Au tout début de la crise Ukrainienne, je vous avais, dans un message du 6 mars 2014 que je vous invite à rélire, donné ma vision prospective de ce qui allait se passer, compte tenu des attitudes des pays "supportant" tel ou tel intervenant dans ce conflit en principe interne au pays.

Bref rappel. Tout d'abord , un pays qui pour des raisons historiques est constitué d'une zone peuplée par de "vrais ukrainiens", l'ouest du pays, et d'une zone à majorité de population russophone, l'est du pays.Un pays qui, avec la Crimée, possède ou gère l'accès à la Méditerraneé de la flotte russe(!!!). Des suppporters avec des intérêts divergents, d'un coté une Union Européenne principalement intéressée â s'ouvrir de nouveaux marchés comme elle l'a montré pour la Roumanie, la Bulgarie et d'autres pays de l'est. C'est son coté libéral ou mercantile. De l'autre, une Russie, ex grand pays de ce monde à parité avec les Etats Unis du temps soviétique, ou même avant du temps du tsar, qui en a conservé cette fierté et cherche à retrouver cette position et qui souhaite (tait?) construire entre l'Union Européenne et elle un glacis de pays plus ou moins frères.Glacis dont j'avoue ne pas bien voir en quoi cela aurait géné l'Union européenne de passer par cette phase intermédiaire pendant une cinquantaine d'années, avant d'établir des relations plus proches le jour où la Russie aurait acquis une culture plus démocratique et une importance économique plus forte  

Coté personalités gouvernantes, à l'ouest, une masse de dirigeants aux caractères très divers, liés, en paroles surtout,à une vision commune de la gestion démocratique des hommes, mais pas réellement prêts à aller au dela des paroles et de quelques représailles économiques qui leurs font autant de mal qu'à la Russie, A l'est un autocrate tsariste qui n'a pas de problèmes d'élections en vue à gagner avec une forte personalité, pas effrayé de "faire la guerre" et qui sait avoir des atouts dans sa manche, l'approvisionnement énergétique de l'Europe ou l'exploitation des zones sibériennes et  arctique, qui peuvent nous faire mettre les pouces quand il voudra.

A mon sens, c'était joué d'avance et je vous montrais dans le dit message ci dessus la carte future de l'Ukraine. Et puis Poutine avait eu l'air de se satisfaire de son annexion de la Crimée que plus personne ne lui conteste (!!!) alors qu'elle a des conséquences stratégiques importantes et donc, je pensais que l'affaire allait s'arreter là.C'était sans compter sans la persistance des russophones à vouloir se libérer de Kiev, l'art de la dissimulation ( du mensonge?) de Vladimir Poutine et l'image d' hésitation et de vacuité des possibilités de rétorsion du monde occidental. Poutine a bien saisi qu'il avait en face de lui un ventre mou de démocraties incapables de s'opposer à lui et trop occupés par leurs "petits" problèmes médiatico- économiques.

Il a donc continué à taper dans le tas. Encore heureux que la surveillance satellitaire dont dispose l'Occident ait pu établir la réalité physique des incursions russes en Ukraine, sinon il nous aurait fait croire que tout cela se passait sans aucune intervention de sa part.Il a même eu l'audace de nous menacer d'un risque de rupture d'approvisionnement en gaz l'hiver prochain ....en le mettant sur le dos de l'Ukraine dont il nous disait qu'elle pouvait confisquer à son profit le gaz russe qui transite par gazoduc au travers de son territoire à destination de l'Union Européenne!

Que croyez vous qu'il va se passer alors que l'armée ukrainienne semble s'être fait battre par la rebellion pro-russe? La partition de l'Ukraine en une partie russe, soit rattachée à la Russie, soit indépendante pour satisfaire les démocraties occidentales, et une Ukraine réduite qui nous faudra soutenir économiquement.Une partition qui correspondra néanmoins à la répartition ethnique du pays et qui corrigera quelques erreurs historiques de fixation de frontières des responsables politiques de ces cinquantes dernières années.

Les faits sont en effet tétus et peuvent même se venger des hommes....