• Le réchauffement climatique se traduit déjà par des vendanges plus précoces de deux ou trois semaines, du vin de meilleure qualité, mais sans doute plus fortement alcoolisé. A titre d'exemple le Beaujolais nouveau qui vient de sortir titrait en moyenne 14 degrés alors qu'il y a 20 ans il n'en titrait que 12 et encore avec une utilisation fréquente d'ajout de sucre.

    Il faut donc se préparer à des pratiques culturales différentes que celles que nous utilisons de nos jours et qui avaient pour but de faire justement  murir le raisin plus rapidement comme l'effeuillage ou l'enherbement. Mais à l'avenir cela ne suffira peut être pas et faudra t il faire évoluer les cépages utilisés.Le Merlot, par exemple très utilisé en Bordelais pour ses aromes fruités et son murissement précoce devra peut être céder tout ou partie de ses encépagements au profit du cabernet sauvignon, du petit verdot voire du Carmenère très utilisé en Argentine ou au Chili, voire à des cépages nouveaux ou encore à la désalcoolisation des vins
     
    Au risque de faire évoluer le gout de nos vins, comme le Madiran dont le gout est très lié au cépage Tannat et qui tire de plus en plus vers les 15 degrés. L'Inra, Institut National de la Recherche Agronomique, y travaille dans son projet Vitadapt qui a pour objectif de mettre au point les cépages de l'après 2050.Il a planté une cinquantaine de cépages différents sur un demi hectare au sud de Bordeaux au sein de l'Institut des Sciences de la Vigne et du Vin, l'ISVV.

  • Autre effet de ce réchauffement climatique, on peut produire maintenant du vin de qualité plus au nord de la limite précédemment admise. C'est le cas de l'Angleterre qui disposait bien de quelques hectares de vignes dans le Kent au sud est de Londres mais dont la production était réservé à la consommation locale de vins blanc "médium sweet".La viticulture britannique est désormais en expansion rapide dans les régions cotières de l'extrème sud et sud est.

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    Elle produit essentiellement des vins blancs à partir de cépages allemands plus résistants au climat que les cépages français et surfe sur le succès des vins pétillants dont la consommation se développe fortement. Le critique vinicole du Financial Time recommendait récemment deux "sparkling wine" anglais, le Gusbourne 2007 et le Ridgeview Blanc de Blancs en parallèle avec la Veuve Cliquot ou le Cordon rouge de Mumm.Nul doute qu'il y a une forte part de chauvinisme dans un tel jugement,mais n'oublions pas néanmoins, avant de rejeter un tel jugement, que nos amis anglais sont de très bons amateurs de vins.

    Autre élement concordant avec ce jugement , la décision récente de Taittinger d'acheter avec son distributeur un vignoble de 65 hectares situé près de Canterbury pour y produire un pétillant avec les trois cépages du Champagne, chardonnay, pinot noir et pinot meunier. Avantage des vignobles britanniques, ils ne sont pas limité géographiquement et sa production d'ores et déjà dépasse la production du vrai Champagne avec 4 milliards de cols contre 310 millions de cols de Champagne.

  • Autre pays où la vigne se développe à toute vitesse, la Chine dont le vignoble, avec 800 000 hectares, est devenu le second plus irmportant vignoble au monde derrière la France mais devant l'Espagne. Indifférente aux vins il y a 15 ans elle est devenu un gros producteur et consommateur, les pouvoirs publics en poussant la consommation comme substitut aux spiritueux.L'urbanisation accélérée et l'émergence  d'une classe moyenne en accèlère la consommation qui se porte à 80 pct sur la production locale. 

  • Enfin sur le plan mondial, avec la croissance de la production et consommation , le nouveau monde sera le bénéficiaire de cette montée du marché mondial du vin que l'on estime à 10 pct sur la période 2015/2025. Espérons néanmoins que la France et ses viticulteurs très dynamiques, saura également en profiter