• L'Union Européenne est très dépendante, pour ses approvisionnements énergétiques du gaz russe et de Gazprom, dont les relations commerciales sont plutôt basées sur les rapports de forces. Depuis l'interruption des fournitures de gaz russe de l'hiver 2009 qui passaient par l'Ukraine, Bruxelles a, en principe, développé une politique de sécurité énergétique à base de financements d'infrastructures qui permettent d'élargir la palette des fournisseurs.

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    Dans ce cadre là, la Pologne a construit un terminal de GNL, Gaz Naturel Liquéfié, à Swinoujscie, par lequel vient d'être déchargé le premier navireméthanier, le Al Nuaman, en provenance du Qatar.Un pas vers une moindre dépendance de Gazprom qui représente 54 pct des approvisionnements du pays, le reste venant de la production nationale ( 25 pct) et d'importations d'Allemagne ou de Norvège.

    Une évolution également vers des prix plus compétitifs si on se réfère à l'expérience de la Lituanie qui vient également d'ouvrir un terminal de GNL et a obtenu de ce fait une réduction de prix de 23 pct pour des contrats de livraison à très long terme.Le reste de l'Europe, qui a moins souffert que sa partie orientale des rapports avec le grand frère russe, considère que Gazprom est un fournisseur fiable et de long terme. Or celui çi souhaite doubler le Nord Stream qui en passant sous la mer Baltique et en évitant ainsi le passage par l'Ukraine et la Biélorussie,a largement sécurisé ses approvisionnements vers l'Europe du Nord  et renforcerait encore cette sécurité.L'Allemagne et la France via Engie y sont favorables tandis que la Pologne et l'Italie y sont hostiles. A suivre donc.

  • Les Etats Unis ont commencé à exporter leur gaz après avoir équipé certains ports du sud du Texas dont Corpus Christi ou Chénière d'unité de liquéfaction de gaz et de quai de chargement de gaz capable d'accuellir les méthaniers qui sont nécessaires pour l'exporter. C'est donc parti et les premières cargaisons flottent dejà sur les mers du monde à destination des ports qui peuvent décharger ces bateaux , en regazéifier le contenu et l'injecter dans nos réseaux d'oléoduc.

    Comme le prix du gaz de schiste américain est assez nettement inférieur à celui disponible en Europe ou en Asie. Les premières cargaisons son déjà arrivées dans le port de Sines au sud du Portugal et en Norvège. Les énergéticiens français Engie et EDF, dont le marché est mondial, sont forcément intéressé par du gaz américain à un bon prix et ont déjà passé des contrats pour charger des cargaisons de gaz à Chenière ou Corpus Christi. Et comme le gaz en question est un mélange de gaz en provenance de gisements traditionnels et de gisements de  gaz de schiste qui se mélangés dans les gigantesques sphères des dépots américains il est absolument impossible de distinguer chimiquement ou par analyse la provenance du gaz méthane qui est fourni au repreneur.

    C'est ainsi qu'EDF a déjà passé des contrats de long terme pour approvisionner le terminal gazier de Dunkerque. Quant à Engie il a également passé des contrats pour approvisionner le Japon mais rien n'empèche ce gaz d'aller vers l'Europe et le terminal de Montoir de Bretagne sans que qui que ce soit ne soit capable d'en définir l'origine.

    Notre Ministre de l'Energie et de l'Environnement réunis, Ségolène Royal, qui le découvre voudrait interdire l'accès du territoire français à ces gaz de schiste mais est incapable d'identifier l'origine des molécules qui le composent ni leur provenance! Alors elle exige d'EDF et d'Engie qu'ils orientent ces gaz vers d'autres pays et d'autres continents.Elle se plaint que les dites sociétés aient manquées de vigilance avant de signer de tels contrats et elle cherche une argumentation juridique pour en interdire l'importation qu'elle n'est pas prête de trouver.

  • La Grande Bretagne vient de décider de relancer l'exploration controversée de gaz de schistes. C'est le Conseil du Comté de Yorkshire dans le nord de l'Angleterre qui vient d'accorder à la société Third Energy l'autorisation de lancer une opération de forage par fracturation hydraulique autour du village de Kirby Misperton.

    La dite autorisation fait suite à une décision des autorités britanniques qui ont accordé une serie de licences d'exploration pour la recherche d'hydrocarbures avec l'aval des députés et celui de David Cameron qui y voit une source d'énergie bon marché pour remplacer les champs pétrolifères de Mer du nord qui sont en déclin.

    Third Energy prévoit un seul puits pour tester le sous sol du Yorkshire et voir s'il répond ( ??) positivement à la fracturation, après quoi il demandera l'autorisation de forer d'autres puits.Un forage qui permettra de tester les réactions de l'opinion publique qui seront une indication importante pour d'autres compagnies plus grandes, -comme Total ou Engie-, qui ont pris des participations dans des permis d'exploration. Autre résultat important de ce forage expérimental. Confirmer le potentiel du sous sol britannique, officiellement estimé à 37 000 milliards de m3, mais dont nul ne sait s'il ne pourrait pas cacher des déceptions comme la campagne précédente dans un autre pays dit prometteur, la Pologne.A suivre avec attention donc...