Nos dirigeants et nos médias, histoire sans doute de rendre leurs propres discours plus crédibles, utilisent de plus en plus des consultants, de très haut niveau, si possible avec un titre reconnu, et avec une reconnassance internationale déjà établie.

Nous avons eu sous l'êre Sarkozy, le consultant américain Stieglitz, prix Nobel, excusez du peu, qui est venu nous expliquer que le PIB ou PNB, produit intérieur ou national brut, la référence internationale pour évaluer la santé plus ou moins bonne d'une économie et son évolution, était une foutaise qui ne reflétait pas la perception "véritable bien sur" par les travailleurs de leur situation financière et sociale et qu'il fallait passer à une autre manière de juger de ce ressenti, ce que l'on a appellé le Bonheur National Brut BNB.Le seul pays qui ait jamais adopté cette unité de :mesure est le Bhoutan, petit royaume de l'Himalaya, voisin du Nepal. C'est dire le succès du concept qui un temps avait attiré Nicolas Sarkozy!

Nos politiques, au tout début d'une crise économique, ont sauté la dessus pour faire oublier leur incapacité à résoudre les difficultés économiques. Quant aux médias, si vous leur proposez un nouveau sujet d'interview ou de débat, ils se précipitent pour tendre leurs micros au nouveau venu qui remplit 2 ou 3 heures d'antenne. Bien sur, ça ne dure pas très longtemps,quelques mois seulement, par pays quand même, mais croyez moi pendant ce temps, ils engrangent un maximum.

En voici un nouveau, le nommé Jeremy Rifkin, sorti de Wharton, une grande université américaine concurrente de Harvard et spécialiste des techniques et savoirs financiers. qui arrive en s'appuyant sur un bouquin et sur une nouvelle notion inconnue des médias et des politiques, le coût marginal qui dans le cas de la doctrine et du concept  personnel qu'il professe devient le coût marginal Zero.

De quoi s'agit il? Quand vous observez le fonctionnement d'une machine ou d'un usine quelconque qui fabrique un produit, si vous faite le compte de toutes les dépenses, matières premières, main d'oeuvre,charges, utilités, amortissement, entretien, coût de son financement, pour faire tourner la dite machine ou usine et que vous divisiez ces coûts par le nombre ou le tonnage de produits fabriqués pour le design de la machine ou de l'usine, vous en arrivez au prix de revient du materiel produit,PR. Si vous vendez en moyenne ce produit à PR+10, votre marge est de 10 avec une certaine variation en plus ou en moins suivant les prix de vente que vous arrivez à négocier avec vos clients.

Il arrive assez souvent que, pour prendre un marché, l'industriel entre dans un calcul pervers qui est de dire que ce qui se produit au délà de la capacité de production "design" de la machine ou de l'usine, on peut "travailler en marginal", c'est à dire considérer que tout ce qui se fabrique au dela de cette capacité se fait avec la,plupart des charges entrant dans le calcul du prix de revient inchangées que vous fabriquiez 1100 produits de l'heure plutôt que 1000. Ce qui est vrai pour certains élements entrant dans ce calcul du prix de revient (cout du travail,coût du financement, frais des gestion de l'usine et de la société, etc) et sauf que vous usez votre machine plus vite, ce qui aura un impact à terme sur sa maintenance et sur sa durée de vie. Impact que vous pourrez juger."marginal", une notion qui a quand même conduit quantité de sociétés à la faillite, car tout dépend si vous aurez la sagesse de faire du marginal de manière exceptionnelle et limitée en pourcentage de vos ventes ou si, l'homme étant ce qu'il est, vous vous laisserez aller à prendre de plus en plus de marchés marginaux avec des marges qui effectivement froléront le zero de Monsieur Rifkin

Monsieur Rifkin est donc en train de batir sa fortune personnelle en nous prédisant que notre monde va basculer vers une économie à taux marginal zero et que dans les trente ou cinquante ans à venir, nous passerons dans un système économique où tout sera quasiment à coût nul.Et pour bien vendre son bouquin, il annonce rien moins que la fin du capitalisme ! Pour ce faire il;décrit des phénomènes existant d'ores et déjà comme l'accès à Internet gratuit, ou à certaines industries comme la musique et l'audiovisuel dont vous pouvez télécharger gratuitement les oeuvres. Il extrapole hardiment à d'autres industries plus importantes et critiques comme l'énergie en vous expliquant que le vent ou les rayons du soleil ne coutent et ne couteront jamais rien.Ou en mentionnant que grace à un coût de l'argent dérisoire, vous pourrez devenir autonome en énergie avec votre éolienne ou vos panneaux photovoltaïques personnels   Et il;poursuit en vous décrivant des réalités sociétales existantes comme le passage de la propriété à la notion de mise en communauté d'un bien pour certains de ces biens qui ont tiré l'industrialisation des pays développés depuis 100 ans, dont l'automobile. .

Tout ceci est pour une bonne part vrai et n'importe quel observateur de l'évolution de nos sociétés industrielles pourraient en dire autant. Il oublie de nous parler d'un intervenant qui est effectivement nouveau dans nos cycles industriels et qui,est "le financeur". Car comme le disait Milton Friedman, autre économiste célèbre, "There is no free meals" , " Il n'y a pas de repas gratuit"!  Pour prendre l'exemple d'Internet, nous ne payons plus rien en effet mais il y a bien un financeur qui est l'industrie publicitaire.Pour l'automobile, vous pouvez bien vouloir  passer de la,propriété à la location ce qui fera effectivement diminuer la production des voitures construtes dans le monde en en améliorant le taux d'utilisation, mais il faudra bien payer au financeur le cout financier de l'achat et de l'entretien du véhicule qui s'usera plus vite et devra être renouvélée plus souvent.A moins que vous n'acceptiez que votre voiture soit  transformée en voiture sandwich par les publicitaires !!

Même topo pour l'accès à l'électricité. Où Monsieur Rifkin a t il vu que les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques ne coutent rien.? Vous ne serez plus dans les griffes de votre électricien, mais vous serez passer dans les griffes de votre banquier et des exploitants des éoliennes,ou des réseaux. 

 Ce qui est plus dangereux ce sont les conclusions qu'il en tire à l'attention de nos dirigeants. En très gros laissez tomber vos industries traditionnelles, n'investissez plus dans ces domaines obsolescents , automobile, industries lourdes, energéticiens,voire pétroliers et n'investissez plus que dans les industries d'avenir.

Monsieur Rifkin est un très bon observateur des évolutions de notre monde industriel et commercial et sait très bien les présenter  mais les conclusions et les conseils qu'il prodigue,- préparez vous  à vivre ,en marginal-, en quelque sorte est relativement suicidaire et j'espère que nos dirigeants, qui ne sont pas idiots, sauront eux mêmes  trouver le solutions pour adapter nos économies et nos modes de vie à ces changements de comportement que certaines évolutions techniques ont ou vont générer comme l'arrivée d'internet ou le réchauffement climatique, ou l'accroissement démographique et son corollaire, l'accroissement des besoins alimentaires             

A suivre