J'ai eu l'occasion de vous faire ces jours derniers un panorama complet des problèmes de risque de pénurie d'eau dans le monde en résumé d'un article documenté sur le sujet du Financial Times que j'ai essayé de résumer au mieux. Il est temps d'en arriver aux considérations finales, aux conclusions et à quelques propositions de solutions telles qu'elles ont été exprimées par Peter Brabeck le PDG de Nestlé . Les voiçi:

a/ Le problème majeur qui affecte la gestion de l'eau et sa rareté réside essentiellement dans le fait que son utilisation est soumise à plusieurs  régimes totalement différents, celui de la gratuité et de la disponibilité prioritaire pour l'agriculture, celui payant mais à disponibilité sans limite, l'utilisation domestique  et celle payante mais non prioritaire pour les applications industrielles. Cela se traduit par des confrontations parfois violentes entre les différentes parties, les agriculteurs contre l'usine voisine, Coca Cola par exemple, dont ils pensent qu'elle affecte la disponibilité de "leur eau".
Le fait que pour certains utilisateurs l'eau n'a pas de prix fait qu'un accorde peu d'attention à sa préservation et qu'on a tendance à la gaspiller facilement. Un exemple frappant de ces différences, le cas du brasseur SAB Miller qui pour sa brasserie d'Afrique du Sud, a installé un système d''approvisionnement en eau qui rejette plus d'eau qu'elle n'en prélève dans les nappes phréatique  à un cout de 50 cts le m3 quand les fermiers qui cultivent pour lui aux alentours l'orge dont il a besoin pour produire sa bière, l'ont à  0,5 cts!

b/ L'écologie de l'eau et celle de l'air et du réchauffement climatique peuvent avoir des intérêts contraires. Par exemple en Chine, il a été décidé de supprimer le refroidissement à l'eau des centrales à charbon et le remplacer par du refroidissement à l'air.Mais pour ce faire il faut plus d'énergie et donc consommer plus de charbon et polluer davantage l'air.

c/Nous sommes confronté pour les raisons ci dessus à une mauvaise gestion des ressources hydriques qui ne permettent pas de prendre les décisions appropriées en cas de problèmes et ce d'autant plus que les conditions d'insuffisance de ressources ne sont jamais générales mais extrêmement locales en fonction des déséquilibres entre les besoins des uns et des auitres

d/Globalement, il est prévu qu'en 2030 la demande en eau douce excédera de 40 pct la disponibilité avec de larges variations géographiques si nous n'améliorons pas la ressource et ne maîtrisons pas les utilisations inefficaces

Que faut il ou que pouvons nous faire? Pour Monsieur Brabeck la solution est essentiellement entre les mains de politiques et des administrations qui les servent. Il faut tout d'abord mettre en place des politiques de régulation globales de l'utilisation de l'eau, tous utilisateurs confondus avec des limites particulières pour l'irrigation à partir de nappes phréatiques et pour une meilleure réutilisation des eaux usées. Il y a des précédents, à Singapour ou en Israêl., pourquoi ne pas s'en inspirer?

Un type d'action qui n'est pas couteux mais est très effectif doit être privilégié. celui de la "chasse aux fuites" . L'expérience montre que cela est 50 à 200 fois plus efficace dans un réseau de distribution d'eau que d'investir dans une usine de traitement d'eaux usées. Apprendre à utiliser les eaux usées pour certaines applications est également une solution appréciable. La plus grande difficulté, néanmoins sera de convaincre le personnel politique de réguler utilisations et subventions aux populations agricoles.

En conclusion finale ne jamais oublier que nous serons à court d'eau bien avant d'être à court de pétrole et qu'il est plus urgent de résoudre les problèmes de disponibilité d'eau que de gérer le changement climatique!