Vous vous souvenez des attaques des syndicats et même du Ministre du Redressement Productif contre la famille Peugeot au début de la période de tension liée à la fermeture de l'usine d'Aulnay. 

Je suis certes tout à fait d'accord que la famille Peugeot a une lourde responsabilité dans la lente dégradation de la situation de la société et je vais y revenir.Mais de la à vouloir simplifier ou réduire cette responsabilité à une question de cupidité de la dite famille qui roulerait sur l'or, c'est vouloir clouer publiquement au pilori toute une famille dont certains membres ont porté cette société tout au long d'un siècle au niveau où elle était encore il y a une dizaine d'années,- 2ème constructeur en Europe en part de marché, excusez du peu- , et reprocher à d'autres, parfois eloignés des responsabilités opérationnellles, de ne pas avoir tout compris d'un marché et d'une industrie particulièrement complexe.

ScCoursBoursePSAC'est vrai qu'il existe en Europe d'autres groupes capitalistes familiaux qui  ont échappé à la chute toujours possible de leur groupe, comme, dans la même industrie, la famille Quandt en Allemagne qui possède toujours 47 pct du florissant BMW, en France la famille Michelin ou en Italie la famille Agnelli. Ou dans d'autres secteurs, des familles qui ont su créer au contraire de nouvelles générations de capitalistes familliaux comme les Mulliez ou la famille Pinault. Mais elles n'ont pas encore passé le siècle d'existence ni eu à vaincre de ce fait les problèmes de dilution du capital au fil des générations ou de manque de renouvellement de leader suffisamment compétents pour assurer les successions au sein du groupe.

On peut leur reprocher de ne pas avoir vu le monde de l'automobile évoluer ou de ne pas avoir compris cette évolution et ses implications pour leur groupe en terme de relocalisation à l'extérieur de la France puis de l'Europe.On peut leur reprocher de s'être cantonné à des coopérations limitées, -le crédo de Monsieur Folz, pourtant pas de la famille ! -, au détriment d'alliances beaucoup plus globales.C'est vrai qu'elle a parfois oublié l'importance du client, fait parfois de mauvaises affaires (Talbot), loupé les pick up et de ce fait l'Afrique et mal capitalisé sur des expansions existantes comme celle en Chine, en Inde ou au Nigéria.

Ramener néanmoins leurs erreurs au seul effet d'une supposée cupidité est par contre un coup de pied de l'âne de la part d'incompétents, ce que l'on peut admettre d'un syndicaliste mais pas necessairement d'un ministre à prétentions. La preuve, la voila ci contre avec l'évolution du cours de bourse de l'action PSA sur toute cette période qui est passé d'une valeur de 40 euros l'action au début 2008 à 4 euros, soit dix fois moins, au plus bas de la crise mi 2013. La "famille" a vu son capital diviser par dix en moins de quatre années. Pas étonnant dans ces conditions qu'ils soient forcés de vendre, s'allier ou mourir.Il leur en reste largement bien entendu d'un siècle de gestion prudente et quand même réussi, mais il n'y a rien qui justifie de clouer cette famille au pilori.

Merci Peugeot pour une aventure industrielle réussi à leur propre bénéfice mais aussi de celui de leurs salariés, sous-traitants bénéfice qui n'est d'ailleurs pas terminée...

A suivre