Les péripéties que vit EDF en ce moment sont curieuses et inquiétantes car on ne leur voit pas beaucoup d'issue positives et l'on craint qu'à trop vouloir embrasser, elle ne termine dans le mur. Jugez en plutôt.

  • Vous savez qu'EDF a racheté son homologue britannique British Energy avec comme engagement, vis à vis des pouvoirs publics anglais, de reconstruire son équipement de production d'électricité nucléaire. Dans la pratique, ça doit se traduire par la construction de deux réacteurs nucléaires de type EPR sur le site de Hinkley Point. Le problème c'est qu'EDF en l'occurrence semble avoir eu les yeux plus gros que le ventre. Comme j' avais eu moi même l'occasion de vous le signaler,entre le coût du rachat de British Energy, celui des investissements à y faire pour assurer l'approvisionnement en électricité de la population britannique, le déroulement pathétique de la construction de l'EPR de Flamanville, l'obligation que l'Etat lui a fait de reprendre un Areva en quasi faillite, la nécessité à court terme de reconstruire également le parc nucléaire français et la transition énergétique qui s'impose à elle, on ne voit vraiment pas comment EDF peut financièrement se  sortir de ce guépier.

    Commencons par les deux EPR de Hinkley Point pour lequel la décision de les construire doit être prise le 27 janvier. C'est un investissement énorme qui se monte de manière préliminaire à 23,7 milliards d'euros dont EDF doit porter les 66,5 pct, EDF ayant néanmoins réussi à "vendre" les 33,5 restant à son homologue chinois contre compensation à venir en France ou en Angleterre.Or EDF a pris comme hypothèse dans son projet une durée de construction de six ans ou 72 mois alors que pas un seul EPR n'a été construit à ce jour dans un temps aussi court. Flamanville est désormais prévu etre terminé au bout de 132 mois et même celui de Taishan en Chine avec des conditions particulières à ce pays en terme de volant de personnel pour le construire (10 000 personnes), de possibilité de travailler 24hrs sur 24 et de flexibilité du droit du travail.

    Il est vrai qu'EDF est prévu beneficier de l'expérience acquise dans les constructions des EPR précédents, mais EDF n'a jamais eu à travailler avec l'Autorité de Sureté Nucléaire britannique et l'expérience de Areva en Finlande a montré que c'était la plus ou moins grande souplesse de cette autorité était un élément très important dans le respect des délais de construction et de la maitrise des coûts. De même, comme en France, le tissu industriel anglais n'a oas construit de réacteur depuis plus de 20 ans et dans ces conditions il existe une phase de réapprentissage de ces techniques.Sans compter la maîtrise de l'outil de fabrication des cuves au Creusot, qu'effectue un Areva exsangue financièrement et à la qualité de fabrication discutable.

    Il apparait que le projet est parti sur des bases très/trop optimistes de durée de construction et de coût.

  • EDF subit en ce moment la fin des tarifs règlementés pour les clients industriels, les tarifs dit jaune et vert, soit 450 000 sites consommant globalement 125 Twh ou 30 pct de la consommation totale d'électricité en France, dans le cadre de l'ouverture, longtemps différée, du marché français à la concurrence.Les projections des résultats de ces renégociations en cours montrent qu'EDF devrait perdre 30 pct de ces marchés soit 10 pct de la consommation totale de la France.
    Quand on voit son marché potentiel s'effriter brutalement d'autant, cela veut dire qu'il faut trouver à revendre ces volumes à d'autres clients étrangers ou sur le marché libre avec une perte de rentabilité importante ( 10 à 15 pct).Le manque à gagner de cette ouverture à la concurrence a été évaluée à 1,3 milliards d'euros sur l'année 2016

  • L'Etat face à sa filiale Areva mise en quasi faillite suite à sa gestion catastrophique de la construction de la centrale nucléaire d'Okilluoto en Finlande, à ses investissements déraisonnablement  aventureux dans les mines d'Uranium et à la baisse inattendue des projets de centrales nuclaires dans le monde après Fukushima,n'a pas trouvé d'autre solution pour ragallardir Areva que de vendre ses activités de réacteur à ...EDF. Une decision discutable à mon sens que de vouloir mélanger les activités d'exploitant électricien et celle de concepteur et vendeur de réacteur à ses confrères et concurrents électriciens dont je pense qu'ils auront de la peine à acheter des EPR à ce confrère/concurrent alors qu'il existe pleine d'autres réacteurs de qualité à la surface du globe. L'avenir nous dira si cette idée géniale de nos hommes politiques avait une chance de réussir.

    EDF n'avait pas d'autre choix que de s'éxécuter. Elle a pris néanmoins certaines précautions pour ne pas se retrouver toute seule à porter le fardeau de l'exploitation désastreuse d'Areva. Elle a refusé de reprendre à son compte les conséquences des désaccords entre Areva et la compagnie d'électricité finlandaise TVO pour la construction d'Olkiluoto. C'est la résolution de ce différent qui explique la visite récente en Finlande de Emmanuel Macron de laquelle nous devrions connaitre d'içi un mo
    is ou deux le montant de la facture pour le contribuable français.

    A suivre...