Mme Royal est coutumière de coups d'éclat médiatiques dans lesquels elles se presente comme la défenderesse des intérêts du contribuable ou du consommateur selon les cas. L'ennuyeux c'est que la logique sur laquelle elle base ces coups d'éclat ne tient en général pas très longtemps face aux engagements existants ou à la logique juridique à laquelle sa démarche s'attaque. Mais peut importe quand il s'agit d'occuper les écrans de télévision et de faire ressortir son activisme personnel dans la gestion de certaines affaires dont elle a en principe la charge.

Vous vous souvenez sans doute de l'affaire des portiques qui avaient été installé sur nos autoroutes pour contrôler le trafic des camions et leur appliquer des tarifs "écologiques" que malheureusement les transporteurs et en particulier ceux de Bretagne avaient vigoureusement rejetés. Les dit portiques avaient éte implantés par une société ad hoc italienne qui les avaient financés, avait mis en place les systèmes informatique complexes pour les faire marcher et procéder à la perception des nouvelles taxes mises en place au profit de l'Etat.

Mme Royal s'était opposé à ce nouveau système qui avait été inventé par d'autres qu'elles même, pas très brillamment d'ailleurs, et qui donc devait être supprimé. De la manière dont avait été monté juridiquement la société d'exploitation du système, on ne voyait pas comment l'Etat  pourrait se dégager de ce montage sans y laisser des plumes. Mme Royal, elle, s'était faite forte publiquement de faire enlever les dits portiques aux frais de la société d'exploitation sans qu'il en coûte un sous, d'après elle, au contribuable. Un an plus tard, résultat des courses, il en a coûté de l'ordre de 800 millions d'euros aux contribuables pour satisfaire les fantasmes de notre Ministre.Passons...

Deuxième rodomontade plus récente, voulant protéger le consommateur cette fois, Mme Royal a choisi de croiser le fer avec EDF et ses concurrents sur l'augmentation de prix du Kwhr que nous fournit EDF dans le cadre de tarifs réglementés.EDF avait obtenu de l'Etat une augmentation de tarif de 5 pct  dans le cadre de l'engagement contractuel de ce dernier de couvrir leurs coûts complets de production. Une prétention insupportable pour notre Royal d'Artagnan qui ne leur accorda que 2,5 pct d'augmentation trois jours seulement avant la date de hausse prévue.? Malheureusement sans fondation juridique à une telle décision, par simple arrêté.

EDF ne contesta pas la décision mais les concurrents privés d'EDF, Direct Energie, Lampiris ou l'ENI, si, qui portèrent leur contestation au Conseil d'Etat. Deux ans plus tard le jugement tombe,Ségolène Royal a méconnu le principe de sécurité juridique, a jugé le Conseil d'Etat, et en fixant la hausse finale à 2,5 pct elle a fixé le prix réglementé à un niveau manifestement insuffisant pour assurer le rattrapage des écarts tarifaires passés.

Et voilà pourquoi Mme Royal,  aujourd'hui, a du venir expliquer à la télévision aux millions de consommateurs d'électricité qu'ils allaient devoir payer rétroactivement l'augmentation qu'elle avait refusée pour se faire valoir, à EDF. C'est à elle et à son ministère de publier dans les trois mois le mécanisme de remboursement de son erreur tarifaire. Il en coutera globalement 1 milliard à rembourser par les 28 millions de consommateurs touchés soit 30 euros dans l'année.

Dernière bourde, la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim qui faisait partie des promesses de notre Président mais dont on doute qu'il veuille, ou puisse, vraiment l'appliquer. Mme Royal, elle, fait le forcing pour l'imposer, même si à la suite de sa révision décennale, Fesseheim a obtenu le renouvellement de sa licence d'exploitation de l'agence de sureté nucléaire, l'ASN. Par contre, dans la mesure oû il n'y a rien à redire à son exploitation, il faudra indemniser les actionnaires de la société d'exploitation de Fessenheim dans laquelle on trouve les sociétés suisse et allemande.

Une évaluation précedente avait évalué cette indemnisation à une somme de l'ordre de 2 à 4 milliards d'euros avec la perte d'exploitation. Mais Mme Royal pour l'instant fait preuve de ladrerie avec une proposition à 250 millions d'euros.A ce niveau là, encore une affaire financière qu ira en justice et se traduira par une double pénalité pour les français comme consommateur et actionnaire d'EDF et comme contribuable.

Merci Madame Royal !!!