Vous savez que nous devons les 35 heures à la théorie du partage du travail qui date en fait, à la suite du crack de la bourse de 1929 aux Etats Unis, de la Grande dépression économique qui en a résulté partout aux Etats Unis et en Europe par la dépression la plus sevère jamais enregistré. Il en a résulté cet idée de partager le travail puisque 'il n'y en avait pas assez pour tout le monde. L'idée fit long feu mais résultat néanmoins en quelques adaptations sociales comme la reduction de la semaine de travail de 48 à 40 hrs par le Front populaire

Le concept ressortit des cartons vers les années 80 quand le débat public commenca à se structurer autour de la réduction du temps de travail comme compensation à l'obtention d'une plus grande flexibilité de l'emploi et du temps de travail que reclamait l'industie pour accroitre productivité et, déjà, competitivité des entreprises. Il se traduisit içi ou là dans les années 90 par des politiques volontaristes de régulation du temps de travail pour créer des emplois ou pour sauvegarder des emplois dans des entreprises en difficulté. Les diminutions de temps de travail accompagnées de réduction de salaires et de mesure de préretraite permirent de sauver ainsi de nombreux emplois dans la sidérurgie allemande.

Nous en eumes un autre exemple en France avec une loi Robien du 11 juin 1996 qui facilitait le partage du travail pour créer des emplois ou les conserver en cas de difficultés économique, grace à des allègements de cotisations sociales.Puis vinrent avec l'arrivée de Jospin au pouvoir flanqué de Martine Aubry, la mise en place des fameuses 35 hrs.Cette dernière les accompagna autoritairement du maintien des salaires qui se traduisit par une hausse de 11,2 pct automatique de,la partie salaires des prix de revient. Cette erreur initiale fut le début de la perte de competitivité de l'industrie française dont nous continuons à souffrir et qui, malgré les efforts des économistes officiels, ne réussit jamais à créer les emplois qu'elle aurait du générer.

Depuis, si l'on se fie au débat public, nos concitoyens semblent avoir acquis la conviction que les 35 hrs ont été une mauvaise décision.

A l'époque de leur mise en place, on s'était aperçu que chez les fonctionnaires et dans la fonction publique hospitalières, on avait oublié depuis longtemps les 39 hrs et que l'on était déjà.... proche des 32 heures! Il aurait du depuis être remédié à cette situation anormale, mais visiblement nos politiques n'ont jamais eu le courage de le faire comme le révèle différentes enquetes

ET puis voila que le nouveau secrétaire général de la CGT à peine élu, Philippe Martinez, reprend publiquement la philosophie du partage du travail  et affirme que passer aux 32 hrs ne serait pas une absurdité et qu'il était même incontournable pour créer des emplois. Seul détail  qu'il oublie de préciser, comme Martine Aubry en son temps, il ne dit pas si cela se ferait avec perte de salaire et donc compétitivité constante ou avec salaire maintenu et hausse des prix de revient comme en 1998. Mais peut être ne sait il pas ce qu'est un prix de revient?

Argumentaire relayé quasi immédiatement par un autre doctrinaire du Parti Socialiste, Monsieur Filoche, toujours au Comité directeur du PS malgré ses discours véhéments, pour reprendre la même philosophie et affirmer avec force que c'était la solution au chomage. Confronté à une patronne de PME qui est forcée de vendre sa maison pour tenir encore et ne pas licencier ses salarés, il lui sort l'exemple des fraudeurs du fisc de la banque HSBC! Retraité et ex inspecteur du travail ce monsieur n'a su montrer aucune considération pour son interlocutrice dans le malheur. Honte à ce révoltant personnage que le parti ose encore faire parler sur les plateaux!

Voici donc l'état des lieux de ce sujet que vous aviez cru enterré. Il revient à la première page des journaux et sans doute sera utilisé comme un outil de reconquète de l'opinion en temps voulu.