous !

En effet la conséquence va en être la disparition pure et simple de certains modèles et motorisations. Les moteurs 2 temps en particulier que la norme  Euro 1 et 2 avait déjà tué en 125 cm3 verront leurs versions 50 cm3 disparaitre également  à compter de janvier 2018.Les constructeurs commencent dores et dejà à supprimer ces modèles de leurs gammes. Cette industrie va perdre ainsi un marché de l'ordre d'une centaine de milliers de machines qui ne pourront pas toutes être converties en machines de la classe au dessus. 

Même topo pour des machines des classes au dessus qui ne pourront pas supporter physiquement par manque de place l'arrivée de l'ABS, contraignant de ce point de vue là, ou économiquement les nouveaux moteurs plus sophistiqués et plus couteux. Ce sont les modèles d'entrée de gamme  et leur clientèle qui vont faire les frais de cette évolution. Qand donc on nous raconte que l'environnement et le développement durable vont créer des emplois, ce n'est malheureusement pas automatique et pas nécessairement dans notre pays.

Enfin dernier sujet qui inquiète davantage les distributeurs, la prise diagnostic, autrement appellé port OBD, qui arrve va sans doute affecter le poste de recettes de leurs ateliers d'entretien qui contribuent pour une part non négligeable à l'équiibre financier des concessions en incitant encore davantage à l'auto-entretien, ou à l'associativité (ou ubérisation) de cette activité.Sans compter l'arrivée des chaines de boutique de réparation indépendante type Feu vert, Norauto ou autre à l'occasion de cette automatisation du diagnostic qui risque de déstabiliser ce marché. 

Bref une profession et une activité qui risque de vivre une année 2017 difficile...