Les fournisseurs de progiciels de gestion à destination des industriels, les Oracle, SAP et autres, avaient pour modèle de business de vendre leur progiciels accompagnés de redevances musclées pour les utiliser, les maintenir et les faire évoluer. Il y a quelques années ils furent poussés par certains concepteurs de progiciels grand public déjà habitués à la gratuité ou à la redevance et par les fournisseurs ou exploitants d'infrastructures informatiques à laisser tomber ce modèle de business pour passer à la location simple à l'heure de ces programmes .Bon coup de marketing, on baptisa ce principe de business de passage en Cloud ou de Cloud tout simplement.

Certains de ces fournisseurs et développeurs de progiciels résistèrent un temps puis finirent par se rallier au Cloud en y laissant au passage une bonne partie de leurs confortables revenus. Ce fut une des premières évidence de l'arrivée de la location comme substitut à la propriété dans notre société, une tendance de type culturel mais qui allait, en s'élargissant à toutes sortes de biens et de produits, en bouleverser les modes de fonctionnement.

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Ce virage culturel se produisit au moment même où le "big data" ou l'énorme multiplication des volumes de données à transférer et à stocker, commença à monter en charge en même temps qu'il se traduisait par une baisse considérable du coût du stockage du GW de données qui fut suivi par l'arrivée d'industriels du stockage ou de distributeurs habitués à maîtriser les coûts de stockage et distribution.

Ce qui fait que si vous regardez les grands gagnants de cette redistribution des cartes , vous y trouverez le spécialiste de la distribution, Amazon dont la filiale "cloud", AWS, Amazon Web Services, domine le marché avec des revenus annuels qui viennent d'atteindre les 10 milliards de dollars, devant Microsoft mais avec une nouvelle offre d'infrastructure Azure qui, avec 124 pct d'accroissement le dernier trimestre, vise aussi les 10 milliards de dollars en année pleine et a une objectif de 20 milliards de dollars pour 2018.

Google vient ensuite  et s'apprête à doubler IBM en difficultés grace à des succès récents avec Spotify,Apple ou Walt Disney. Reste que l'avance acquise par l'effet de volume dont bénéficient  les "gros" du métier est appelée à augmenter du moins tant que le prochain changement de business model ne se profile pas à l'horizon.

Et en Europe me direz vous? Nous restons des nains dans la catégorie des sociétés à 10 voire 20 milliards de dollars et avons tendance à nous cantonner dans les sites Web, c'est à dire les petits sites. Le seul vrai professionnel de ce métier est le français OVH, une société familiale du nord de la France qui possède 17 Data centers dont un au Canada, à portée de main du marché américain tout en échappant au Patriot Act qui permet aux autorités américaines d'avoir accès à toutes vos données, et qui dispose d'une technologie peu coûteuse en énergie.

A priori ce ne sera pas suffisant pour se heurter aux "gros" avec des chances de succés. Il vient de se décider à ouvrir son capital pour 300 millions d'euros de manière à financer l'ouverture de 12 Data Centers nouveaux à Singapour, aux Etats Unis et en Australie et de dépasser le milliard d'euros de chiffre d'affaire d'içi.... 2020.On lui souhaite Bonne Chance.