Et voilà, on y est arrivé! Après avoir refusé de regarder les réalités en face depuis deux ans et demi, voila que notre Président fait sa révolution intellectuelle. Il a compris qu'on ne peut se battre éternellement contre le monde entier, contre les évidences, contre tous ces gens compétents qui ont compris 15 ans avant les socialistes français qu'a force de dépenser à tout va, on allait dans le mur, contre les Attali, référence socialiste pourtant, qui lui prédisait la disparition de l'Euro si nous continuons comme ça, contre Angela Merkel et la Mannschaft qui a gagné en économie comme en football.

Oh, notre Président, qui est quand même loin d'être un imbécile, savait tout cela depuis longtemps. mais, avec son expérience politique, il savait qu'il n'était pas possible d'être élu Président en disant la vérité comptable aux français, en leur promettant du sang et des larmes à la Churchill, en ne leur décrivant pas un avenir radieux, en ignorant le savoir des gens compétents. Il a donc choisi de nous mentir, aidé par sa cohorte de faire valoir à la recherche de postes ministériels et de communicants tout à fait compétents pour promouvoir une chose et son contraire.

Il a fallu ensuite prendre à bord de son bateau ceux qui l'avaient aidé, dont certains croyaient sincèrement à la vision de l'économie socialiste de gauche, aux promesses de l'écologie en terme d'emploi, et à diverses théories des chercheurs en philosophies sociales comme la théorie du genre, celle de l'homme naturellement bon de Rousseau ou même celles de Monsieur Stiglitz, Prix Nobel, amené à grand frais chez nous par son prédécesseur Nicolas Sarkozy, pour remplacer le Produit Intérieur Brut, PIB, trop comptable et désespérant, par le Bonheur National Brut. La victoire du baratineur sur les réalités comptables qui ne pouvait qu'attirer les artistes de la parole..

Il y avait dans tout ce fatras, des idées intéressantes que l'on pouvait mettre en oeuvre sans trop de casse financière ou sécuritaire, des changements d'orientations sociales avec des implications positives ou encore des changements de politique à faire accepter par nos partenaires européens et monétaires comme la fameuse relance. Pour cela il aurait fallu du génie chez les hommes choisis pour les mettre en oeuvre, du pouvoir de conviction chez notre Président, du temps ou une situation moins dégradée qu'elle n'était, des priorités différentes en s'attaquant d'abord aux vrais problèmes économiques plutôt que sociaux. Sans doute un autre calibre que les JM Ayrault, les Moscovici, ou les Sapin, l'homme qui voit le terrain descendre dans les montées,davantages de ministres ayant eu une expérience de notre point faible, l'économie réelle de terrain, celle des PME, et sans doute moins de convaincus de la bible socialiste.

Ce ne fut pas le cas, on commença par matraquer le contribuable, le salarié et les entreprises, en voulant oublier certaines réalités physiques comme le vieillissement des populations, en mettant au pilori public ceux qui font tourner cette économie en prenant des risques, les patrons de PME/PMI, les Pigeons, en ignorant les familles dont la mobilisation fut une surprise, en voulant maintenir prioritairement la satisfaction des besoins sociaux en oubliant que l'on ne peut redistribuer que ce que l'on a crée et produit, en ne touchant pas à une fonction publique pléthorique par tous les standards des pays industrialisés.

Oh, il y eu quelques adaptations à ces premières approches désastreuses avec le rapport Gallois et le Cice, quelques retours en arrière modestes face à certaines levées de bouclier, mais toujours trop tard, trop long dans la mise en oeuvre, trop peu et surtout dans l'ignorance des contingences économiques et dans la croyance maintenue que c'est le gouvernement qui mène le pays. A sa perte oui, mais plus à sa réussite.On s'est fait jeté par les autres membres de l'Union Européenne et de la zone euro sur les questions de relance, au motif qu'ils attendent toujours que nous fassions ce que partout ailleurs on considère comme un prérequis, la diminution des dépenses. Ils ont peut être tort, mais eux au moins se voient un avenir et pas un mur face à eux 

Depuis on vivote à coup d'ajustement et en ménageant les courants, les tendances et les sectarismes. L'électeur lui ne s'y est pas trompé qui a vu son pouvoir d'achat baisser, son entreprise mettre la clé sous la porte, son député continuer à bien vivre sous les ors de la République et a renvoyé chez eux une partie de ces favorisés du système à la première occasion.

On est passé de Ayrault/Moscovici/Sapin/Peillon à Valls/Sapin/ Cazeneuve mais on a conservé les idéologues, ceux qui pensent que l'on peut toujours tout en économie en suivant leur bible et ceux qui continuent à haïr les entrepriises, leurs chefs et leurs actionnaires sans avoir jamais possédés eux mêmes, à titre personnel, la moindre action de ces entreprises ni y avoir exercé de responsabilité sérieuse. Ainsi va la vie jusqu'à ce que le mur se rapproche.

Heureusement pour nous et notre Président, nos activistes sont allés très loin jusqu'à forcer un Président qui ne l'aurait pas fait naturellement, à les "foutre déhors". Et encore en apparaissant comme  les sauveurs incompris de la République.

Nous voiçi donc avec un gouvernement revu et corrigé vers la social démocratie, dans la tendance Merkel, revenu dans les théories classiques des économistes sérieux matinées sans doute d'un peu d'utopie restante, cohérent dans ses manières de pensée et de se comporter et sans doute un peu plus crédibles auprès des entreprises et plus à même de mettre en place les réformes de structures que tout le monde à l'extérieur de la France attendait. Bref susceptible d'éviter d'aller dans le mur.

Il reste à convertir les députés...!  Qui depuis les modifcatioins de constitution de Nicolas Sarkozy ont du pouvoir et en particulier celui de modifier ou de refuser les propositions du pouvoir exécutif et qui eux restent convaincu que l'on peut tout faire sans respecter l'orthodoxie comptable et financière et sans se serrer un peu la ceinture eux mêmes. 

Ce n'est pas gagné.D'une certaine manière, le fait d'avoir toujours accès à des prêts à des taux dérisoires ne nous a pas aidé, contrairement aux Espagnols et aux Italiens,, à virer notre cutie et à entrer dans le monde de la social démocratie. Espérons que la conversion du Président et l'éviction de ceux qui voulaient continuer à "investir" comme ils disent, "depenser" comme je pretends, à tout va, nous permettrons de prendre le virage de la gestion professionnelle et d'éviter le mur tout en conservant ce soupçon d'idéalisme qui fait le charme de notre peuple