Nous sommes un pays à culture socialiste forte qui dispose d’un ministre, Monsieur Benoit Hamon, chargé de s’occuper du secteur associatif qui comporte une branche plus particulièrement industrielle, qui est le secteur des coopératives. J‘avais eu l’occasion de vous faire ressortir son importance dans le domaine financier, avec les assurances, et dans le secteur agricole avec les multiples coopératives qui existent dans le monde rural et de mentionner ses spécificités, 1 vote par membre de la structure coopérative, des salaires susceptibles de hausse ou de baisse en fonction de la santé financière de la structure et des évolutions d’effectifs résultant de votes en Assemblée Générale.

Selon leur ministre et la croyance populaire, le secteur coopératif était en sorte « protégé » de la crise puisque ce n’était pas la loi du profit maximal qui s’appliquait, non plus que celle qui privilégie les actionnaires dans les sociétés privées au détriment des salariés.

C’est pourquoi, je fus assez surpris d’apprendre qu’une des filiales industrielles du plus grand groupe coopératif mondial, le groupe espagnol Mondragon, frolait le dépot de bilan. Depuis Fagor-Brandt l’a même déposé et cherche, avec l’appui du tribunal de Commerce, un repreneur qui sera forcément de structure capitalistique traditionnelle. L’avenir nous dira qu’elle sera la casse sociale de l’échec de Fagor-Brandt   et si un société classique peut faire mieux dans ce domaine qu’une coopérative.

Je crains que l’on ne découvre qu’en environnement très concurrentiel, ce ne soit la qualité des hommes qui fasse la différence et que le fonctionnement des structures coopératives n’assure pas nécessairement la sélection des meilleurs.

Dans le même temps où nous suivons les difficultés de Fagor-Brandt, on nous apprend qu’une autre des filiales du groupe Mondragon, le géant de la grande distribution espagnole Eroski est également en difficulté et fait face au mécontentement de ses 30 000 coopérateurs, clients ou employés.

Eroski doit restructurer une dette de 2,5 milliards d’Euros et avait emprunté à ses coopérateurs 660 millions d’euros qu’il est incapable de rembourser. Il leur propose donc de transformer ces titres de dette perpétuelle en obligations sur 12 ans avec une décote de leur valeur de 30pct. Fureur des personnels qui s’estiment avoir été flouée par leur direction (élue).Sans compter que les titres Eroski ont déjà perdu 70 pct de leur valeur en bourse.Le procès a déjà débuté..

Sur le plan de la restructuration de l’outil industriel de la société, par contre, ça avance davantage. Eroski se recentre déjà sur la taille Supermarché et ferme les magasins non rentables. Sa perte d’exploitation qui était de 121 millions d’euros reste au même niveau en 2013, mais la dette a déjà diminué de 1,2 milliards d’euros. Il y a donc de l’espoir, mais ca passe par les méthodes classiques des sociétés anonymes capitalistes.

Alors, les SCOP des structures qui marchent seulement par beau temps économique ?