Notre Président, de retour d'un tour du monde touristique durant lequel les choses ne se sont pas améliorés pour son pays, vient de faire le tour rituel que font tous nos politiques, tous les ans, au Salon de l'Agriculture.

Sans surprise, pour nous en tous cas, il a été plus ou moins chahuté içi ou là par des agriculteurs qui attendent depuis des mois que ce gouvernement les défendent. Or leur ministre à mi temps, Monsieur Le Foll, n'a pour l'instant que su leur dire, de manière peu aimable, que ce n'était pas lui qui fixait les prix et que donc, je suppose, ils doivent rester dans leur désespoir à crever gentiment sans l'embêter. Merci, Monsieur le Ministre.

Heureusement, notre Président est venu, avec son ministre en couverture, prendre le relais pour nous faire admirer son courage d'aller affronter les injures des agriculteurs,bien abrité quand même par les forces de police, et nous faire part de son intention d'aller immédiatement, maintenant qu'il est rentré de ses vacances de fevrier, se plaindre à Bruxelles de leur incapacité à gérer le problème.Comme si le problème venait de Bruxelles, alors justement qu'une des raisons du manque de compétitivité de notre agriculture provient de cette manie que nos politiques ont de rajouter une couche de contraintes de plus au delà de celles qu'à déjà fixé l'Europe.

On lui souhaite Bonne Chance, pour le moral et la santé de nos agriculteurs, sans oublier, nous, que son Ministre est allé assister le 16 février dernier à une réunion des Ministres de l'Agriculture à Bruxelles dont il est revenu sans le moindre résultat. Pourquoi le Président obtiendrait il plus que son Ministre? Mystère..

Je voudrais lui rappeller à cette occasion ce proverbe bien connu qu'il semble totalement ignorer, à savoir que "Gouverner, c'est prévoir! ". Or qu'a t il fait dans ce domaine depuis 2012 et son arrivée à la Présidence. Pas grand chose malgré des mouvements populaires importants à plusieurs reprises, si ce n'est que de reprendre un mi temps à son Ministre et attendre que les choses se tassent tranquillement.

Mon impression est que le problème des éleveurs est bien plus sevère qu'il n'avait jamais pensé et beaucoup plus structurel. Un reportage en Allemagne et en Espagne a montré que dans ces deux pays l'organisation de l'élévage est très différente de celle de l'élevage français, avec la ferme à 1000 vaches quasi généralisée en Allemagne, et l'éleveur espagnol ne faisant plus qu'élever le betail qui leur est confié par les transformateurs.! Des exemples intéressant à au moins étudier mais avons nous encore des fonctionnaires chargés de ce genre de recherche de solutions au Ministère de l'Agriculture? J'en doute.

Je me souviens qu'à une époque lointaine, il avait fallu révolutionner l'agriculture française qui avait déjà un problème de taille insuffisante des exploitations en procédant à ce que l'on avait appellé à l'époque le "remembrement", un programme colossal d'échange de parcelles de terre. Le problème de lélevage en France de nos jours me semble relever du même syndrome, celui de l'absence d'industrialisation de cette activité.

Allez Monsieur le Président, je vous laisse étudier l'idée et ne la revendiquerait même pas si jamais vous la reprenez!