Vous savez que si EDF s'etait si fortement intéressé à son collègue britannique,British Energy, au point de le racheter en 2009, c'est d'abord pour capturer une partie du marché anglais de l'électricité et surtout parce que la Grande Bretagne, sous l'égide de Tony Blair puis de David Cameron, avait fait, seule en Europe, le choix de poursuivre le pari du nucléaire. Il est vrai que l'Angleterre, qui avait vécu sur le gaz et le pétrole de la Mer du Nord depuis quarante ans, était confrontée à un mur de l'énergie avec la fin de la rente de la Mer du Nord et la fermeture de ses centrales à partir de 2023.

Le gouvernement britannique était également attentif à tenir la réduction des émissions de CO2 du pays à laquelle il s'était engagé  vis à vis de Bruxelles soit 80 pct d'émission en moins d'içi 2050. Un soucis qui semble bien avoir disparus des objectifs des autres pays membres de l'Union Européenne ! Or la répartition des énergies primaires en Grande Bretagne dans la production d'électricité comprend 43 pct d'électricité produite à partir de charbon (!) fortement polluant au dela de ses émissions de CO2. 

Restait bien sur à négocier les conditions dans lesquelles EDF allait pouvoir construire de nouvelles centrales nucléaires ce qui supposait d'y trouver des terrains pour les construire et surtout de se mettre d'accord sur le tarifs de l'électricité vendue aux anglais pour permettre de financer de tels travaux qui tiennent du pharaonique et d'assurer un retour décent sur de tels investissements.

ScHinckleyPoint

Apparemment, au bout de long mois de négociation, c'est fait !

C'est à Hinckley Point, dans le Somerset, sur la côte ouest de la Grande Bretagne,au dessus de la Cornouaille que seront construits les deux réacteurs sur lesquels EDF Energy et le gouvernement se sont mis d'accord qui viendront probablement remplacer à terme les réacteurs existants construits en 1976

EDF Energy,qui était court de moy
ens financiers comme sa maison mère, a réussi à amener dans cette aventure les deux plus importants exploitants chinois de centrales électriques, CNG,China General  Nuclear Power Group, et CNNC,China National Nuclear Corporation, qui ont l'avantage d'apporter avec elles, une grande expérience, meilleure que celle d'EDF incidemment, de construction de centrales nucléaires y compris d'EPR et d'opération de ces centrales (17 tranches en fonctionnement et une trentaine en construction!)

En plus bien entendu de leur participation financière qui sera de 30 à 40 pct pour les deux société chinoises, contre 45 à 56 pct pour EDF Energy, 10pct pour Areva qui fournit le réacteur et une dizaine de pour cent pour des fonds d'investissement ou souverains. Au total le projet est prévu couter désormais 18,9 Milliards d'euros dont 2 milliards pour l'achat et l'aménagement du terrain. C'est le consortium prévu être constitué entre les partenaires ci dessus qui portera la dette et en paiera les intérêts, EDF gardant à sa charge 2,5 milliards d'euros qui viendront grossir la sienne et que nous retrouveront sans doute dans le prix de notre Kwh.

18,9 milliards d''euros c'est globalement 2 fois les 8,5 milliards que coutera Flamanville. Les 2 milliards d'euros économisés en moins en coût d'ingénièrie et en durée de construction plus brèves seront compensés par davantage de béton lié au site et au surcoût des exigences de l'Autorité de Sureté Britannique.

Face au coût de l'investissement, EDF Energy a été capable d'obtenir un prix garanti du Kwh de 92,5 Livres soit 109 euros pendant 35 ans à partir de 2023, ce qui est le double du prix de marché de gros actuel!

Un Grand Bravo à EDF et Bonne Chance pour la suite