Ce qui s'est passé ces derniers temps entre le gouvernement français représenté par Emmanuel Macron et l'alliance Renault- Nissan ressemble fort de mon point de vue à la lutte d'un jeune loup et d'un vieux renard ! Ce qui ne m'étonne pas, à voir la tête que faisait Carlos Ghosn sur certaines photos publiées par la presse au moment au Emmanuel Macron avait mis en place le renforcement des droits de votes de Renault par l'intermédiaire de l'instauration dans la loi française de droits de votes doubles au bénéfice de l'Etat. Une astuce d'état désargenté pour maintenir sa puissance dans les affaires. Que voulez vous, quand on n'a plus d'argent et que l'on veut montrer qu'on est toujours le coq dans sa basse cour, on en arriive à tricher avec les lois et règlementations diverses sur lesquelles on a encore la main ou à les adapter pour conserver un pouvoir que l'on ne peut plus se payer !!

Sauf que, quand on joue au plus malin avec aussi fort, voire plus fort que soi, on s'expose un jour ou l'autre à un retour de baton. C'est, à mon sens, ce qui est en train de se passer entre Emmanuel Macron et Carlos Ghosn.Le pretexte en a été la question du salaire de Carlos Ghosn qui doit faire beaucoup d'envieux, en particulier  chez les politiques et même si ceux çi seraient bien incapables de gérer la moindre entreprise.On a institué en France depuis 2013 un processus d'origine anglo-saxonne, le "Say on pay ", le "Donnez son avis sur le salaire" du PDG par lequel les Assemblées Générales des grandes sociétés doivent donner un avis sur le salaire du PDG. En Grande Bretagne, cet avis est en principe respecté, en France c'est le Conseil d'Administration qui juge en fin de compte si l'action du PDG vaut bien le salaire qui lui a été accordé, correspond bien à un "marché", celui des grands dirigeants indusrtriels, et donc  en fin de compte de garder le dit PDG.

Tout ceci suppose que l'on connaisse le dit marché, que l'on puisse apprécier la valeur et l'importance de l'action du dit PDG,et également pouvoir apprécier la répartition de la partie fixe du salaire, qui paye son "travail", de la partie variable de ce salaire liée aux résultats effectifs et de l'importance du nombre d'actions qui peuvent être attribuées au dit dirigeant et qui sont en principe fixé à un tel niveau pour motiver le dirigeant à ce que son action se traduise par la hausse de la valeur de la société telle que traduite par la cotation de son action en bourse. Des éléments sur lesquels l'actionnaire moyen n'a en général aucun moyen de juger et qui fait qu'il suit dans son vote l'avis de Conseil d'Administration.

Autre élément sur lequel il est difficile de juger pour l'actionnaire moyen, la criticité de l'action de ce PDG sur la bonne marche de la société. Et pourtant l'histoire industrielle fourmille de PDG qui, ayant mal dirigé leur société, l'on conduit à la ruine avec une destruction de valeur considérable pour le dit actionnaire et au chomage pour les salariés de la dite société.

Dans l'affaire du salaire de Carlos Ghosn, sur les 7,2 millions d'euros qui lui ont été accordé, seulement 1 million d'euros l'a été au titre du travail effectué, la partie Fixe, 2,1 l'ont été au titre de la partie variable basée sur des résultats effectifs par rapport à des objectifs qui lui avaient été fixés et 4,1 au titre des actions. Je suis personnellement incapable d'en juger globalement!  Tout au plus pourrais je dire que je pense que la partie fixe est raisonnable par rapport à un marché, que la partie variable passant par la réussite à remplir les objectifs qu'on lui a fixé est normale, voire contractuelle. Tout au plus pourrais je trouver que les actions données au titre de l'accroissement de la valorisation de la société me paraissent elevées mais ceci sans analyser veritablement les vrais chiffres. Si cette accroissement de la valeur de Renault est bien celle semble indiquer ce nombre d'actions accordées à Carlos Ghosn, l'Etat de Monsieur Macron, qui en possède 25 pct et qui prélèvera sa dime au titre des impôts, devrait en être particulièrement satisfait.

Une chose est sûre, en ce qui me concerne, je pense pas que quiconque dans le monde industriel puisse se plaindre de la manière dont Carlos Ghosn a réussi à redresser et développer un tel groupe à partir de la situation, - critique en ce qui concerne Nissan -, qui existait quand il en a pris la direction. Et s'en séparer me paraitrait être une décision d'une très grande stupidité.

Alors l'ego d'Emmanuel Macron ne devrait pas intervenir dans une telle décision. A suivre...