Je vous avais signalé dans un message du 31 mai, que l'INRA, Institut National de la Recherche Agronomique, disposait encore à St Cyr en Val d'une parcelle de 1400 m2 de peupliers génétiquement modifiés.

Le but de cette plantation était d'étudier "l'effet de la modification de la biosynthèse des lignines sur les propriétés du bois" pour lequel l'INRA avait développé des plans de peuplier commercialisables . En clair, l'INRA cherchait si une modification de la lignine, constituant principal du bois difficile à utiliser, permettrait de rendre l'obtention de pate à papier ou de biocarburants de seconde génération plus facile et avec un meilleur rendement. Un sujet de haut intéret technique à fortes retombées économiques possibles.

La demande de poursuite de cette expérimentation avait été faite par l'INRA auprès du Ministre de l'environnement de l'époque, Delphine Batho qui avait obtenu deux avis contradictoires des commissions chargées de la guider dans son jugement.L'un, positif, de la Commission scientifique, les sachants, l'autre, négatif de la Commission Ethique et Sociale, les politiques.

C'est son successeur, Philippe Martin, politique anti OGM bien connu, qui a du prendre la décision finale. Sans surprise, ce fut "Abattez les" !

L'INRA s'est résigné le 13 Juillet à abattre ces pauvres peupliers qui ne faisaient de mal à personne depuis 1995.Le Directeur de Recherche au CNRS responsable de ce développement scientifique, Marcel Kuntz,a déploré que "la recherche scientifique sur les OGM avait été définitivement enterrée en France le 13 juillet".

Rassurons le, le fait qu'elle soit enterrée chez nous veut simplement dire que ce seront d'autres scientifiques dans d'autres pays qui les poursuivrons et qu'il verra un jour ses peupliers être plantés dans d'autres pays.
La bataille n'est pas fini pour autant. Le rapporteur général auprès du Conseil d'Etat, Suzanne Von Coester, au sujet de la suspension de la mise en culture des semences de maïs Monsanto qui avait fait l'objet d'un arrété de 2002, a demandé l'annulation de cet arrété au motif que le gouvernement doit apporter la preuve d'un risque grave pour maintenir durablement une telle interdiction.     

A suivre donc