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Les pétroliers vivent des moments difficiles cette année  avec des résultats d'exploitation particulièrement désastreux. Les compagnies américaines et britanniques ont déjà annoncé les leurs ainsi que les mesures d'accompagnement qui malheureusement vont avec, forte décroissance des budgets d'exploration/production, retrait de tous les gisements ou sites couteux à exploiter et diminution des effectifs.

Le dernier des pétroliers à annoncer ses résultats était le français Total qui vient de le faire. Et là, comme vous pouvez voir sur le graphique ci contre, surprise, Total mène la course en tête avec un résultat d'exploitation quasiment identique à celui de 2014, là où ses confrères perdent au minimum 50 pct de ces résultats!.

Son résultat en effet n'a reculé que de 18 pct là où le prix du brut a baissé de 47 pct en moyenne et le prix du gaz de 28pct!
Quelles explications à cette superperformance dans le contexte que vous connaissez?.Son nouveau PDG, Patrick Pouyanné, fait état d'un programme de réduction des coûts anticipé et plus musclé que celui des confrères, engagé dès le début de 2014, avant le plongeon du baril et des revues à la baisse des dépenses d'investissements sur les gisements nouveaux. Pas très convaincants néanmoins par rapport aux discours de ses confrères. Surtout que Total, cli
mat social français oblige,n'a pas procédé à des diminutions d'effectifs brutales comme ses confrères à l'exception des non remplacements de partants.

Alors, il y a le fait  que sa production globale a augmenté significativement à 2,347 MBJ soit 9,4 pct de plus du fait du renouvellement d'une licence d'exploitation à Abu Dhabi de retour après un an d'interruption et donc d'absence de production, et la mise en production concomittante de 9 nouveaux gros projets ( Angola,Gladstone en Australie) qui avaient pris du retard pour arriver finalement tous ensembles pour renforcer le niveau de production de Total.

Des investissements nouveaux en Exploration/Production prévus venir encore renforcer le niveau de production en 2016 avec la mise en production en Mer du Nord de Laggan-Tormore. Rien de miraculeux pour autant.Finalement il semble que ce soit le maintien du profil traditionnel de groupe intégré avec un raffinage/distribution fort qui ait sauvé la mise du français. Car il est vrai qu'en cas de chute du prix du brut, une des choses que,savent bien faire les pétroliers, c'est le parachute sur les prix de ventes dans l'aval. Je le sais, je l'ai pratIqué!

Si l'on regarde les résultats en détail, on voit en effet que le raffinage distribution a dégagé un  résultat de 6,5 milliards soit 60 pct du résultat global de Total.Une politique d'intégration que Total avait maintenue contrairement à certains de ses confrères qui se sont déjà désengagé de cette branche, comme Conoco-Phillips ou Shell,

Total est ainsi devenu l'égal de Shell si l'on parle en résultat net, et meilleur que Chevron ou que BP, mais pour d'autres raisons. Seul ExxonMobil semble pratiquer une approche semblable à celle de Total.

Reste à transformer ces pîetres résultats en dividende qui est la priorité traditionnelle de cette industrie. Pour les maintenir alors que les résultats baissent il va falloir....emprunter  pour les payer comme un vulgaire gouvernement. ExxonMobil, Shell, et BP ont confirmé les maintenir ainsi queTotal, ENI et Conoco Phillips annonçant, eux, une baisse relativement forte.

Bref une année de transition pendant laquelle on fait le gros dos en espérant que ce foutu brut remonte un jour !