Pendant des années, toutes les années ou l'Union Soviétique a dominé la course à l'espace du premier Spoutnik à Gagarine, vous avez entendu régulièrement parler de Baïkonour, le cosmodrome soviétique d'où partaient les fusées soviétiques et leurs satellites ou stations spatiales.

Aujourd'hui c'est le nouveau cosmodrome, russe cette fois, que vous allez devoir apprendre à connaitre car il a fallu remplacer Baîkonour, devenu vieillissant et qui, avec l'éclatement de l'Union Soviétique, avait le gros défaut de se situer désormais...au Kazakstan. Non pas que les rapports de la Russie et du Kazakstan soient mauvais, mais dans un domaine, la conquète spatiale, qui reste d'essence très nationalistique, il est évident qu'à un moment donné, la nationalité des fusées, des satellites et des stations spatiales doit se rencontrer avec l'emplacement du cosmodrome d'où on les lance.

C'est ce qui vient de se produire en Russie, où pour assurer la renaissance de l'activité spatiale russe, Vladimir Poutine avait pris la décision de faire construire un nouveau cosmodrome tout neuf sur le sol national. Vous n'entendrez donc plus parler, ou moins parler au fil du temps, de Baïkonour mais de Vostochny, le nouveau cosmodrome qui vient de procéder à son premier lancement de trois satellites scientifiques avec une fusée Soyouz.

Il est situé en Extrème Orient sur une ancienne base de missiles soviétiques et a demandé quatre ans de travaux. Avec les caractéristiques bien connues des chantiers russes, corruption, détournements de fonds et retards divers qui en ont fait le cosmodrome le plus cher du monde à 5 milliards d'euros. Il n'est pourtant pas encore terminé et ne sera opérationnel vraiment qu'en 2018 avec 5 lancements prévus.

Le spatial russe, pour autant, n'est pas vraiment reparti car touché par la crise économique russe qui a réduit les budgets de 30 pct pour la période 2016/2025 et ralentit les programmes nouveaux russo-russe comme les lanceurs réutilisables ou une nouvelle expédition lunaire.

Le premier vol habité y est prévu pour 2025 et la construction d'un second pas de tir pour les nouvelles fusées Angara destinées à remplacer les fusées Proton est prévu lui pour 2017. D'içi là, il faudra remplir petit à petit le carnet de commande de lancement commerciaux.