Dans mon message du 15 sur ce sujet en rubrique, je vous faisais par de mes commentaires sur la manière dont nos politiques expriment leur manière de voir sur tel ou tel sujet en ayant tendance à ramener tout à eux alors que leur responsabilité dans ces affaires n'est pas toujours évidente ni parfois très positive. Je prenais en exemple le problème des retraites pour lequel la Ministre des Affaires sociales comme le Premier Ministre avaient instantanément commenté les rapports du COR, Comité d'Orientation des Retraites, et du Comité de suivi des Retraites, pour affirmer haut et fort que "Tout allait très bien dans le monde de nos systèmes de retraite", que "la question de l'age de la retraite ne se posait plus", ( La ministre Marisol Touraine), ou encore que " La France avait su remettre son système de retraite sur la voie d'un équilibre financier durable", ( le Premier Ministre Manuel Valls).

Tout en reconnaissant les progrès faits sur ce sujet j'avais cru bon de monter dans mon message du 15 juillet que c'était quand même une vision un peu optimiste des choses car basée sur des hypothèses optimistes d'évolution de notre performance économique ( Croissance et Baisse du chomage) et en oubliant de prendre en compte certaines dispositions sociales nouvelles (Pénibilité). Mais, dont acte, nous sommes en effet dans une situation bien meilleure que nous n'étions dans ce domaine qu'il y a quelques années.

Pour autant, il faudrait ne pas oublier que cette performance est le résultat de plusieurs années d'efforts sur différents axes d'ameliorations et de différents intervenants qui sont très loin d'être exclusivement des membres de l'actuel gouvernement ou parti au pouvoir, qui me semblent, eux, appartenir à la catégorie de ceux qui savent bien tirer la couverture à eux mêmes.

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Les raisons de l'amelioration globale de la situation de nos systèmes de retraite sont en effet de trois ordres, la réforme Woerth de 2010 qui mettait en place le recul de l'age de la retraite à 62 ans auquel le parti socialiste et les membres de ce gouvernement s'étaient violemment opposé, la réforme Touraine de 2014 qui mettait en place la hausse des cotisations jusqu'en 2018, le relèvement de la durée de cotisation à compter de 2020 et la mise en place du compte pénibilité à compter de 2015 et non encore achevée, et l'accord trouvé par les partenaires sociaux pour sauver les régimes de retraite complémentaires en diminuant leurs besoins de financement de 6,1 milliards d'euros à l'horizon 2020. Régimes de retraite complémentaires sans lesquels il n'y aurait plus de retraite dans le secteur privé.

Tout le monde a donc participe à ce grand oeuvre commun qui n'est pas terminé et connaitra d'autres jours difficile et il est  excessif de clamer comme aujourd'hui Madame Touraine que la question de l'age de la retraite ne se pose plus.La mesure la plus efficace qui assure 35 pct du rééquilibrage reste en effet la hausse de l'age de départ en retraite(réforme Woerth) qui bien entendu se met en place dans le temps et dont nous voyions seulement maintenant le presque plein effet. Celle de Madame Touraine, la hausse des cotisations n'en assure que 22 pct et le reste sera assuré par la baisse de la pension moyenne.

C'est dire que le problème est loin d'être clos, que l'on verra apparaitre au fil du temps les problèmes identifiés et non résolus comme l'écart de plus en plus large entre la pension et le dernier salaire, la poursuite de l'accroissement de la durée de vie, les régimes spéciaux et l'iniquité de leur traitement et ..le compte pénibilité.

C'est dire que, que Madame Touraine  le veuille ou non, que l'age de départ en retraite continuera à augmenter