• J'avais eu l'occasion dans différents articles des 11 septembre 2008, 28 aout 2011 et 5 novembre 2012, entre autres, de vous signaler les prétentions territoriales des pays riverains de l'Ocean Arctique sur ses eaux et ses richesses sous marines.

    Les intérêts économiques possibles de ce vaste espace maritime sont de deux ordres: Le passage de bateaux car avec la fonte des glaces liée au réchauffement climatique, il devient envisageable de créer une nouvelle voie maritime entre l'Atlantique et les pays développés du Nord et la zone Pacifique et les pays de l'Asie du Sud est, qui serait plus courte et moins couteûse que la passage par le canal de Panama, même rénové. L'autre intérêt économique est bien sûr la recherche et la découverte éventuelle de gisements de pétrole.

    ScPretentionsCanadiennesArctiquesjpg

    Les concurrents pour cette manne en sont le Canada d'un coté, la Russie de l'autre, le Danemark, et donc l'Union Européenne, au milieu via le Groënland, et, à un moindre titre, la Norvège et les Etats Unis. De nombreuses escarmouches ont déjà eu lieue entre les divers protagonistes dont le plantage par une expédition russe d'un drapeau russe sur la Dorsale de Lomonossov, qui est la chaine de montagne souterraine de 1800 km qui sépare en deux, au fond des eaux, l'Océan Arctique. Chaine de montagne importante car c'est sur son existence que se base la Russie pour justifier ses revendications territoriales.

    Le Canada vient de relancer la bataille en déposant le 6 décembre à l'Onu une demande de revendication territoriale auprès de la Commission des limites du plateau continental, crée par l'ONU pour gérer ces questions qui ont pris de plus en plus d'importance au fil des découvertes de pétrole en off shore. Pour ce faire, la Canada a transmis des données sur les limites extérieures de son plateau continental coté Océan Atlantique et des données préliminaires sur la poursuite de ce plateau coté Océan Arctique. Le Canada dispose d'un Ministère du Développement du Nord, dont la Ministre, Léona Aglukkaq a rappelé que "Le nord est un élément essentiel de l'héritage et de l'avenir du Canada".Au total ce sont 1,7 millions de Km2 sur lesquels le Canada réclame la souveraineté.

    La Russie a immédiatement réagie en ordonnant d'accroitre la présence militaire russe dans l'Arctique. A suivre...

  • Autre revendication territoriale dans cette zone, entre la France et le Canada cette fois, celle qui a trait à la surface des eaux territoriales relatives aux possessions françaises des iles St Pierre et Miquelon. Elles ont déjà bénéficiées de l'extenson des eaux territoriales à 200 miles mais selon le nouveau droit de la mer, nous pouvons même aller au delà, du fait de la proximité de ces iles avec le golfe du St Laurent. Ce faisant, nous empiéterions sur ce que le Canada considère comme ses propres eaux territoriales.
    Nous avons exprimé officiellement notre intention de déposer un dossier réclamant une extension de nos eaux territoriales à 47 000 km2 en direction du golfe du St Laurent. On estime à 600 à 700 millions de barils, les réserves exploitables dans cette zone dont 10 pct environ, si notre demande est reconnue par l'Onu, nous reviendraient. Ce n'est pas le bout du monde, mais dans un pays comme le notre sans ressources pétrolières, ce serait toujours ça de pris...
    D'autant que la compagnie norvégienne Statoil a déjà fait des découvertes aux alentours de Terre Neuve.