Vous avez suivi avec attention en son temps les errements financiers du candidat au sécrétariat général de la CGT, Thierry Lepaon, qui, comme souvent dans notre personnel politico-syndical, avait commencé par s'installer généreusement. Le montant des factures (130 00 euros pour l'appartement plus 50 000 pour le bureau) avait un peu scandalisé ses camarades et malgré une longue résistance, il avait été obligé de jeter l'éponge et de démissionner. Mais, rassurez vous, non sans que son remplacant dans le poste, le secrétaire général actuel, Philippe Martinez,ne se soit engagé à lui trouver un travail équivalent.

Pas de chance, Philippe Martinez, malgré ses efforts, n'a pas réussi à lui trouver le poste requis et la CGT a du continuer à le payer à ne rien faire depuis. Il en coute 4200 euros net par mois plus un treizième mois plus le loyer de l'appartement de fonction qu'il a continué à occuper avant que Martinez n'y fasse valoir ses droits.Rajoutez y les six mois de salaire à la tête de la CGT avant son élection formelle qu'il a fallu rembourser à la CGT de Basse Normandie et une prime de départ fallacieuse pour cause de soit disant changement d'employeur et la facture globale des dépenses excessives de Monsieur Lepaon s'est finalement monté à 350 000 euros.

La page est tournée nous dit on, mais on ne peut pourtant pas laisser le camarade au bord du chemin s'inscrire à Pôle emploi pour trouver un job. Ses messieurs ont bien réfléchi et ont fini par trouver que Thierry Lepaon avait travaillé, il y a une décennie ou deux, sur l'illétrisme et qu'il existait dans les structures étatiques, une Agence Nationale de Lutte contre l'Illétrisme, ANLCI, qui serait particulièrement adaptée à utiliser les savoirs de Monsieur Lepaon sur le sujet. Sauf  que cela voulait dire embaucher Monsieur Lepaon comme fonctionnaire à la charge des contribuables.

Croyez vous que ce changement de statut de permanent cégétiste à fonctionnaire chagrina longtemps nos dirigeants en principe chargés de ne pas gaspiller l'argent du contribuable? Que Nenni ! On trouva un précédent dans la République, celui de Monsieur Chérèque, ancien sécrétaire général de la CFDT, qu'un gouvernement précédent avait de même récupéré dans un poste de fonctionnaire. Français, vous ne le saviez pas, mais une carrière syndicale brillante vous ouvre droit, au même titre qu'un diplome d'énarque, au fonctionnariat, à ses ors et à ses retraites! 

Il y eut pourtant un hoquet dans cette histoire. Il y avait déjà un titulaire comme Président/e ou Directeur/trice de l'Agence Nationale de Lutte contre l'illetrisme. Pas grave,on peut la changer de poste. Oui mais... elle le fait à titre bénévole ! Ah oui, là; ce n'est plus possible.

Et c'est ainsi que l'on conserva la dite Agence et sa conservatrice bénévole en l'état et que Manuel Valls annonça la création d'une autre Agence, l'Agence de la langue française pour la cohésion sociale, pour Monsieur Lepaon! Ouf, on a évité la faillite de la CGT.

Ah! Copinage quand tu nous tiens !!!!