Les faillites des états sont certes plus rares que celles de sociétés industrielles et privées mais ellles sont largement plus difficiles à régler. D'abord parce que là où les sociétés privées sont rapidement alerté de leur situation par la sollicitude soudaine de leur banquier et par la baisse de leur chiffre d'affaire, les états eux savent qu'ils peuvent toujours augmenter leurs impôts, directs ou indirects,pour retrouver une relative santé financière et la bienveillance de leurs banquiers, et que l'égo de leurs dirigeants, élus du peuple bien sur, les empèchent de juger sainement de leur situation.

L'Argentine en est un exemple typique, où après une faillite catastrophique en 2001, les dirigeants suivants, Nestor Kirchner puis encore plus son épouse Cristina Kirchner, crurent qu'ils pourraient quand même s'en sortir en spoliant ceux qui dans le monde entier leur avait fait confiance en leur prétant de l'argent.

Dès 2002 ils déclaraient qu'ils ne pourraient pas rembourser la dette du pays et demandèrent à leurs créanciers d'abandonner carrément 70 pct de la valeur de leurs obligations. Que croyez vous qu'il arriva? 92 cpt des prêteurs, dont pas mal de banques d'état, acceptèrent la spoliation au détriment de leurs actionnaires ou de leurs contribuables. La France de Messieurs Hollande et Moscovoci, appartint à cette dernière catégorie.Merci pour nous. Les autres créanciers,des fonds d'investissements, face au pourcentage de la spoliation, préférèrent ne pas l'accepter et poursuivre le pays en justice.

Il s'en suivit 15 ans de bataille juridique, fort coûteuse en frais d'avocat, mais les fonds concernés, que Madame Kirchner avait baptisé "fonds vautours" et dont nous répétions complaisamment la dénomination injurieuse, gagnèrent finalement leur combat. L'amusant c'est que dans les clauses contractuelles de tous ces contrats, l'Etat Argentin s'était engagé  par une clause dite pari passu, de traiter tous ces créanciers de la même manière Et que donc le résultat de l'action des fonds vautours si elle réussissait aurait aussi des résultats positifs en notre faveur.

Ce fut finalement ce qui arriva. Les fonds NML et Aurélius de Messieurs Elliott et Singer gagnèrent leur cause devant la Cour Suprème des Etats Unis qui condamna l'Argentine à rembourser 100 pct de leur dette plus les intérêts ce qui par l'intermédiaire de la clause pari assu risquait de remettre l'Argentine en faillite.

Entre temps Mme Kirschner avait été battu aux élections et son successeur Mauricio Macri a jugé bon de tourner la page et de rejoindre le clan des financiers orthodoxes. Il va lui en couter une dizaine de milliards mais il va pouvoir bénéficier de l'aide du FMI  et emprunter sur le marché libre pour relancer l'économie de son pays et rénover ses infrastructures.

Une histoire de faillite qui se finit bien? Ce n'est pas si fréquent.