Dans notre monde d'aujourd'hui surinformé, il est devenu important pour faire passer les messages que l'on souhaite faire passer, de trouver un moyen qui frappe les esprits de décrire tel ou tel phénomène. Je donne un exemple, le jour de libération fiscale,Tax Freedom Day en anglais qui s'est tenu cette année le 28 juillet est un indicateur grand public qui permet tous les ans de frapper les esprits sur le matraquage fscal auquel nos politiques nous soumettent et sur l'évolution du phénomène dans le temps.

Dans un tout autre domaine, celui de la consommation de nos ressources naturelles à l'echèlle de la planète, une ONG, Global Footprint Network a eu l'idée, en 2000, de définir le jour de l'année à partir duquel nous avons terminé de consommer les ressources naturelles mise à notre disposition par la planète pour l'année en cours et où donc nous commencons à "taper" dans le stock permanent disponible.L'année de la création de cet indicateur, en 2000, c'est à partir du 1er Novembre que la planète était passé de l'état de consommation globale des ressources mise notre disposition par la planète pour l'année à l'état de début de consommation des réserves.

Pour prendre une autre comparaison plus compréhensible, c'est la date dans l'année à partir de laquelle vous avez fini de consommer vos revenus annuels et à partir de laquelle vous commencez à taper dans vos économies.Si vous poursuivez l'année suivante dans la voie de dépenses supérieures à vos revenus, cette date va régresser, si au contraire vous devenez vertueux et arrivez l'année suivante à faire des économies, elle va progresser vers la fin de l'année, étant entendu que dans un monde idéal elle devrait se situer au 31 décembre.

Dans le domaine des ressources naturelles à l'échelle de la planète, c'est infiniment plus complexe à calculer, car elles est influencée par l'accroissement des populations, par le développement économique et la hausse du niveau de vie et par l'évolution des ressources disponibles dans tous les domaines,que ce soient les récoltes agricoles, les matières premières consommables ( viandes, poissons etc),les matières premières industrielles  et l'énergie. Je ne connais pas le mode de calcul qui a du demander de longs travaux à la dite ONG pour le définir et est probablement contestable sur tel ou tel point.

Vous savez qu'il existe un grand principe en Chimie, celui de Lavoisier de mémoire, qui dit que "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". Dans le domaine des matières premières, d'après ce principe, le fait que nous consommions nos gisements à priori n'est pas grave puisque simplement tout s'est transformé. Mais par contre "l'utilisabilité" des matériaux transformés n'est plus la même, voire a disparu .Cas de la ferraille au lieu du minerai de fer dans le premier cas,par exemple, ou cas du pétrole transformé en CO2 et vapeur d'eau dans le second.La valeur scientifique du dit indicateur est donc sans doute très critiquable mais l'important est son évolution d'une année sur l'autre,- à condition que son mode de calcul ne change pas- et l'effet d'alerte qu'il est censé amener aux populations et à leur dirigeants.

Ainsi donc pour 2014 , c'est le 19 août que le monde est passé dans la phase de consommation de ses ressources naturelles annuelles à celle de consommation de ses réserves. En 14 ans donc, nous avons perdu 2 mois et demi de couverture de nos besoins par nos ressources annuelles ce qui veut dire qu'au rythme où les populations mondiales et leur niveau de consommation évoluent, il ne devrait plus rester grand chose à consommer à la surface de la planète dans 50 ans!

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La situation est bien entendu variable d'un continent et d'un pays à l'autre en fonction de l'évolution de sa population, de celle de son niveau de vie et de sa richesse agricole, halieutique, énergétique et en matières premières. Voiçi ci contre l'empreinte écologique de nos différents continents. L'amérique du Nord consomme quatre fois plus de ressources renouvelables que celles dont elle dispose sur son territoire. L'Europe 3,44 fois plus. L'Asie et l'Afrique sont encore en situation d'une certaine sous consommation par rapport à leurs populations et à leur niveau de vie ce qui leur permet ...d'en vendre aux autres continents. Mais globalement, nous sommes déjà en situation de consommation excessive par rapport aux ressources renouvelables

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 Autre manière de présenter la situation,le tableau ci contre  par rapport à nos ressources naturelles, continent par continent.La difficulté se corse si on se projette dans l'avenir en faisant des   hypothèses d'évolution des populations et de leur niveau de vie par rapport aux ressources naturelles dont elles disposent. Ceux qui sont en position favorable sont ceux qui disposent d'un PÏB élevé, d'une population limitée et de ressources naturelles importantes. C'est le cas par exemple de l'Australie,de la Nouvelle Zélande ou de la Suède. Ceux qui sont et seront dans la situation la plus critique sont ceux à forte population, à faibles ressources naturelles et à faible PIB comme l'Inde ou Haiti.

Or, globalement 86 pct de la population mondiale vit dans des zones en état de déficit écologique et 72 pct de ces pays sont ceux qui, en plus,ont le PIB le plus faible.Ce sont les plus vulnérables à l'évolution de la situation.

Le président de Global Footprint Network donne bien quelques recettes pour s'en sortir comme privilégier les ressources de substitution moins consommatrices de ressources naturelles, ou de revoir le mode d'urbanisation pour revenir à des villes plus compactes et efficaces, ou de revoir nos modes alimentaires. Facile à dire mais pas facile à faire et dans tous les cas ça prendra du temps, plus que nous n'en avons.

Alors il suggère à demi mot une solution peu populaire dans l'opinion publique. Eduquer les populations pour qu'elles considèrent que de disposer de familles plus petites et de moins de jeunes ne serait pas une catastrophe.

Le grand retour du Malthusianysme en quelque sorte!