Pourquoi donc un tel clash d'annonces contradictoires de la part d'Alstom a t il pu se produire tout d'abord et sans que les pouvoirs publics, qui possèdent 20 pct du capital d'Alstom et ont deux administateurs à son Conseil d'Administration, prétendent n'en avoir rien su.!

Constatons d'abord que nos sociétés nationales vont de catastrophe en catastrophe sans que cela ne semble inquiéter personne, gouvernement de gauche ou de droite confondus. En ce moment, c'est le cas d'Alstom, qui n'est pas le pire, car globalement sur son marché mondial Alstom va bien. Citons comme catastrophes annoncées celle, dramatique, d'Areva qui risque d'être suivie de celle d'EDF, très mal engagée maintenant dans son aventure nucléaire britannique. Chacune de ces sociétés disposent d'administrateurs de l'Etat à leurs Conseil d'Administration qui, bien sur, avertissent leurs ministres de tutelle de la manière dont ces entreprises sont dirigées et des risques de catastrophent qu'elles courent.

Nos Ministres mentent donc effrontement en affirmant ne pas être au courant,-ils le sont-, parce qu'ils savent que  ce genre de désastres industriels n'affecte pas trop les vôtes des électeurs et que de toute façons on pourra toujours en attribuer la faute au PDG, aux actionnaires ou au système capitaliste. C'est exactement ce qui est en train de se passer pour Alstom dont le PDG aura beaucoup de peine à échapper à un éviction rapide de son poste, avec indemnité néanmoins. Il faut juste savoir tenir un peu, le temps que le problème se tasse, le temps que les fusibles fassent leur office.

Deuxièmement, on nomme Ministre tout et n'importe qui pourvu qu'il ait participé à l'élection du chef, qu'il soit un "politique" qui sache bien tenir son "paquet de voix" . Sa compêtence dans son domaine technique n'a pas grande importance pourvu qu'il sache noyer le poisson publiquement et rendre grace au chef d'avoir su touver et promouvoir la solution du problème qu'il lui a d'ailleurs soufflée. C'est le cas de Monsieur Vidalie, Ministre des transports et avocat de formation, très loin des contingences industrielles, mais qui sait vous affirmer que, tous ensembles avec le chef qui le leur a ordonné, ils vont résoudre le problème, aussi insolvable soit il.

Troisièmement, les problèmes industriels ou sociaux dont nous parlons sont bien connus, parfois depuis des dizaines d'années sans que personne, toutes tendances confondues, n'ait eu le courage de s'y attaquer par incompétence, passage trop court dans le poste ou parce que ça tomberait au mauvais moment. Dans le cas Alstom, le problème final est la combinaison de 25/30 ans de non résolution du problème de la SNCF dont on sait depuis les années 87 que son réseau est en très mauvais état, dont le déficit est passé de 7 à 30 milliards dans le même temps malgré des dotations annuelles significatives, dont on sait depuis le même temps que la cause majeure en est le surcoût du statut des personnels et de la masse des retraités et que l'on a forcé à investir à tout va par gloriole présidentielle dans l'aventure TGV.

Rajoutez la dessus la mondialisation du ferroviaire, l'obligation de passer par des appels d'offre européens pour tout achat, la moindre compétitivité du ferroviaire par rapport aux low cost aériennes et les nouvelles manières de vivre, Blablacar ou autobus Macrons, la poursuite des investissemenst en infrastructures et vous comprendrez que tout ce qui nous arrive était infiniment prévisible, même pour un énarque moyen;

Ce qui est plus surprenant c'est qu'un Président comme le nôtre, dans un certain affolement, vienne nous raconter que lui et tout le gourvernement allait amener des commandes dans les jours à venir à Alstom pour sauver le site. Comme s"il pensait sérieusement quil pouvait donner ordre à la SNCF par çi, au Stif par là, ou aux régions de passer commandes de trains de tous le types  dans les 10 jours à venir pour remplir le plan de charge de l'atelier de Belfort. De qui se moque t il ?  

Monsieur Gallois, grand industriel et ancien PDG de la SNCF l'a sèchement rappelé à l'ordre en lui rappellant que ce n'était pas à la SNCF de payer pour des trains inutiles. 

L'ennuyeux dans cette affaire, c'est que nous sommes en pleine période pré électorale et que nos politiques vont tous essayer de proposer la bonne solution, aussi stupide soit elle, et se payer la tête du Président en place. Une pensée oru es pauvres salarés qui croient peut être à et attendent la solution miracle...