Avec cet air connu d'Offenbach, c'est comme cela que j'exprimerais le résultat majeur du repas avec des représentants  des sociétés étrangères opérant en France que notre Président avait convié à diner pour leur demander ce qu'il fallait qu'il fasse pour que leurs groupes veuillent bien investir en France et y créer des emplois. Heureusement, il avait sa formule miracle dans sa poche sous la forme de huit mesures d'ordre administratif qu'il pensait sans doute pouvoir attirer les chalands.

L'important, comme l'a dit Mme Bric, notre Ministre du commerce extérieur, c'est le changement de tonalité, nous a t elle dit. Et là il y en a eu, poursuit t elle, nous sommes passés des déclarations d'intention aux vrais preuves du changement d'attitude de ce gouvernement et de ce Président !!! Avec les dites mesures , bien sur. 

Comment peut on se bercer une seule minute de telles illusions, Mme Bric? Prenez vous les chefs d'entreprises pour des idiots congénitaux qu'ils ne puissent faire la différence entre des déclarations d'intention et des avancées concrêtes? Surtout après deux ans de preuves, bien concrêtes cette fois, que cette majorité deteste l'entreprise et qu'elle est prête à le lui montrer tous les jours;

Et qui plus est, le jour même où ces messieurs sont recus à l'Elysée, l'Assemblée Nationale vote un loi qui va encore hérisser le poil des entrepreneurs, une loi Hamon, c'est tout dire, en empéchant un créateur d'entreprise d'en réaliser la vente sans l'accord de son personnel et de ses syndicats! Curieux télescopage de dates, n'est ce pas? Le même jour on entendra Mélenchon se plaindre violemment du si léger changement de pied de notre Président et la tête de liste du PS aux élections européennes, le leader de la grève de Florange,Martin je crois, attaquer une fois de plus le capitalisme , l'entreprise et les entrepreneurs sans comprendre que son Président a changé d'avis. Curieux, pour le leader d'une liste  à des élections européennes!   

Ces messieurs les chefs d'entreprise invités sont des gens polis. Ils ont écouté. Je trouve que c'est déjà une grande gentillesse pour les platitudes que le Président avait à leur dire. Pour une part d'entre eux, ils se fendront d'un email à leur patron hors de France pour leur,expliquer qu'il ne s'est rien passé à ce repas. Les autres, je suis sur, ne le feront même pas.

Le seul patron interviewé à la sortie qui n'a pas pratiqué la langue de bois est ce patron d'un groupe autrichien qui a dit que pour un salarié à 45 000 euros par an, il y avait 10 000 euros de plus de charges en France qu'en Autriche. Un écart tout à fait rédhibitoire. Madame Bric qui parlait de preuve du changement de climat envers l'entreprise en France, devrait se dire tout de même qu'un tel écart sur les charges ne serait jamais compensé par une facilité de visa ou quelques gimmicks du même style sortis de la besace du Président.

Ce serait risible si ce n'était pas si triste, car il s'agit de l'avenir de notre pays et des jeunes générations. Comment avons nous pu confier les rênes de l'économie à de tels  rigolos !