• Face à la concurrence qui se dessine des fusées de Space X de Monsieur Elon Musk, l'Europe avait décidé de renouveler son offre de lanceur de satellite pour baisser le coût unitaire de ses lancements. C'est ainsi qu'était né le projet de développement d'Ariane 6 qui doit à terme remplacer le lanceur Ariane 5 actuel, lequel allait se traduire par une modification drastique de la cascade de sociétés qui intervenaient dans les processus de définition, création et production des modèles de lanceurs précédents!

    La plus importante était le regroupement du constructeur de corps de la fusée, une filiale Airbus, et de son motoriste, une filiale de Safran. C'est fait Airbus et Safran ont signé l'acte de naissance de cette structure résultante,  Airbus Safran Launchers, les Lanceurs  Airbus Safran en français ou ASL en abrégé.Elle appartiendra à parité à Airbus et Safran et sera constituée à partir des actifs et usines existants, celle des Mureaux et d'autres sites européens pour la fabrication des corps de fusées, et Herakles et la SNPE pour celles des moteurs et combustibles.

    Les apports d'Airbus étant plus importants que ceux de Safran, ce dernier versera à Airbus une soulte évaluée à 750/800 millions d'euros dont la recherche d'un traitement fiscal approprié (traduisez une exemption d'impots) a retardé la constitution de la société.

    ASL deviendra la première société mondiale de production de fusées avec 8000 salariés et 2 milliards d'euros de chffre d'affaire. Elle reprendra également les 34 pct détenus par le CNES Centre National d'Etudes Spatiales et reprendra l'activité de services spatiaux (lancements, plateformes etc) et la commercialisation des lancements des fusées Ariane, Soyouz et Vega. Ariane 6 est prévue être mise en production en 2018 pour un premier lancement en 2020 .

  • En parallèle au développement de l'informatique personnelle, les besoins de calculateurs de plus en plus puissants pour certaines applications se manifestent et ont donné lieu à des lancements récents. Peut être vous souvenez vous du nom de Bull, ce fleuron français de la production de calculateurs qui a couté en son temps un maximum aux contribuables français? Elle appartient maintenant à Atos, la société de services informatiques dirigée par notre ancien Ministre des Finances, Thierry Breton, qui avait invité un de ses successeurs Emmanuel Macron au lancement du nouveau supercalculateur de Bull, le Bull Sequana.

    L'unité de mesure de la puissance des supercalculateurs modernes est le pétaplop, c'est à dire le million de milliards d'opérations que peut effectuer l'ordinateur à la seconde. Le Bull Sequana dépasse le pétaflop est est espéré etre augmenter à l'exaflop, le milliard de milliards vers 2020. Les utilisateurs en sont , outre leurs utilisateurs traditionnels, les militaires, les secteurs universitaires et industriels comme la pharmacie, l'automobile, l'aéronautique, la météorologie et le pétrole. le développement des objets connectés, de la robotique ou du numérique en général et du "Big Data" va encore en augmenter la demande. 

    Le Bull Sequana a été assemblé dans l'usine d'Angers du groupe et sera installé au CEA. La concurrence dans ce domaine reste très importante avec les américains Cray, Dell, HPE et les chinois qui disposent avec le Tianhe-2 d'in superordinateur à 33 pétaflops.Les Etats Unis hébergent 40 pct de la puissance de calcul mondiale, l'Europe 107 et le Bull Séquana serait le trentième plus puissant au monde.
     
  • Un des domaines oû les besoins de calculs sont les plus importants est la recherche pétrolière dont les besoins de modélisation des réservoirs pétroliers terrestres ou sous marins sont de plus en plus complexes et pour lesquels des moyens très performants sont nécessaires si l'on veut pouvoir maîtriser les coûts d'exploration et battre la concurrence

    Pangea2

    Voici une photo du supercalculateur Pangea2 dont Total vient de booster la puissance pour permettre à son Centre de Recherche Jean Fréger de Pau de se retrouver en tête de ses grands confrères américains, chinois ou russes en terme d'exploitation des données géologiques et expérimentales d'un gisement donné et de fourniture d'éléments de grande précision sur sa géométrie.
  • Car c'est grace à la connaissance avec une extrême précision de la géométrie  d'un gisement que l'on peut accéder au(x) réservoir(s) qu'ils contient et l'exploiter au moindre coût, alors qu'avec les performances de calcul des calculateurs actuels, nous en sommes encore à un taux d'échec de l'ordre de 30 pct  dans un programme d'exploration.

    Pangéa tire son nom du continent unique inital, baptisé Pangée, flottant à la surface de notre planète, à partir duquel s'est constitué la terre d'aujoud'hui. Il dispose désormais dans sa version Pangéa 2  d'une puissance de 4,7 pétaflops et a vu son nombre de processeur doubler à 220 000 et sa capacité de stockage à 26 pétaoctect, ou 26 millions de gigaoctet. Il lui faut 180 m2 pour le loger et a besoin de 4,5 MW d'élecricité pour fonctionner. Toute cette puissance et ses processeurs génèrent beaucoup de chaleur qui a rendu nécessaire un refroidissement à eau, comme une vulgaire voiture. Il arrive néanmoins à chauffer le batiment, en hiver bien entendu.

    Le coût total de cet investissement en deux tranches a atteint les 65 millions d'euros ( 30+35). l'équivalement du coût de 4 forages offshore. S'il permet  d'améliorer la réusssite d'un forage sur deux, il sera donc très vite amorti.Il est désormais en 10 ème place au classement des 500 machines les plus puissantes au monde et en première place en Europe où il vient de supplanter celle de l'ENI qui la détenait précédemment.

    Seul bémol, c'est un constructeur américain, SGI, Silicon Graphics International, qui l'a conçu et fabriqué